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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

LES FLEURS AMÈRES

Olivier MEYS - Belgique/France/Chine 2019 1h36mn - avec Xi Qi, Xi Wang, Meihuizi Zeng, Le Geng, Gaowei Qu, Lizhe Fan... Scénario d'Olivier Meys et Marleen Loix. Magritte du Meilleur Premier film belge.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES FLEURS AMÈRESPitié, ne pensez pas une seconde que ce formidable et lumineux premier film – qui a d'ailleurs été récompensé d'un Magritte bien mérité (l'équivalent belge des César) – est un énième pensum misérabiliste sur la prostitution des jeunes femmes migrantes. Les Fleurs amères, au titre triste et poétique, est avant tout le splendide portrait de femmes qui construisent une solidarité, une véritable sororité dans l'adversité. Lina ne vient pas d'un pays en guerre duquel la fuite est une nécessité vitale, elle n'est pas dans une situation économique extrême la poussant à émigrer pour sa survie et celle des siens, c'est juste une jeune femme intelligente et ambitieuse qui vit dans le Dongbei, une région minière de l’extrême Nord-Est de la Chine qui était autrefois prospère et qui a périclité. Elle veut assurer le confort matériel de sa famille, de son mari et de son enfant et décide de profiter d'une filière dont on lui a parlé et qui a séduit nombre de ses voisines : l'émigration vers la France pour y devenir nounou au sein d'une riche famille franco chinoise, l'excellent mandarin des femmes du Dongbei étant là bas très apprécié.

Voilà Lina qui arrive donc sur le quartier de Belleville. Mais l'aventure va tourner vinaigre quand la jeune femme découvre le cynisme et l'exploitation éhontée qu'elle subit de la part de ses employeuses pourtant compatriotes, qui profitent et abusent de la situation plus que fragile de ces nounous corvéables à merci et humiliées quotidiennement. Comme beaucoup de ses compatriotes coincées dans une situation inextricable, Lina va vite rejoindre cette prostitution de rue visible depuis quelques années sur les trottoirs du quartier, le long du boulevard. Et découvrir évidemment la violence, le danger, la totale précarité, mais aussi et surtout l'indéfectible solidarité entre celles qui comme elle ont fait ce choix contraint : accepter de vendre son corps pour assurer l'avenir promis aux siens restés au pays.

Le réalisateur belge Olivier Meys, qui connaît très bien la Chine pour y avoir vécu pendant une décennie, a fait le choix intelligent et lucide de faire de ses personnages non des victimes, marionnettes d'un système implacable, mais des femmes intelligentes, responsables, en proie au doute et parfois au désespoir mais qui restent soudées et se soutiennent sans faillir, épargnant leur famille en Chine par le récit édulcoré, via skype, de leur vie en France. Le film ne raconte pas l'engrenage de la prostitution, mais le sort des femmes migrantes qui ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour accomplir l'objectif qu'elles s'étaient initialement fixé. L'authenticité remarquable qui se dégage du récit tient autant à la mise en scène organique, largement due à la caméra constamment en mouvement Benoît Dervaux – le chef opérateur attitré des frères Dardenne fut contraint de tourner très souvent sans autorisation préalable et avec une grande économie de moyens –, qu'au jeu intense des comédiennes : Xi Qi bien sûr, merveilleuse Lina, star dans son pays et qu'on a vue récemment dans le magnifique So long my son, mais aussi tout le groupe des comédiennes franco-chinoises qui incarnent ses compagnes d'infortune et dont le destin fut parfois proche de celui de leurs personnages.