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UN CINÉMA UTOPIA À TROYES DES NOUVELLES DU PETIT NOUVEAU
Citoyens inconnus ou reconnus, journalistes indépendants, petites mains de l’ombre… que serait-on sans vous ?Pour ceux qui auraient loupé quelques épisodes entre deux festivals, deux confinements ou une déclaration de Poutine, rembobinons l’histoire…L’action débute en l’an 2019 après JC, toute l...

LA MÉNARDIÈRE Un habitat partagé à Bérat, entre Toulouse et l’Ariège
C’est un rêve, modeste et fou… Parvenus à l’âge où les clairons sonnent la retraite, une poignée de filles et de garçons se sont mis en tête d’inventer une alternative à ce que la société propose à ses vieux : ne pas vivre seuls, ne pas finir dans une de ces horribles institutions où il ne rest...

Cannes, c’est plus ce que c’était !
C’est tous les ans ou presque la même rengaine. Cannes, ma bonne dame, c’est plus ce que c’était : la sélection n’est vraiment pas terrible, le palmarès est complètement naze, tout ça c’est copinage et compagnie, bref le festival part à vau-l’eau… Sauf ces deux dernières années, pour des raison...

ROSMERTA, une belle aventure humaine à Avignon, qui continue contre vents et marées.
Suite à une réquisition citoyenne en 2018, le lieu Rosmerta est né et depuis, il donne un toit à près d’une quarantaine de jeunes mineurs isolés et des familles avec enfants en bas âge. L’association qui le gère, composée exclusivement de bénévoles, aide près de 50 personnes sans aucun soutien des p...

MEN

Écrit et réalisé par Alex GARLAND - GB 2022 1h40 VOSTF - avec Jessie Buckley, Rory Kennear, Paapa Essiedu, Rory Kennear, Gayle Rankin, Rory Kennear, Sonoya Mizuno, Rory Kennear...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MENAprès que son petit ami – dont ont apprendra par la suite qu’il était violent envers elle – est mort, passé par la fenêtre, Harper fait retraite dans un cottage de la campagne anglaise, loué à un particulier. Elle est accueillie par le propriétaire, Geoffrey, un gentleman farmer aux dents freddymercuriennes, un tantinet rougeaud et doté d’un accent british presque caricatural. On reconnaît, même si on ne connaît pas son nom, Rory Kinnear – cité plusieurs fois dans le générique, ce n’est pas une erreur. Affable, il se permet toutefois de trouver les bagages de sa locataire assez lourds, de faire une mauvaise blague sur le pommier du jardin et de poser une ou deux questions indiscrètes. Peut-être sommes-nous, de même que Harper, un peu susceptibles… Parce qu’enfin il a l’air sympa, ce Geoffrey, arrêtons donc le mauvais esprit. Harper prend ses quartiers, entreprend de visiter le petit bois derrière la maison et, alors qu’elle fait résonner sa voix sur les parois d’un long tunnel, réveille ce qui a tout l’air d’être un homme tapi tout au fond. Moussu, le corps nu parsemé de feuilles – un peu comme Adam, le coloc d’Ève au jardin d’Eden, mais en beaucoup plus flippant : pas de doute, la créature a bien le visage de Rory Kinnear elle aussi, l’acteur livre une performance à la fois spectaculaire et franchement ingrate. À partir de là, Harper ne cessera de voir le mâle partout. Chaque homme qu’elle croise aura la même tête, avec une perruque, un look, un maquillage différents : le policier qui vient surveiller la propriété, les deux poivrots du pub, le serveur, le gamin sur les marches de l’église et le pasteur aussi. Ce n’est pas tant cette similarité physique qui perturbe la jeune femme que l’escalade de mini-agressions que tous ces hommes lui font subir en quelque jours. La toxicité masculine, elle en a pourtant soupé. Peut-être est-ce ça que ce week-end d’horreur va exorciser…

Quand Harper débarque en campagne, son autoradio chante Love song de Lesley Duncan. « Love is the opening door / Love is what we came here for » dit le morceau, introduction pour l’heure et demie qui va suivre d’une grammaire filmique à base de portes qui s’ouvrent, par erreur ou de force, et se claquent, se cadenassent ou même, sans être fermées à double tour, protègent Harper des assauts de cet effrayant ennemi masculin. Pendant un temps, Men s’approprie les codes du « home invasion movie » – sous-genre du film d’horreur qui se définit par l’intrusion d’individus au sein d’un domicile privé, pour séquestrer et violenter ses occupants : les réussites du genre vont du basique Scream de Wes Craven aux beaucoup plus conscients et politisés Funny games de Michael Haneke ou bien sûr Parasite de Bong Joon-ho. Mais le film relate avant tout le parcours traumatique et cathartique d’une femme hantée par l’homme qu’elle a un jour aimé et les violences qu’il lui a infligées.

Confrontée à des agresseurs plus ou moins dangereux qui ont donc tous le même visage, Harper doit traverser l’enfer des hommes pour transcender le traumatisme et le remettre à sa juste et petite place. C’est en moins de deux heures qu’Alex Garland fait converger la démarche politique, l’écriture érudite et la mise en scène précise pour capter la triste vérité de l’ultra-moderne solitude au féminin. (D’après Emmanuelle Spadacenta, cinemateaser.com)