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ÉDITO : LE JEU DU CALAMAR
Ça vous aura probablement échappé, mais c’est un drôle de petit vent de panique qui a soufflé cet automne sur notre merveilleuse profession. L’espace de quelques jours, le temps s’est arrêté, les respirations se sont suspendues, l’Apocalypse menaçait, la mort des cinémas français, mille fois annoncé...

ENSEIGNANTES, ENSEIGNANTS ! Vous pouvez organiser des séances scolaires en matinée.
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Montpellier. Strasbourg. Gonesse. Avignon. Quel point commun entre ces villes et tant d’autres ?
Le béton. Des projets inutiles. La soif des promoteurs et constructeurs, au nom de la croissance, pour notre confort et notre sécurité bien sûr… surtout ceux de leurs actionnaires !La Ceinture verte d’Avignon, véritable poumon pour les quartiers Sud, est menacée depuis 25 ans par un projet de r...

SAS Coopérative Qui vivra Bérat
La Ménardière, sise au cœur de la commune de Bérat – à une quarantaine de kilomètres au sud de Toulouse –, est un habitat partagé initié par les vétérans d’Utopia et un groupe de femmes et d’hommes qui ont mis en commun leurs moyens inégaux et un prêt consenti par le Crédit Coopératif qui les accomp...

ELLE ET LUI

(LOVE AFFAIR) Leo McCAREY - USA 1939 1h28mn VOSTF - avec Irene Dunne, Charles Boyer, Maria Ouspenskaya, Lee Bowman... Scénario de Delmer Daves et Donald Stewart Ogden, d’après une histoire de Mildred Cram et Leo McCarey.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ELLE ET LUIUne merveille de comédie sophistiquée qui est aussi un des plus beaux mélodrames jamais filmés : c’est le grand écart miraculeux qu’offre ce Love affair, chef d’œuvre du finalement assez méconnu Leo McCarey.
Terry McKay (Irene Dunne) et Michel Barney (Charles Boyer) se rencontrent par hasard – autrement dit par « chance » si on parle en anglais – à bord du paquebot qui les ramène à New York, où ils doivent l’une et l’autre se marier très prochainement (mais pas ensemble, vous l’avez compris). Lui est un séducteur international à la réputation pas forcément flatteuse, elle est une chanteuse de cabaret récemment retirée de la scène. Ils se découvrent, se tournent autour, s’escarmouchent à coups de réparties affutées, s’émoustillent et ont tôt fait de s’enamourer. Ils se l’avouent juste avant la fin de la traversée, et se donnent rendez-vous dans six mois sur la terrasse du cent deuxième étage de l’Empire State Building. Six mois pour se convaincre qu’ils n’agissent pas sur un coup de tête, six mois pour éprouver la solidité de leur amour, six mois pour se défaire dans les règles de leurs engagements précédents, six mois dans le cas de Barney pour trouver un travail qui lui permettra de gagner sa vie. Les six mois s’écoulent et… le film s’envole définitivement vers les sommets de l’émotion.

Découvrir ou revoir aujourd’hui ce film ne peut que faire naître un sentiment de bonheur et de plénitude : jeu des acteurs, mise en scène, dialogues… tout coule de source, rien ne semble daté, abîmé par le temps. Si le film est si évident aujourd’hui encore, s’il nous semble aussi actuel, nous touche et nous transporte comme un spectateur des premiers temps, c’est en partie dû à l’universalité de ses thèmes mais surtout à la précision d’orfèvre avec laquelle McCarey a ciselé sa Love affair. La façon dont le cinéaste construit son intrigue, agence les séquences – on pense en particulier à celle de la visite à la grand-mère de Charles Boyer, sur l’île de Madère, qui est a priori une incidente dans le déroulement de l’intrigue et qui en devient le moment charnière, 17 minutes d’enchantement, de douceur et de mélancolie –, maîtrise chaque rouage du récit pour nous mener du rire aux larmes laisse pantois d’admiration.
Elle et lui (1939) s’impose ainsi comme un des sommets de la filmographie de McCarey, avec Cette sacrée vérité (1937), chef d’œuvre de la pure comédie pour le coup, et avec Elle et lui (1957) ! Car on ne peut pas ne pas évoquer cette particularité hors du commun qui ajoute à la légende de Elle et lui : Leo McCarey a tourné lui-même, en 1957 donc, avec Deborah Kerr et Cary Grant en vedettes, un remake de Love affair qu’il a intitulé An affair to remember mais qui est sorti en France sous le même titre de Elle et lui. Plus qu’un remake, cette seconde version fait un quasi-décalque de la première – certaines scènes étant même reproduites à l’identique. Et pourtant elle dure presque 30 minutes de plus ! Mine de rien, c’est sans doute une des raisons pour lesquelles on préfère pour notre part Love affair à An affair to remember (qui est malgré tout magnifique, entendons-nous bien) : le premier fait preuve, dans la fantaisie comme dans l’émotion, d’une précision, d’une limpidité, d’un sens de l’épure incomparables. (merci à O. Bitoun, dvdclassik.com)