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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Mais jusqu’à quelle heure peut-on transiter par le Verger Urbain V ?
C’est la question que vous nous posez souvent à la caisse du cinéma, ne sachant pas si vous trouverez porte ouverte ou porte close  et si vous devrez faire demi-tour. C’est (toujours) vrai qu’aucune information claire n’a été apportée sur les panneaux d’entrée  du Verger Urbain V… 20h ...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

Et si on passait à autre chose...
La restauration du jardin Verger Urbain V aura atteint son objectif, au-delà de toutes espérances : le jardin ne désemplit pas durant ces mois d’été, brassant tous les publics. Il est un lieu de vie et de rencontres, à toute heure de la journée et de la soirée. Et qu’importe que le gazon ait sou...

Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

FACTORY

Produit, écrit et réalisé par Youri BYKOV (qui signe également la musique) - Russie 2018 1h49 VOSTF - avec Denis Shvedov, Vladislav Abashin, Andrey Smolyakov, Alexander Bukharov...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

FACTORY« On n'est pas des bandits, on est des ouvriers qui se rebellent », assène froidement Le Gris au flic qui le tient en joue. Avare de ses mots, tout en rage rentrée, il y a du Snake Plissken, le héros taiseux du New-York 1997 de Carpenter, dans cet ouvrier métallo revenu borgne de la guerre. Sauf que Le Gris, lui, a depuis longtemps arrêté de cacher la vilaine cicatrice de son œil mort avec un bandeau de pirate. Il exhibe au contraire son stigmate comme une provocation jetée au regard de ses interlocuteurs. La rage, elle, est venue avec l'annonce de la fermeture programmée de l'usine décrépite dans laquelle il gagne laborieusement de quoi survivre. Plantée au milieu de nulle part, à l'écart d'une ville de province russe, cette fabrique antédiluvienne de pièces de ferraille a été rachetée pour une bouchée de pain, au lendemain de la chute de l’URSS, par un oligarque peu scrupuleux. Qui l'a laissée péricliter jusqu'à, donc, en décider la fermeture, sans préavis ou presque pour les ouvriers qui seront payés, si tout va bien, « dans les 6 mois ». Fort de son expérience de vétéran, Le Gris a donc embarqué une poignée de ses compagnons d'infortune, chômeurs en sursis, dans une opération commando abracadabrantesque  : prendre les armes, enlever et séquestrer le patron, en échange duquel ils espèrent bien récupérer le paquet de fric qui leur permettra d'attendre des jours meilleurs. En fait de commando, c'est une équipe de bras cassés usés par leur condition d'ouvriers, à la détermination flottante, plus habitués à manier le chalumeau et la fraiseuse que la Kalashnikov, qui parvient non sans mal à réussir sa prise d'otage. Les négociations commencent avec les hommes de mains, exécuteurs des basses œuvres de l'oligarque, bientôt rejoints par les forces de l'ordre qui comptent bien mettre leur grain de sel dans l'opération.

Dans son précédent film, L'Idiot, Youri Bykov racontait déjà, avec un humour très noir, la désespérance des laissés-pour-compte de la société russe, confrontés à la violence du libéralisme sauvage et à la corruption. Cet effarant thriller social mettait en scène la lente descente aux enfers d'un plombier trop consciencieux, trop honnête. La situation de son pays ne s'étant pas précisément améliorée, la colère du réalisateur est montée d'un cran. La fable amère a donc laissé place au film d'action énervé, à haute teneur politique. L'action se concentre en une nuit, quasiment en huis-clos dans et devant la porte de l'usine, avec quelques échappées sur les immenses paysages de désolation qui l'entourent. S'il a de faux airs de western post-soviétique, la référence hollywoodienne de Factory, c'est clairement le polar politique des années 70-80, lequel, sous couvert de fiction, dénonçait en rafale les scandales politiques et financiers qui gangrénaient l'Amérique. Fidèle à cette forme, sèche, nerveuse, raisonnablement pessimiste, Factory s'accommode tout aussi peu de fioritures de dialogues que d'explications psychologisantes. On y retrouve en particulier les ingrédients des films de John Carpenter  : rythme, lumière, mise en scène, jeu et des comédiens – jusqu'à la musique. Et surtout cet attachement à filmer les exclus, les marginaux, les laissés-pour-compte. Les prolétaires révoltés de Factory sont des oubliés de la montée en puissance économique de la Russie. Armés, menés par un guerrier plus utopiste qu'il ne le voudrait lui-même, ils s'efforcent maladroitement de s'en prendre aux vautours qui se sont partagés les lambeaux de la richesse industrielle du pays, précipitant des populations dans la misère. Aussi hétérogène, disparate, fragile qu'un rassemblement de Gilets Jaunes, le gang des ouvriers doit à la fois faire face aux forces armées antagonistes qui l'encerclent et aux aspirations individuelles de ses membres, pas forcément compatibles avec la lutte qu'ils ont entreprise. On ne peut décemment pas vous en dire plus, si ce n'est que voilà du grand cinéma d'action russe, pas atrophié des neurones !