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Revoir le débat avec Pierre Carles et Philippe Lespinasse (Un bergé et deux perchés à l’Élysée)
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GRÊLE : HALTE AUX MESURETTES, LE CHAOS CLIMATIQUE C'EST L'AFFAIRE DE TOUTE LA SOCIETE
a Gironde a été durement touchée par la grêle le 26 mai. Plusieurs milliers d’ha de vignes mais aussi de cultures maraîchères et de grandes cultures ont été ravagés. L’entraide collective spontanée s’est organisée dès la fin de semaine. Face à cette situation, la réponse du Ministè...

Interdiction du glyphosate : qu’a voté votre député-e ?
En catimini, à 2h00 du matin mardi 29 mai, une poignée de députés a rejeté l’interdiction du glyphosate, herbicide pourtant reconnu comme toxique pour l’environnement et classé comme « cancérigène probable » par l’Organisation Mondiale de la Santé. Emmanuel Macron s’était engagé à interdure d’ic...

PROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTI
SUR L’ÉCRAN DE LA SALLE 4, À PARTIR DU 4 JUILLETPROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTIpour les storyboards des films de Matteo Garrone Né à Salerno le 23 juin 1978, Giuseppe Liotti est diplômé en Sciences de la communication. En 2001, il s’investit pendant un an dans une production ...

C'EST LA FÊTE DU CINÉMA
Du Dimanche 1er au Mercredi 4 JUILLET4 euros pour tout le monde à toutes les séances... Lire C'EST LA FÊTE DU CINÉMA...

LIBERTÉ

Écrit et réalisé par Albert SERRA - France / Portugal / Espagne 2019 2h12mn VOSTF - avec Helmut Berger, Marc Susini, Iliana Zabeth, Laura Poulvet... Festival de Cannes 2019 : Prix spécial du jury Un certain regard. Photographie sublime dirigée par Artur Tort - Interdit aux moins de 16 ans avec avertissement.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LIBERTÉL'interdiction aux moins de 16 ans – avec avertissement, attention ! – indique bien que ce Liberté n'est pas à mettre devant tous les yeux et qu'il vaut ne mieux ne pas s'y aventurer si on ne sait pas à quel sauce on va être mangé. Et la sauce est piquante, en même temps que servie avec un cérémonial d'une théâtralité assez radicale. Souvenons-nous que le précédent film d'Albert Serra était La Mort de Louis XIV, beaucoup moins charnel mais tout aussi stylisé.
Liberté nous plonge dans une sorte de huis-clos au cœur d'une forêt, quelque part entre la France et l'Allemagne, et nous fait partager – avec la distance imposée par une mise en scène au cordeau – les ébats de quelques libertins expulsés de la cour puritaine de Louis XVI. Rien ou à peu près ne nous sera donc épargné de ce qui est humainement possible en terme pratiques sexuelles, filmées sans simulation. D'où l'interdiction et l'avertissement.

Mais Liberté n'est en rien une œuvre pornographique, en ce sens que rien n'y est fait pour exciter le gogo. C'est une superbe et volontairement cérébrale réflexion sur le langage de l'intime et si le film montre crûment la sexualité en action, il est avant tout une succession de discussions philosophiques très inspirées par l'œuvre de Sade, le récit s'ouvrant par la description fascinante d'un supplice auquel a assisté un des aristocrates.
Liberté s'inscrit évidemment dans la continuité de l’œuvre du cinéaste singulier qu'est Albert Serra. Celui qui avait déjà abordé le libertinage dans Histoire de ma mort, évoquant quelques décennies après Fellini les derniers jours de la vie de Casanova, libertin rationaliste confronté à la force ésotérique de Dracula, avec La Mort de Louis XIV déjà cité, magnifiquement incarné la fin de l'absolutisme et du pouvoir divin confronté à la maladie du Roi Soleil. Liberté et ses libertins, farouchement opposés à la morale chrétienne, est finalement une suite logique à son œuvre précédente.
Et comme dans ses films précédents, on reste baba devant la rigueur inventive de la mise en scène, devant le magnifique travail plastique sur la lumière réalisé par Albert Serra. Initialement pièce de théâtre montée à la Volksbühne de Berlin, Liberté est transposé dans la nuit d'une forêt et Serra sculpte son image, tel le Caravage, entre clair-obscur et ténèbres, nous laissant peu à peu deviner, le temps que notre œil s'habitue à cette ambiance de messe noire, les corps qui se mélangent à la lueur faible d'une bougie sous le couvert d'une chaise à porteurs, et donnant à la forêt qui les entoure un aspect étrangement organique.

« En tentant aujourd’hui de représenter, de remettre en scène, cette extraordinaire entorse aux mœurs, historiquement fondée ou non, Albert Serra offre une œuvre d’art dont l’absence de retenue figurative constitue l’emblème d’une colère et d’un hurlement de désespoir à l’égard de la remontée de l’ordre moral dans la quasi totalité des domaines de la vie sociale et intellectuelle contemporaine.
« Le final du film a une puissance comparable aux conclusions narratives d’un cinéaste bien éloigné de l’Occident, Apichatpong Weerasethakul. Le jour se lève au terme de deux heures de projection, la lumière illumine les arbres et fait miroiter les feuillages sous la froideur de l’aurore. Soudain, le spectateur n’est plus certain d’avoir vraiment vu les audaces pornographiques dont il se souvient pourtant. Cette lumière argentée terminale qui nimbe le paysage renvoie le film aux doutes qui assaillent le rêveur au réveil. » (D. Païni, art-critique.com)