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Rosmerta fête ses quatre ans le weekend du 17 décembre !
Vendredi 16 décembre en fin d’après-midi, le marché de Noël solidaire de Rosmerta ! Samedi 17 décembre en début d’après-midi, notre AG suivie d’une grosse fête !Et dimanche 18 décembre, on participe à la Journée Internationale des Migrants.... Lire Rosmerta fête ses quatre ans le weekend du ...

TOUT VA BIEN, TOUT VA MAL
Prix des places de cinéma : les salles abusent-elles sur les tarifs ?  Ainsi s’interrogent ces temps-ci la presse et les émissions spécialisées sur la culture, le cinéma, le panier des ménages… ce dernier serait lourdement touché par les politiques tarifaires extravagantes pratiquées ...

LEO (Liaison Est Ouest) : la lutte paie
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MEMORIES

Triptyque d’animation imaginé et supervisé par Katsuhiro ÔTOMO - film d'animation Japon 1995 1h53 VOSTF - Trois films écrits par Katsuhiro Ôtomo et Satochi Kon. Magnetic roses réalisé par Kôji MORIMOTO • Stink bomb réalisé par Tensei OKAMURA • Cannon fodder réalisé par Katsuhiro ÔTOMO.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MEMORIESEn 1995, Katsuhiro Ôtomo, l’auteur culte d’Akira, lance le chantier de Memories, un triptyque inspiré du manga éponyme. Projet à l’ambition artistique démesurée, Memories abolit les frontières entre dessin animé et cinéma traditionnel, terrasse les derniers préjugés sur l’absence de profondeur de cet art souvent méprisé, réduit à du divertissement jetable pour adolescents.
Trois films, trois chefs-d’œuvre adoptant des styles graphiques résolument différents, trois prototypes complémentaires et irréductibles qui cernent la folie humaine avec une liberté de ton insensée. A l’orgueil démesuré d’un esprit perturbé et égocentrique (Magnetic rose) répond l’absurdité humaine la plus pathétique (Stink bomb) et la froide mécanique d’une dictature militaire réglée comme du papier à musique (Cannon fodder). La hiérarchie même des trois histoires répond à une logique interne : la farce grotesque s’intercale entre la science-fiction métaphysique et la sombre réflexion politique. Le choc provoqué par Magnetic rose nécessitait un interlude tragi-comique. Cannon fodder n’aurait sans doute pas la même puissance d’évocation sans le contrepoint ironique et hilarant fourni par le chaînon intermédiaire.

Aidé au scénario par le génial Satoshi Kon et par le sens inouï de la mise en scène de Kôji Morimoto, Ôtomo réussit dans Magnetic rose un véritable tour de force : l’union entre la perfection esthétique de 2001, l’odyssée de l’espace de Kubrick et le romantisme exacerbé de Solaris de Tarkovski. Space opéra au sens propre comme au sens figuré, bercé par l’air de Madame Butterfly de Giacomo Puccini et la douce partition de Yôko Kanno, Magnetic rose permet à Ôtomo de déplacer ses obsessions dans un cadre qui lui ouvre toutes les portes de l’imaginaire. Lointaine cousine de Tetsuo, le « méchant malgré lui » d’Akira, la cantatrice attire dans sa tombe les voyageurs spatiaux qui répondent à son chant de sirène. Perdus entre illusion et réalité, les astronautes confondent passé et présent. Leur esprit est possédé par une entité qui a définitivement sombré dans la démence. Ils ne pourront s’en libérer qu’en chassant leurs propres démons intérieurs. Décors somptueux inspirés par l’art européen, scènes d’une puissance rare comme celle où le héros croit revenir dans son home sweet home avant de réaliser qu’il s’agit là d’une projection mentale : les quarante-quatre minutes de Magnetic rose sont une traversée en apesanteur, du pur cinéma sensitif, affranchi de toute rationalité.

Stink bomb marque le retour à la réalité terrestre. Antimilitariste convaincu, redoutant par-dessus tout une science corrompue au mains des fabricants d’armes, Ôtomo imagine une incroyable suite de péripéties qui transforme un simple laborantin en ennemi public numéro 1, vecteur d’un virus mortel. Il s’agit là d’un hommage à Docteur Folamour, la satire de Kubrick sur l’absurdité de la guerre froide et la menace d’un conflit nucléaire. Irrésistible crescendo burlesque, Stink bomb offre de jouissives scènes de destruction massive à déguster au second degré.

Malgré un sujet proche du précédent, Cannon fodder est a contrario une œuvre d’une noirceur absolue. La journée d’un petit garçon soldat au sein d’une ville plongée dans une guerre sans fin et sans but permet à Ôtomo d’exprimer son apolitisme forcené. Par la grâce d’un unique plan-séquence d’une virtuosité prodigieuse, il démonte le mécanisme de la propagande totalitaire : avilissement de l’individu réduit à une fonction mécanique dès le plus jeune âge, culte du chef dont le portrait orne chaque foyer. D’inspiration occidentale, le graphisme évoque les affiches de propagande des deux guerres mondiales. Le résultat est véritablement bluffant.

Sur le plan technique, les trois films rivalisent de perfection et font de Memories une œuvre majeure de l’animation japonaise. (Y. Vely, filmdeculte.com)