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Le blog des profondeurs...
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Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

CINÉMASQUÉ ! Gazette post-covid n°2
Madame, votre masque s’il vous plaît ! « Pourquoi voulez-vous que je porte un masque, ça ne sert à rien et en plus c’est une atteinte à la liberté individuelle ! » Début juillet à notre réouverture, que répondre à cette dame ? Dans tous les débats complotistes, conspirationn...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y aura un décalage important entre chaque séance et chacune des salles pour que vous vous croisiez le moins possible.• Le port du masque est obligatoire pour le public dans le hall d’accueil du cinéma, les zones de circulation et vivement conseillé pendant la séance. • L’équipe sera masquée (ma...

APPEL A MUSIQUE !
APPEL A CHANSONS !   Appel aux groupes professionnels ou amateurs d’Avignon et alentours, pour égayer l’attente de nos spectateurs dans nos salles ! En cette période trouble où les concerts sont dentées rares, et que les programmations de nos amis de l’...

L’avenir se prépare à Rosmerta
L’avenir se prépare à Rosmerta, avec une réflexion sur la gouvernance de l’association. Rosmerta se dote de nouveaux organes de décisions, afin de continuer l’action qui se tient depuis maintenant presque deux ans au 7 bis rue Pasteur. Ainsi, des nouveaux statuts et un nouveau mode de...

La projection du vendredi 4 octobre à 19h30 sera suivie d’une rencontre avec Maryline Alligier professeure à l’Université d’Aix-en-Provence et auteure de Bruno Dumont - L’animalité et la grâce édité chez Rouge Profond. Vente des places à partir du lundi 16 septembre.

JEANNE

Écrit et réalisé par Bruno DUMONT - France 2018 2h18 - avec Lise Leplat Prudhomme, Annick Lavieville, Justine Herbert, Fabrice Luchini, Christophe... D'après Jeanne d'Arc de Charles Peguy. Musique de Christophe.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

JEANNE« J'ai vu perler des larmes d'amour qui dureront plus longtemps que les étoiles du ciel. » Charles Péguy, Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc (1910)

En 2017, Bruno Dumont nous offrait Jeannette, vision totalement dingo de l'enfance de la jeune Jeanne d'Arc avant son départ de Domrémy pour bouter l'Anglais hors du royaume, un film en état de grâce porté par une bande son heavy metal pour le moins décoiffante. Les amateurs les plus orthodoxes de Charles Péguy, que le film était censé adapter, ne s'en sont jamais remis !
Deux ans plus tard nous retrouvons Jeanne (interprétée par la jeune actrice qui jouait Jeannette enfant) alors qu'elle est déjà revêtue de son armure, partie convaincre le roi Charles VII (l'impayable Fabrice Luchini nous compose avec délectation un personnage de roi cynique et couard) de la missionner pour aller combattre les perfides Grand Bretons. Ne vous attendez évidemment pas (nous ne sommes pas dans un film de Luc Besson) à une débauche de moyens et d'effets spectaculaires destinés à reconstituer les batailles que la légende attribue à Jeanne. Ce qui a intéressé l'esthète Dumont n'est pas là, il s'est d'abord attaché à filmer comme toujours ses chères dunes et sa plaine flamandes pour y situer la campagne militaire de Jeanne, et un splendide ballet de chevaux suffit à évoquer, en une scène élégiaque, l'héroïsme de la jeune fille.



Jeanne, investie d'une mission guerrière et spirituelle, délivre la ville d'Orléans et remet le Dauphin sur le trône de France. Elle part ensuite livrer bataille à Paris où elle subit sa première défaite…
Le film s'intéresse alors au procès de Jeanne, qui occupe la plus grande partie du récit. Capturée et emprisonnée à Compiègne par les Bourguignons, la jeune combattante est livrée aux Anglais qui vont la juger à Rouen, sous la houlette de l’évêque de Beauvais, le tristement fameux Pierre Cauchon. Dans toute cette partie du procès, le film est un très bel hommage à La Passion de Jeanne d'Arc du cinéaste danois Carl Theodor Dreyer, dont Chris Marker disait que c'était le plus grand film de l'Histoire du cinéma. Le Jeanne de Bruno Dumont est un formidable film sur la foi et sa force oratoire. Et le génie de Dumont – comme avant lui celui de Dreyer – est de rendre crédible l'improbable, évident l'indicible, palpable l'intangible. La vraie Jeanne d'Arc avait 19 ans lors de son procès et de son supplice, Dreyer la fit incarner par Renée Falconetti qui avait 35 ans, et son visage halluciné, de presque tous les plans, reste inoubliable. À l'opposé, chez Dumont, Lise Leplat Prudhomme a 12 ans à peine et pourtant elle est absolument convaincante quand elle affirme avec force sa volonté de ne pas se renier face aux hommes d'église corrompus ou quand elle lève les yeux au ciel vers Dieu qui semble l'avoir abandonnée. Dans la cathédrale d'Amiens, débarrassée de tout mobilier, où a été tourné le procès, s'élève soudain, alors que le verdict approche, la voix du chanteur Christophe qui incarnait jusque là un moine silencieux, et le film touche alors au sublime…