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Le blog des profondeurs...
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Et si on passait à autre chose...
La restauration du jardin Verger Urbain V aura atteint son objectif, au-delà de toutes espérances : le jardin ne désemplit pas durant ces mois d’été, brassant tous les publics. Il est un lieu de vie et de rencontres, à toute heure de la journée et de la soirée. Et qu’importe que le gazon ait sou...

Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

Mais où donc se garer pour aller à Utopia ?
  PARKING DE L’ORATOIRE Forfait : 4€ de 20h à 1hPARKING LES HALLES Forfait : 2 € de 20h à 1hPARKING PALAIS DES PAPES Forfait : 3€ de 20h à 1h, et des navettes gratuites au départ des parkings relais, gratuits et surveillés.PARKING DES ITALIENS La navette circule du lundi au jeudi de 7h à 22h28 et...

ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

LA FEMME DE MON FRÈRE

Écrit et réalisé par Monia CHOKRI - Québec 2019 1h57 - avec Anne-Elisabeth Bossé, Patrick Hivon, Sasson Gabai, Evelyne Brochu, Niels Schneider...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA FEMME DE MON FRÈREAvec un peu de chance, vous allez comme moi être à la fois irrésistiblement séduit et exaspéré par Sophia, l’héroïne hors normes – et présente dans tous les plans ou presque – de cette délicieuse comédie de mœurs urbaine et très canadienne, qui n’est pourtant pas sans rappeler la verve des films de Justine Triet (Victoria et Sibyl avec Virginie Efira). Cette pétillante trentenaire québécoise, universitaire au visage aquilin et à la logorrhée inextinguible, est ce qu’on pourrait appeler une « attachiante », tant on ne sait jamais si on a envie de lui mettre des baffes ou de sourire de l’incorrigible et permanente verve acide avec laquelle elle aborde tout ce qu’elle approche.



Sophia, sur-diplômée, probablement trop intelligente et lucide pour un monde qui n’en demande pas tant, est juste une géniale inadaptée sociale, à une époque où la pensée est devenue une activité finalement handicapante à bien des égards. Dans une scène hilarante, on assiste au pugilat des membres de son jury universitaire qui règlent leurs comptes au dessus de sa tête alors qu’elle tente de soumettre sa thèse dont le thème (les continuateurs de Gramsci, philosophe marxiste italien incontournable mais oublié de l’immense majorité de la population) a peu de chances de l’aider à s’intégrer à notre monde ultralibéral. Dans l’attente d’une hypothétique chaire d’université qu’elle se fera chiper par la fille de son directeur de thèse, Sophia vivote d’un petit job dans une galerie, qu’elle accomplit avec la plus mauvaise volonté, et squatte chez son frère Karim, un garçon séduisant et sociable, son total opposé mais dont elle est inséparable, jusqu’à ce que, dixit Karim, « elle trouve un sens à sa vie ».
La vie sentimentale de la fratrie n’est par ailleurs pas franchement marquée par la stabilité, jusqu’au jour où Karim tombe sous le charme de la gynécologue venant d’avorter sa sœur (comme le dit Sophia : « quel homme a le culot de draguer le médecin qui a avorté sa sœur ? »). Un bouleversement qui va obliger Sophia à se prendre en main.
On se laisse embarquer par l’ironie et le cynisme intarissable de Sophia, qui fournit l’occasion de dialogues hilarants et d’un regard finalement tendre et amusé sur les déboires de la jolie trentenaire, notamment dans une formidable scène de famille qui tourne au cauchemar, avec des parents bien plus barrés et atypiques que ne sont les enfants, ou encore dans celle où Sophia, elle qui est persuadée qu’il faut surtout ne pas enfanter dans ce monde insupportable…, va rencontrer contre toute attente, UN sage femme, un de ces rares hommes qui a choisi de vouer sa vie à la maternité.

On comprend assez vite que le cynisme et le nihilisme de Sophia sont des armures, qui la protègent d’une hypersensibilité à la vie, et le film s’avère un splendide regard sur la famille et l’amour fraternel. Le récit est mené tambour battant, emballé par le jeu irrésistible de l’hilarante autant que touchante Anne-Elisabeth Bossé, découverte chez Xavier Dolan, tout comme Mona Chokri d’ailleurs, comédienne qui signe ici un premier film bourré d’envie et d’énergie.