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Le blog des profondeurs...
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ÉDITO : LE JEU DU CALAMAR
Ça vous aura probablement échappé, mais c’est un drôle de petit vent de panique qui a soufflé cet automne sur notre merveilleuse profession. L’espace de quelques jours, le temps s’est arrêté, les respirations se sont suspendues, l’Apocalypse menaçait, la mort des cinémas français, mille fois annoncé...

ENSEIGNANTES, ENSEIGNANTS ! Vous pouvez organiser des séances scolaires en matinée.
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Montpellier. Strasbourg. Gonesse. Avignon. Quel point commun entre ces villes et tant d’autres ?
Le béton. Des projets inutiles. La soif des promoteurs et constructeurs, au nom de la croissance, pour notre confort et notre sécurité bien sûr… surtout ceux de leurs actionnaires !La Ceinture verte d’Avignon, véritable poumon pour les quartiers Sud, est menacée depuis 25 ans par un projet de r...

SAS Coopérative Qui vivra Bérat
La Ménardière, sise au cœur de la commune de Bérat – à une quarantaine de kilomètres au sud de Toulouse –, est un habitat partagé initié par les vétérans d’Utopia et un groupe de femmes et d’hommes qui ont mis en commun leurs moyens inégaux et un prêt consenti par le Crédit Coopératif qui les accomp...

UNE VIE DÉMENTE

Écrit et réalisé par Ann SIROT et Rafaël BALBONI - Belgique 2020 1h27 - avec Jo Deseure, Jean Le Peltier, Lucie Debay, Gilles Remiche...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UNE VIE DÉMENTE’esprit belge a encore frappé ! Cet humour dont il faut bien reconnaître qu’il est assez unique, cette sorte de surréalisme du quotidien qui habite semble-t-il à temps plein l’esprit et l’âme de nos voisins préférés et qui leur permet de garder une distance salutaire, de tourner en dérision les pires des situations. Une Vie démente, qui met en scène la perte de contrôle d’une femme d’une soixantaine d’années et la manière dont ses proches vont faire face, sera donc aussi drôle que tragique, secoué d’autant de moments bouleversants que de crises de rire. Ce n’est après tout que le juste reflet de la réalité, tous ceux qui ont vécu cette expérience sachant que l’absurde fait partie de la traversée : Raphaël Balboni, qui a co-écrit et réalisé le film, en sait quelque chose puisque le scénario raconte peu ou prou le parcours qu’il a connu avec sa propre mère…



Mais revenons au commencement : Alex et Noémie forment un couple de trentenaires heureux qui commencent à se dire qu’ils feraient bien un enfant. La mère d’Alex, Suzanne, brillante directrice d’un centre d’art, est tout excitée à l’idée de la prochaine paternité de son fils et entend participer à son bonheur, de manière très pragmatique : elle veut absolument offrir au couple un matelas high tech qui coûte la peau des fesses. Ce ne pourrait être qu’une lubie somme toute inofensive si Alex et Noémie n’avaient pas commencé à remarquer divers troubles dans le comportement de Suzanne : elle hésite sur des mots, fait des réponses à côté de la plaque, affiche des attitudes farfelues, et il s’avère qu’elle s’est mise à découvert sur tous ses comptes, malgré des revenus conséquents… Après quelques consultations, le verdict tombe : Suzanne est atteinte de démence sémantique (en gros une variante de la maladie d’Alzheimer). De quoi laisser désemparé son fils, qui ne sait pas trop comment gérer la situation. D’autant que Suzanne est farouchement à cheval sur son indépendance et qu’elle ne compte pas laisser sa supposée maladie entraver sa liberté quotidienne. Alex et Noémie tentent de prendre les choses en main, préparant par exemple des repas pour Suzanne… qu’elle gâche en débranchant le réfrigérateur pour des raisons obscures. Ils sont sans cesse sur le qui-vive, inquiets chaque fois que Suzanne prend le volant de sa voiture, qu’elle conduit de manière qu’on qualifiera d’approximative, ou lorsqu’elle décide d’aller faire un tour sur le canal voisin dans un boudin gonflable ! Si bien qu’ils vont être obligés d’embaucher Kevin, un aide de vie pour le moins atypique, fan de métal mais diablement efficace. L’équilibre du couple va se fissurer, Alex, rongé par la culpabilité, voulant s’investir jusqu’au bout dans la prise en charge de sa mère, tandis que Noémie réclame de pouvoir continuer au moins partiellement leur vie d’avant, prenant forcément les choses avec d’avantage de philosophie et de lucidité.

Au-delà de la chronique d’une grande justesse, le film prend une autre dimension grâce au ton et à l’esprit très particuliers qu’on célébrait au début de ce texte, grâce également à l’interprétation exceptionnelle de Jo Deseure, peu connue au cinéma mais grande comédienne de théâtre, qui incarne génialement une Suzanne imprévisible, passant de l’apathie à la colère, du repli sur soi à l’exubérance excessive, emportée par les évolutions paradoxales de la maladie. On soulignera aussi les trouvailles de mise en scène – notamment celles qui rappellent l’univers artistique dans lequel baigne Suzanne, bien présent malgré la maladie – qui donnent une vraie personnalité à ce premier film belge étonnant.