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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

JEANNE

Écrit et réalisé par Bruno DUMONT - France 2018 2h18mn - avec Lise Leplat Prudhomme, Annick Lavieville, Justine Herbert, Fabrice Luchini, Christophe... D'après Jeanne d'Arc de Charles Peguy. Musique de Christophe.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

JEANNE« J'ai vu perler des larmes d'amour qui dureront plus longtemps que les étoiles du ciel. » Charles Péguy, Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc (1910)

En 2017, Bruno Dumont nous offrait Jeannette, vision totalement dingo de l'enfance de la jeune Jeanne D'Arc avant son départ de Domrémy pour bouter l'Anglais hors du royaume, un film en état de grâce porté par une bande son heavy metal pour le moins décoiffante. Les amateurs les plus orthodoxes de Charles Péguy, que le film était censé adapter, ne s'en sont jamais remis !
Deux ans plus tard nous retrouvons Jeanne (interprétée par la jeune actrice qui jouait Jeannette enfant) alors qu'elle est déjà revêtue de son armure, partie convaincre le roi Charles VII (l'impayable Fabrice Luchini nous compose avec délectation un personnage de roi cynique et couard) de la missionner pour aller combattre les perfides Grand Bretons. Ne vous attendez évidemment pas (nous ne sommes pas dans un film de Luc Besson), à une débauche de moyens et d'effets spectaculaires destinés à reconstituer les batailles que la légende attribue à Jeanne. Ce qui a intéressé l'esthète Dumont n'est pas là, il s'est d'abord attaché à filmer comme toujours ses chères dunes et sa plaine flamandes pour y situer la campagne militaire de Jeanne, et un splendide ballet de chevaux suffit à évoquer, en une scène élégiaque, l'héroïsme de la jeune fille.

Jeanne, investie d'une mission guerrière et spirituelle, délivre la ville d'Orléans et remet le Dauphin sur le trône de France. Elle part ensuite livrer bataille à Paris où elle subit sa première défaite…
Le film s'intéresse alors au procès de Jeanne, qui occupe la plus grande partie du récit. Capturée et emprisonnée à Compiègne par les Bourguignons, la jeune combattante est livrée aux Anglais qui vont la juger à Rouen, sous la houlette de l’évêque de Beauvais, le tristement fameux Pierre Cauchon. Dans toute cette partie du procès, le film est un très bel hommage à La Passion de Jeanne d'Arc du cinéaste danois Carl Theodor Dreyer, dont Chris Marker disait que c'était le plus grand film de l'histoire du cinéma. Le Jeanne de Bruno Dumont est un formidable film sur la foi et sa force oratoire. Et le génie de Dumont – comme avant lui celui de Dreyer – est de rendre crédible l'improbable, évident l'indicible, palpable l'intangible. La vraie Jeanne d'Arc avait 19 ans lors de son procès et de son supplice, Dreyer la fit incarner par Renée Falconetti qui avait 35 ans, et son visage halluciné, de presque tous les plans, reste inoubliable. À l'opposé, chez Dumont, Lise Leplat Prudhomme a 12 ans à peine et pourtant elle est absolument convaincante quand elle affirme avec force sa volonté de ne pas se renier face aux hommes d'église corrompus ou quand elle lève les yeux au ciel vers Dieu qui semble l'avoir abandonnée. Dans la cathédrale d'Amiens, débarrassée de tout mobilier, où a été tourné le procès, s'élève soudain, alors que le verdict approche, la voix du chanteur Christophe qui incarnait jusque là un moine silencieux, et le film touche alors au sublime…