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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Mais jusqu’à quelle heure peut-on transiter par le Verger Urbain V ?
C’est la question que vous nous posez souvent à la caisse du cinéma, ne sachant pas si vous trouverez porte ouverte ou porte close  et si vous devrez faire demi-tour. C’est (toujours) vrai qu’aucune information claire n’a été apportée sur les panneaux d’entrée  du Verger Urbain V… 20h ...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

Et si on passait à autre chose...
La restauration du jardin Verger Urbain V aura atteint son objectif, au-delà de toutes espérances : le jardin ne désemplit pas durant ces mois d’été, brassant tous les publics. Il est un lieu de vie et de rencontres, à toute heure de la journée et de la soirée. Et qu’importe que le gazon ait sou...

Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

DIEGO MARADONA

Asif KAPADIA - documentaire GB 2019 2h10m VOSTF - avec Diego Maradona, la pègre, les flics, des femmes et quelques étoiles...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DIEGO MARADONALoin d’attaquer son sujet balle en tête pour ne séduire que les supporters et les fans de foot – dont je ne suis pas –, le réalisateur l’aborde sous un angle atypique et le rend aussi palpitant et poignant qu’une tragédie grecque. La tension narrative qui emporte le récit ne laisse pas le spectateur souffler un seul instant, quand bien même il connaîtrait parfaitement l’histoire. C’est que chaque propos est servi par un flot d’images inédites filmées à bout portant qui nous font rentrer tant dans l’intimité du footballeur star que dans celle d’une époque. Une œuvre originale de bout en bout, en commençant par son approche non chronologique, qui va droit au but : l’épicentre de la carrière pleine de rebondissements parfois énigmatiques de Diego Maradona.



Nous sommes en 1984, au moment où le joueur, qui semble être au plus creux de la vague, est racheté par la ville alors la plus pauvre, miteuse et méprisée d’Italie : Naples. Sans que nul ne puisse le prédire, alors que tous le pensent fini, El Pibe de Oro renaîtra de ses cendres avec une maestria confondante, une force de travail et une volonté farouches. Dans le fond, la vie du petit Argentin tout droit venu des bas-fonds de son pays n'est qu’un éternel recommencement entre gloire, mort, résurrection (comme le dit son ex-coach Signorini), qui le place naturellement en Italie comme une figure presque christique. Ce n’est pas rien tout de même de voir son portrait géant étalé juste à côté de la Madone, dans les rues de Naples ! Il n’y a pas de hasard si c’est précisément là qu’il va réussir à déployer tout son génie footballistique. Entre cette ville et cet homme, il y a de telles similitudes qu’elles vont les mettre en symbiose : l’une et l’autre excessifs, aussi violents que fragiles, essayant de se sortir de leur fange, l’une et l’autre en quête de reconnaissance. Pour les Napolitains, souvent conspués, Maradona va devenir tout un symbole. Ensemble ils redoreront leur blason, prendront leur revanche. Le désamour qui s’en suivra sera à la hauteur de l’amour qu’ils se seront portés !

Pourtant, sous ses airs de diva capricieuse, sa grande assurance, on oublie que le garçon qui porte tout cela sur ses épaules n’a alors que 24 ans, un jeunot expatrié grandi dans un bidonville, peu éduqué et mal préparé à affronter un tel fardeau. Soudain la caméra donne à voir la vulnérabilité palpable de Diego, malgré ses côtés insupportables. Le montage ne cache rien, montre la part sombre (la drogue, sa proximité avec la Camorra) comme la lumineuse, autant la maladresse bourrue que la tendresse contenue, et rend l’homme et son parcours extrêmement complexes et touchants : on ne peut pas réduire Diego à Maradona, ce monstre sacré qu’il a créé pour se protéger. Sa combativité, sa force de résilience, qui vont lui permettre de se redresser et de survivre dans un univers impitoyable dont il ne maîtrise pas les codes, dépassent largement le cadre du sport, même si ce dernier est forcément mis à l’honneur. Moi qui ne regarde habituellement pas les matchs à la télé, je n’ai pu que retenir mon souffle, en communion totale avec les tifosis espérant que Maradona marque un but et explose de joie ! Décidément, quel extraordinaire personnage, quelle incroyable épopée, dignes d'une saga romanesque ! Il aura tenu au bout de ses pieds l’espoir des supporters argentins, celui des Italiens et, sans doute, celui de myriades de gamins mal lotis rêvant de devenir comme lui une sorte d’étoile. Un véritable (anti)héros populaire. Des haillons à la gloire, ce drôle de gars est l’exemple même de l’ascension sociale puis de la retombée dans le caniveau, fulgurantes toutes les deux, comme s’il était impossible de jamais complètement échapper à sa condition sociale, comme si la misère devait éternellement vous coller aux crampons.