LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

UN CINÉMA UTOPIA À TROYES DES NOUVELLES DU PETIT NOUVEAU
Citoyens inconnus ou reconnus, journalistes indépendants, petites mains de l’ombre… que serait-on sans vous ?Pour ceux qui auraient loupé quelques épisodes entre deux festivals, deux confinements ou une déclaration de Poutine, rembobinons l’histoire…L’action débute en l’an 2019 après JC, toute l...

LA MÉNARDIÈRE Un habitat partagé à Bérat, entre Toulouse et l’Ariège
C’est un rêve, modeste et fou… Parvenus à l’âge où les clairons sonnent la retraite, une poignée de filles et de garçons se sont mis en tête d’inventer une alternative à ce que la société propose à ses vieux : ne pas vivre seuls, ne pas finir dans une de ces horribles institutions où il ne rest...

SOUTENIR LA CULTURE AU LIBAN
Les bibliothèques publiques de Beyrouth jouent un rôle important dans la diffusion gratuite de la culture et de l’Art auprès de tous les publics, sans aucune distinction de sexe, d’origine ou de croyance. Ce sont des lieux de laïcité, d’égalité et de tolérance. Leur place est primordiale dans l...

Cannes, c’est plus ce que c’était !
C’est tous les ans ou presque la même rengaine. Cannes, ma bonne dame, c’est plus ce que c’était : la sélection n’est vraiment pas terrible, le palmarès est complètement naze, tout ça c’est copinage et compagnie, bref le festival part à vau-l’eau… Sauf ces deux dernières années, pour des raison...

JUNK HEAD

Écrit, animé, photographié, habillé, décoré, monté, réalisé et intégralement interprété par Takahide HORI - Japon 2022 1h40 VOSTF - Prix Satoshi Kon du Fantasia Festival de Montréal - Prix du meilleur réalisateur au Fantastic Fest d’Austin - Cigogne d’or du meilleur film d’animation du Festival du Film Fantastique de Strasbourg. Interdit aux moins de 12 ans.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

JUNK HEADLa recette de l’OFNI (Objet Filmique Non Identifié) aux champis hallucinogènes, par Sensei Hori :
Prenez un grand chaudron magique et votre souffle ; sans trembler, jetez au fond une bonne louche de Brazil ; quand le Gilliam est à point, ajoutez une pinte de cyberpunk, une pincée de Métropolis, un bon morceau de Pinocchio, de la bave d’Alien à discrétion, un fond de sauce d’HG Wells ; si l’arrière-goût de Morlocks est trop prononcé, équilibrez avec un zeste d’humour potache (un sachet de Wallace & Gromit fera très bien l’affaire). Quand le fumet commence à s’élever, versez précautionneusement le hachis de neurones aux psilos dans la mixture et laissez développer les arômes psychotroniques du scénario jusqu’à maturation.
Laisser mijoter pendant sept ans en touillant régulièrement pour éviter les grumeaux du désespoir, servez chaud bouillant avec une marinade de bouches-bées et de cervelles liquéfiées, dressez dans les mirettes des convives les lauriers du triomphe ; expirez.



Vous l’aurez compris aux lignes qui précèdent, Junk head est au cinéma ce que la cuisine fusion est à la gastronomie : une expérience esthétique qui convoque toutes les cultures, tous les genres, tous les sens, les met dans un shaker, secoue très fort, et par on ne sait quel miracle parvient à créer quelque chose d’entièrement neuf, d’inédit, d’unique, de magnifique.
Pourtant son argument est relativement classique dans le genre science-fiction, jugez-en : « Dans un lointain futur, l’espèce humaine s’est détachée de toute contrainte matérielle et a atteint l’immortalité : ce faisant, elle a abouti à une impasse évolutive qui la conduit irrémédiablement au déclin. Pour conjurer le sort, elle envoie des explorateurs à la recherche du secret de la Vie, non dans l’espace, mais dans les entrailles de la Terre, un monde sauvage et inconnu où prolifèrent les descendants dégénérés des humains de jadis. Le dernier d’entre ces explorateurs, Parson, va entreprendre une odyssée au cours de laquelle ressurgira sa part perdue d’Humanité. »
Rien de révolutionnaire a priori, rien qu’on n’ait déjà vu ou lu pour peu qu’on s’intéresse un tant soit peu à la SF. Mais se focaliser sur l’histoire serait manquer l’essentiel, car ce qui compte ici autant voire plus que les multiples mésaventures et avanies de Parson aux pays des mutants, c’est l’univers dans lequel il évolue.
Créé de toutes pièces – au prix, donc, de sept années de travail acharné – par son auteur-démiurge, autodidacte de surcroît, Junk Head est un univers-monde, au même titre que les œuvres de Tolkien (Le HobbitDune). Entièrement cohérent en dépit de l’apparente folie de son récit, il n’est pas un photogramme, pas un décor, pas un détail de costume qui n’ait été longuement pesé et mûrement réfléchi. D’une maîtrise visuelle bluffante sans jamais chercher à en mettre plein la vue, d’une inventivité constante dans le déroulement faussement chaotique de ses péripéties, d’une audace jubilatoire dans ses ruptures de ton qui mêlent sans trembler des genoux blagues de collégien et ultra-violence gore, Junk Head réussit l’exploit de plonger le spectateur dans un maelstrom sensoriel (la bande-son à elle seule vaut le ticket d’entrée) sans jamais saturer ou lasser.
Et vous savez le plus beau ? Ce n’est que le début ! Junk Head n’est en effet que la première partie d’une trilogie, et on ne peut qu’espérer que son auteur ne mettra pas encore sept ans à accoucher de la suite !