LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Ma classe au cinéma
ENSEIGNANTS, ENSEIGNANTES, vous pouvez d’ores et déjà inscrire votre classe pour le parcours Ma classe au cinéma, proposé aux élèves de la maternelle à la terminale. Ce programme propose aux élèves de découvrir des œuvres cinématographiques en salle et de se constituer ainsi, grâce au...

123 soleil, des nouvelles !
Cette association est née il y a 5 ans autour d’une table du café d’Utopia avec l’idée de créer des rencontres entre des jeunes migrants nouvellement arrivés à Avignon et des autochtones, spectateurs d’Utopia essentiellement. La recette : un dimanche, de préférence ensoleillé, un...

DOUCES TERRES
Partout en Vaucluse des collectifs osent défier les décideurs, industriels, présidents d’interco, aménageurs et même l’État, contre la bétonisation des terres agricoles et naturelles. Ils remettent en cause l’aménagement du territoire qui contient trop de projets écocides.Ils se battent, avec leurs ...

SOLIDARITE UKRAINE : LE FRANÇAIS LANGUE DU CŒUR.
Aux images insoutenables qui nous parviennent d’Ukraine s’ajoutent l’exil et l’afflux d’une population traumatisée qui fuit les horreurs de la guerre. Des centaines de réfugiés sont attendus dans notre département et la qualité de l’accueil signifie aussi de leur apporter une bonne maîtrise des base...

LA PLACE D’UNE AUTRE

Aurélia GEORGES - France 2021 1h52 - avec Lyna Khoudri, Sabine Azéma, Maud Wyler, Laurent Poitrenaux... Scénario d’Aurélia Georges et Maud Ameline, librement adapté du roman de Wilkie Collins Passion et repentir (The New Magdalen, 1873).

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA PLACE D’UNE AUTREC’est l’histoire d’une imposture qu’il serait difficile de transposer dans nos civilisations hyper connectées, tant nos traces sur internet et les réseaux sociaux nous trahiraient. Mais nous sommes en 1914, quand règne la confusion de combats aussi fratricides et inutiles que la notion de frontières. À l’époque il est beaucoup plus facile d’échanger des noms et, à l’inverse, impossible de vérifier les identités autrement qu’en consultant quelques bouts de papier.

À l’arrière du champ de bataille, dans une unité de soins retranchée, s’affairent en tous sens un médecin, des infirmières. Elles pansent, consolent, écoutent, rassurent des êtres mutilés qui reviennent de tranchées où il aurait peut-être mieux valu qu’ils restent. Cela paraît insoutenable. Pour Nélie, ce ne l’est guère. Sa fonction de soignante auxiliaire, elle l’a arrachée à une existence tellement plus misérable, sans aucune perspective d’avenir. Alors cet endroit qui pourrait sembler un purgatoire lui est une sorte de refuge qui lui permet de se refaire une virginité sociale. Ici elle se sent enfin utile et à l’abri de la famine et de la domination sans cesse subie. Ceux qui la côtoient si douce, droite et digne, sont loin d’imaginer la déchéance qu’elle a dû surmonter et que nous avons découverte dans les premières séquences du film. Nul n’imagine la peur panique qui l’assaille à l’idée de l’après-guerre qui ne saurait tarder. Quel paradoxe de se sentir protégée par le carnage qui se joue non loin de l’hôpital de campagne !



Les bombardements se rapprochent, les hommes armés aussi. La voilà seule aux prises avec ceux qui pourraient l’anéantir. Elle devra son salut à une main tendue du hasard, une opportunité qu’elle ne laissera pas passer. Profitant de la pagaille générale, elle abandonne son uniforme, se fait passer pour une autre. Quand elle apparaît la taille cintrée dans un costume bourgeois, l’allure fière et le verbe assuré, aucun officier ne doute qu’elle est Rose Juillet, fille d’un diplomate suisse, un pays neutre, en partance pour aller se réfugier chez Eléonore de Lengwil, une amie chère à son père décédé. Ayant sauvé sa peau, la supercherie pourrait s’arrêter là. Mais n’ayant rien à perdre, usant de la lettre de recommandation récupérée en même temps que les vêtements et les papiers, Nélie devenue Rose, tremblant de peur d’être démasquée, vient demander humblement assistance à ladite Éléonore…
Nélie est excellemment interprétée par la décidément très talentueuse Lyna Khoudri, Éléonore est incarnée par la grande Sabine Azéma. Leur duo magnifique donne chair et vie à cette rencontre improbable entre deux êtres radicalement dissemblables, deux classes sociales opposées. Tout est subtil entre leurs lèvres, riche de sens et de non-dits. Le film d’époque menace de basculer à tout instant en film de genre, se jouant des codes des films d’angoisse sans jamais y succomber. Entre suspense, film social, drame sentimental, nous sommes tenus en haleine, redoutant le pire. Jusqu’à quand Nélie parviendra-t-elle à donner le change ? Quel est le détail qui la trahira ? Surviendra-t-il un jour ? Notre jeune héroïne s’accroche à son livre de chevet, aux mots de Victor Hugo, comme à un talisman. Gourmande de lectures, assoiffée de savoir, elle devient la lectrice particulière d’Éléonore, qui l’apprécie de plus en plus, tandis que son neveu, pasteur de l’église protestante, s’intéresse de près à cette nouvelle venue remarquable à bien des égards…

Jusqu’au jour où ce fragile équilibre sera menacé… Alors notre demoiselle qui a si chèrement conquis sa place dans la bonne société devra se montrer dure. Mais la grande bourgeoisie l’est-elle moins, sous ses atours de charité et de vertu ?