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THE FRENCH DISPATCH

Wes ANDERSON - USA 2020 1h48 VOSTF - avec Adrien Brody, Benicio Del Toro, Bill Murray, Frances McDormand, Tilda Swinton, Jeffrey Wright, Mathieu Amalric, Saoirse Ronan, Timothée Chalamet, Léa Seydoux, on en oublie et pas des moindres... Scénario de Wes Anderson, sur une histoire de Jason Schwartzman et Roman Coppola.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

THE FRENCH DISPATCHLa dernière folie de Wes Anderson aura pris son temps pour arriver sur les écrans. On n’est pas loin de penser que cette attente forcée (covid oblige), cette parenthèse temporelle, va paradoxalement plutôt bien au teint de The French Dispatch (le film) – et plus généralement au cinéma de Wes Anderson, cinéaste du temps qui passe et repasse, dont le moins qu’on puisse dire est que sa préoccupation principale n’est pas d’aller efficacement à l’essentiel. Ce dernier film ne fait pas exception à la règle, qui folâtre dans les marges de son scénario, lequel est sensé suivre le « chemin de fer » (le terme technique qui désigne la mise bout-à-bout des pages d’une publication) de l’ultime édition de The French Dispatch, la revue fictive qui sert de liant à la ribambelle des articles et des chroniques qui composent le film, et pour l’incarnation desquels, de Frances McDormand à (évidemment) Bill Murray, de Mathieu Amalric à (évidemment) Léa Seydoux, en passant par Benicio Del Toro et Timothée Chalamet, Wes Anderson a entraîné le gratin des cinémas américains et français dans les ruelles de la belle Angoulême, où a été tourné l’essentiel du film.



« The French Dispatch (“la dépêche de France”) est à l’hebdomadaire The New Yorker ce que la ville fictive d’Ennui-sur-Blasé est à Paris : une image stylisée, ironique et onirique, reconnaissable et imaginaire. The French Dispatch, journal improbable, est né de la volonté d’Arthur Howitzer Jr., fils du fondateur et propriétaire du quotidien de Liberty (Kansas), The Evening Sun. Le rejeton a convaincu son paternel de financer ce supplément dominical, voué à chroniquer la marche de la planète, et en a établi la rédaction, donc, à Ennui-sur-Blasé.
« Au fil des ans, Howitzer s’est assuré la collaboration de quelques-unes des meilleures plumes de son temps : un obsessionnel touriste des bas-fonds, une reporter incapable de se tenir à l’écart des sujets qu’on lui a confiés, un éternel exilé, gay et afro-américain… Ces figures de journalistes sont, chacunes, l’auteur et l’acteur d’une des histoires au sommaire de l’ultime numéro de The French Dispatch, puisque le film commence en 1975, à la mort d’Arthur Howitzer Jr., dont les dernières volontés stipulent que son hebdomadaire ne pourra lui survivre.
« En guise de mise en bouche, une plongée dans les bas-fonds d’Ennui-sur-Blasé, que l’imagination fiévreuse d’Herbsaint Sazerac transforme en enfer du vice. Suivront l’épopée d’un artiste psychotique, le récit d’un soulèvement étudiant (la reporter profite de l’occasion pour initier un des insurgés aux choses de l’amour), le portrait d’un chef inventeur de la cuisine policière… Et enfin, la nécrologie d’Arthur Howitzer.
« Tout en respectant la représentation picturale que Wes Anderson a progressivement formulée de film en film, chaque segment obéit à sa propre logique esthétique. On passe du noir et blanc à la couleur, on reconnaît ici le réalisme poétique français des années 1930 ou là un peu des effets du film noir de l’après-guerre… avant que la séquence ne bascule dans l’animation ! Dans les univers compressés de chaque histoire, le cinéaste trouve la place des émotions et des idées.
« À première vue, The French Dispatch est un film inépuisable. Il faudra sans doute le voir et le revoir, histoire d’y découvrir un visage connu qui apparaît le temps d’un plan, une enseigne en forme de jeu de mots peinte sur le pignon d’une vieille maison d’Angoulême, tous les signes de l’amour que Wes Anderson porte à ce métier qui ressemble à ce que fut le journalisme, à ce pays rêvé qui ressemble à la France ».
(d’après T. Sotinel, Le Monde)