LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

23H59, et après ?
23H59, et après ? Qui n’a pas ressenti cette angoisse profonde face à l’horloge affichant cette heure terrible chaque jour renouvelée ? Qui n’a pas été saisi à la fois par la peur de ce qui risque de se passer après et par la nostalgie d’un temps qui s’achève à ce moment précis et ne reviendra j...

Le cinéma du peuple
“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

COLLECTIF 23H59… Un an plus tard !
Les travaux de séparation du Verger Urbain V et du passage seraient terminés. Il manque encore un panneau annonçant clairement les heures d’ouverture du jardin et du fameux passage… Ainsi nous pouvons de nouveau transiter, le soir, jusqu’à minuit et souvent plus, vers le quartier de la Man...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

À film exceptionnel, séance exceptionnelle le dimanche 15 septembre à 10h00 ! Le tarif à 4,50 euros ne sera pas appliqué.

HALTE

Écrit et réalisé par Lav DIAZ - Philippines 2018 4h39 VOSTF - avec Piolo Pascual, Jœl Lamangan, Shaina Magdayo, Hazel Orencio...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

HALTEC’est un monde-nuit. Dans Halte, les jours noirs ont commencé, pour n’en finir jamais. Suite à des éruptions massives, le soleil ne se lève plus sur la société future du nouveau Lav Diaz, qui structure le vide d’une apocalypse. Nous sommes dans son pays, les Philippines, en 2034, autant dire que c’est déjà demain, une histoire proche. Une épidémie de grippe, appelée « Dark Killer », a décimé les populations.
Le « tueur noir », ce pourrait être aussi le nom du dictateur au pouvoir du film. On reconnaîtra en lui n’importe quel maître fou de n’importe quelle dictature.
Le monde-nuit de Halte est sublime. Les ténèbres, dans l’esthétique sophistiquée de Lav Diaz, dérangent l’œil, par leur paradoxale et presque encombrante beauté. Un noir et blanc éblouissant, tantôt argenté, tantôt laiteux, accorde le régime totalitaire, oppressif et menaçant, avec un beau formel, une vision totalement à rebours de l’imagerie du cinéma de divertissement générique (où l’apocalypse n’est que ruine, poussière et laideur, bref, un monde effondré).
Pourtant, les belles nuits éternelles de Halte, contrastées, sont de pure tragédie. Leur beauté n’est qu’une illusion d’optique et de cinéma. Car elles sont traversées par une population léthargique, menacée à tout moment d’être exécutée : les hommes oppressés sont des fantômes. Ils forment une société en apparent sommeil, mais parce qu’en réalité terrorisée, placée sous la surveillance sans répit de drones. Le film, d’un bout à l’autre nocturne, est plongé dans une obscurité permanente aussi belle qu’au fond, horrifique.
Comme toujours dans son cinéma, aussi maximaliste que récompensé (il a reçu le Lion d’or, l’Ours d’argent et le Léopard d’or), Lav Diaz occupe l’espace dans un mouvement continuel et divers : des récits s’enchâssent, amples et lents, souvent cadrés par de longs plans hypnotiques.
Halte pourrait n’être que sinistre, nous laissant saisis d’effroi, dans un rictus repoussant. Mais Lav Diaz joue d’un spectre bien plus large d’émotions, nous écartelant de sentiments complexes et contradictoires, au gré de digressions. Dans un club, un groupe de rock indé pulse une énergie vibratoire. Le dictateur, joué avec brio par un Joel Lamangan jubilatoire, fou furieux, dangereux, qui fait bouffer de la chair humaine à ses crocodiles de compagnie, est aussi peu sérieux, d’un comique grotesque. Il est le descendant du Dictateur de Chaplin et il nous amuse. Le dictateur n’est qu’un enfant, aux conversations imaginaires avec sa mère, avec laquelle il n’a pas coupé le cordon. Cet enfant tombera sous la menace inattendue d’une armée d’enfants qu’il croyait innocents et à l’égal de lui-même : les nouvelles générations sont-elles celles qui nous sauveront ?

(JM Frodon, slate.fr)