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Le blog des profondeurs...
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ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

À nos amis festivaliers, qu’est-ce donc que Rosmerta ?
Afin de palier aux carences des services de l’État en matière d’hébergement des réfugiés, l’association Rosmerta, composée de plusieurs centaines de citoyens bénévoles, occupe depuis fin décembre un bâtiment de 400 m² pour y mettre à l’abri des mineurs isolés et des familles avec enfants en bas...

ROADS

Sebastian SCHIPPER - Allemagne 2018 1h39 VOSTF - avec Fionn Whitehead, Stéphane Bak, Moritz Bleibtreu, Ben Chaplin...

Du 17/07/19 au 30/07/19

ROADSC'est un road movie atypique, sombre et lumineux à la fois. Ce ne sont pas les paysages qui captivent notre regard, mais le voyage intérieur des personnages, qui franchissent progressivement sous nos yeux les frontières invisibles qui séparent le pays insouciant de leur adolescence finissante de celui des dures réalités de notre monde. Mettant nos pas dans les leurs, Roads nous conduit sur un terrain social et politique peu convenu. La narration est intelligemment menée, qui débute de façon légère et vivifiante, nous suspend aux lèvres du récit pour nous immerger dans une empathie salutaire. Tout comme les protagonistes de l’aventure, on ne ressortira pas complètement indemne de ce voyage tendre, grave sur le fond mais rempli de rires et de sourires.

Par une nuit tellement sombre qu’elle en oubliait d’être étoilée, ils se rencontrèrent. Lui le fils de bourges, bien propret mais révolté, et lui le fils de peu tâchant de fuir la misère, mais surtout de retrouver son frère. Entre Gyllen l’Anglais et William le Congolais, peu de points communs, mis à part l’âge et cette insoutenable légèreté qui pousse parfois les êtres à avancer vaille que vaille en refusant d’écouter leur peur, pas plus que la voix de la sagesse. Et c’est cette même insouciance qui va mener ces deux-là à faire front commun, le même isolement qui va les obliger à faire bloc, de manière inattendue. Leur première rencontre se passe donc au beau milieu de nulle part, d’un Maroc presque terne, loin des nids à touristes où pourtant la famille de Gyllen l’avait traîné. C’était censé être un temps d’harmonie, de détente au bord d’une piscine de rêve. C’était compter sans la présence pesante de son beau-père. Une dispute plus tard, voilà Gyllen excédé au volant du van qu'il a « emprunté » à son parâtre, bien déterminé à rejoindre son véritable père en France, la seule bouée de secours qu’il puisse imaginer. L’affaire démarre mal, ou plutôt c’est le van qui démarre mal, comme pour signifier au jeune inconscient qu’on ne s’improvise pas conducteur. Gyllen, oscillant entre rage et désespoir, fulmine, peste, pousse des cris vains et inutiles dans la nuit. Sa fugue mal préparée pourrait tout aussi bien s’arrêter-là, sans le hasard et la curiosité, celle qui pousse William jusqu’à lui. Du haut d’un talus, il est là qui observe les gesticulations du jeune blanc-bec d’un air mi-incrédule, miamusé. Puis jugeant sans doute qu’il n’y a pas là grand danger, le voilà qui s’en vient lui filer un coup de main. Sous sa houlette, le moteur ronronne au quart de tour. Pas plus ni moins futé que Gyllen, William est juste mieux aguerri, plus habitué à se confronter aux obstacles de la vie. Il leur faudra peu de temps pour entamer une fière équipée improbable et un brin déjantée, partant à la conquête de rêves illusoires. Car comment imaginer que ces deux jeunes éphèbes puissent, sans permission parentale pour l’un, sans papiers pour l’autre, sans permis de conduire pour aucun des deux, parvenir sans encombre à traverser le Maroc, l’Espagne, la France jusqu’à Calais, dernier endroit où le grand frère de William a donné signe de vie. On n'y croit guère, on se prend à frémir pour eux, peu dupes de leurs fanfaronnades. Sous les taquineries de surface affleurent les peurs cachées, les fragilités inavouées qui vont progressivement rapprocher ces deux-là malgré leurs différences.

C’est un fort joli film, sur la naissance d’une amitié, simple et émouvant de bout en bout. Les deux jeunes acteurs, l’un originaire de la Seine-Saint-Denis, l’autre de Londres, forment un duo épatant qu’on quitte à regret quand arrive le générique de fin. Roads est aussi à conseiller aux adolescents, qu’ils soient dociles ou révoltés, prêts à faire les 400 coups…