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EXCURSION

Écrit et réalisé par Una GUNJAK - Bosnie Herzégovine 2023 1h33 VOSTF - avec Asja Zara Lagumdzija, Maja Izetbegovic, Nadja Spaho, Mediha Muzilovic...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

EXCURSIONTout a commencé, pour la réalisatrice bosnienne depuis longtemps installée en France, par la lecture d’un fait divers survenu dans son pays natal. Légende urbaine ou pas : 7 jeunes lycéennes de l’enclave serbe de Bosnie, à Banja Luka, seraient simultanément tombées enceintes lors d’un voyage scolaire en Italie… Fruit du hasard, réalité fantasmée ou déformée avec en toile de fond l’obsession de l’Occident qui corrompt, peu importe : Una Gunjak a fait de cet événement le filigrane du récit d’apprentissage doux-amer d’une jeune lycéenne.
Le film débute avec deux discussions parallèles qui évoquent justement le projet d’un voyage de fin d’année. D’un côté, les professeurs s’entretiennent avec les parents, qui ont en tête – et s’en inquiètent – l’histoire des sept filles enceintes et semblent craindre que cela se reproduise. De leur côté, les élèves rigolent plutôt de cette histoire incroyable… Puis les échanges à bâtons rompus dérivent sur un jeu « action ou vérité », où sont évidemment évoqués les premiers émois sexuels. Et quand vient le tour d’Iman, une jeune fille un peu à part, timide et androgyne, elle annonce à la surprise générale qu’elle est sans doute la première élève du collège à avoir eu des relations sexuelles, puisqu’elle a couché avec un beau gosse plus âgé qu’elle. Étonnement, voire jalousie des copines…
On va rapidement comprendre qu’Iman a menti. A-t-elle fantasmé une histoire dont elle a secrètement envie ? A-t-elle voulu devenir le centre d’intérêt du groupe, elle qui passe toujours inaperçue ?
Toujours est-il que son mensonge va prendre une tout autre dimension et va entraîner une spirale d’événements quand, sur une succession de malentendus, on va la croire enceinte et que, s’enferrant dans son affabulation, elle ne va rien faire pour nier… Ce ne sont pas tant les autres adolescents qui vont réagir violemment, mais bien les parents. Et à partir de là va s’enclencher le mécanisme du dénigrement et du harcèlement via les réseaux sociaux envers celle qui va passer du statut de copine enviée à fille infréquentable.

Una Gunjak dresse ici un tableau intelligent, nuancé et néanmoins radicalement féministe de la situation des jeunes filles confrontées aux névroses des adultes encore enfermés dans les stéréotypes d’une société conservatrice, marquée par les clichés patriarcaux.
Notons pour finir que le film doit énormément à l’extraordinaire prestation, tout en subtilité, de la toute jeune actrice Asja Zara Lagumdzija, que le festival de Marrakech a su reconnaitre en lui décernant le prix d’interprétation : une actrice débutante qui incarne superbement le passage brutal à l’âge adulte pour son personnage à peine sorti de l’enfance.
Un film important à découvrir avec des ados, et vivement conseillé aux enseignants pour aborder sexualité et harcèlement.

« Si tous les adolescents sont déjà naturellement déroutés par leur âge, vivant à la fois comme des enfants et des adultes, ceux qui grandissent en Bosnie-Herzégovine sont également victimes d’un autre clivage.
« D’un côté, nous avons le pire résultat de la transition capitaliste dans les Balkans, où leur sexualité naissante est exploitée et violée ; de l’autre, le nouveau dogme conservateur déguisé en religion, qui, en l’absence d’autres valeurs éthiques et morales dans le pays, a prospéré et est maintenant prêt à punir et à humilier cette même jeunesse…
En tant que femme d’une trentaine d’années qui commence à peine à démêler les nœuds de sa propre éducation sexuelle, en tant que femme bosnienne qui observe sa société et surtout sa jeunesse aujourd’hui, et enfin, tout simplement en tant que féministe, j’ai ressenti le besoin impérieux de faire ce film. » (Una Gunjak)