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L’ARBRE AUX PAPILLONS D’OR

(Bên trong vỏ kén vàng – Inside the yellow cocoon shell) Écrit et réalisé par Thien AN PHAM - Vietnam 2023 3h02 VOSTF - avec Le Phong Vu, Nguyen Thi Truc Quynh, Nguyen Thinh... Festival de Cannes 2023 : Caméra d’or (meilleur premier films, toutes sélections confondues).

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L’ARBRE AUX PAPILLONS D’ORPremier film et premier GRAND film pour le réalisateur Thien An Pham. Le jury de la Caméra d’Or du dernier festival de Cannes, présidé par Anaïs Demoustier, ne s’y est pas trompé en lui décernant sa plus haute distinction. Avec L’Arbre aux papillons d’or, un talentueux cinéaste est né et, fait rarissime, il est Vietnamien.

Sur la terrasse à ciel ouvert d’un petit restaurant bondé de Saïgon, en soirée, trois jeunes hommes, en t-shirts et claquettes, sont assis à une table. Parmi eux, Thien. Les discussions sont vives malgré le bourdonnement généralisé et le vrombissement des véhicules du carrefour d’en face. En un instant, la pluie s’abat violemment sur la scène puis s’arrête comme si quelqu’un avait appuyé sur un interrupteur on/off. Pourtant la clientèle du restaurant reste imperturbable, habituée à ces manifestations météorologiques tropicales. Thien et ses amis continuent de philosopher sur le sens de la vie tandis qu’une serveuse leur amène bouteilles de bière, bols de riz et brochettes de poulet. Le téléphone portable de Thien sonne plusieurs fois mais il ne décroche pas. Tout à coup, le bruit d’une collision brutale se fait entendre, suivi de cris et de klaxons. Sur la chaussée, jouxtant le restaurant, une moto est par terre et son conducteur gît au sol, inerte. La circulation, troublée un instant, reprend son chemin comme le courant d’une rivière.
Plus tard, on retrouve Thien dans un salon de massage aux lumières tamisées. Son téléphone vibre encore une fois alors qu’une jeune masseuse s’emploie à soulager son entrejambe… Agacé, Thien se décide à répondre. Au bout du fil, on lui apprend que sa belle-sœur vient de mourir dans un accident de moto à Saïgon. Son mari, le frère de Thien, séparé de sa femme depuis des années, est injoignable. Miraculeusement Dao, son neveu âgé de 5 ans, a survécu à l’accident. Thien se voit alors dans l’obligation de ramener le corps de sa belle-sœur dans leur village pour les funérailles. Il prend alors congé de son travail (vidéaste pour mariages locaux) et passe à l’hôpital chercher son neveu Dao. Ensemble, ils quittent l’effervescence des rues de Saïgon pour rejoindre la campagne paisible des montagnes vietnamiennes. Pour Thien c’est aussi le moment de partir à la recherche de son frère disparu. Commence alors un long voyage en forme de quête spirituelle, qui va l’amener au cœur de ses terres natales, sur les traces de ses origines, de ses amis d’enfance, de ses amours perdues. « Depuis combien de temps négligez-vous votre âme ? » l’interroge une vieille dame assise sur la terrasse d’une maison surplombant une canopée vert émeraude, frontière entre le ciel et la terre.
Ainsi dans ce village sans âge entouré d’une jungle luxuriante où dansent, sans qu’on les voie jamais, animaux sauvages et esprits de la forêt, Thien va s’ouvrir tel un lotus et découvrir le vrai visage du monde qui l’entoure : un coq qui chante au loin, un troupeau de buffles plus noirs que la nuit, un rayon de soleil qui traverse un mur en ruines, le torrent vertical d’une pluie battante, un arbre d’où s’envolent des papillons d’or…

De lents travellings en plans séquences vertigineux, les images de Thien An Pham percent l’espace et troublent notre perception du temps, invitant nos sens à admirer son pays, le temps d’un road movie aux confins de la foi et de la culture vietnamienne. C’est beau, puissant et, comme Thien, on s’arrête, on regarde, on écoute, on réfléchit. Un premier film en forme de révélation.