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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

MULHOLLAND DRIVE

Écrit et réalisé par David LYNCH - USA 2001 2h26mn VOSTF - avec Justin Theroux, Naomi Watts, Laura Elena Harring, Ann Miller, Dan Hedaya, Robert Forster... PRIX DE LA MISE EN SCÈNE FESTIVAL DE CANNES 2001.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MULHOLLAND DRIVEBienvenue sur Mulholland Drive et ses lacets d’asphaltes où de rutilantes américaines tracent vers la cité des anges. Le trajet incontournable pour accéder au sommet d’Hollywood, paradis pour certains, enfer pour d’autres. Le Mulholland Drive de Lynch, c'est la route du destin, qui y court à tout moment le risque de quitter sa trajectoire, comme un bolide devenu incontrôlable qui finit immanquablement dans le décor, ou mieux, encastré dans une limousine. Ça commence comme ça, par un choc violent sur le béton brûlant de l'avenue : une brune aussi belle que ténébreuse est éjectée d’une voiture. Elle court, elle semble fuir, terrorisée. On la traque... peut-être, sans doute... Déjà, on sent bien que c'est l'imprévu, le hasard, l'étrange qui mènent la danse et déjà, on sent que Lynch va nous mener bien loin des autoroutes balisées.

Paniquée, Rita (c’est son nom, enfin, celui qu’elle se donne...) se réfugie dans la première maison qu’elle trouve, celle où justement Betty vient d’arriver. Betty est une blondinette pimpante et pleine d’espoir, fraîchement débarquée à Hollyawood et bien décidée à y faire son trou. Point de départ donc : la rencontre de ces deux femmes que tout semble séparer... du moins, dans ce monde ci... Une brune troublante qui a perdu la mémoire et dont le passé tient dans un à sac à main rempli de dollars et dans le mystère d’une clé ; une adorable blonde au sourire presque déjà formaté par l’industrie du rêve, et qui n’a qu’une obsession : courir les castings pour se faire un nom. Deux quêtes d’identité : l’une vers le passé, l’autre vers le futur... D'entrée de jeu, la trame temporelle est passablement perturbée. Et ce n’est que le début... Tout se complique et s’obscurcit quand les deux nanas pénètrent dans la grande ménagerie hollywoodienne...
Là, il y a un jeune cinéaste qui se voit imposer pour le casting de son film une actrice, Camilla Rhodes. L’ordre (« this is the girl ! ») vient d’un « en haut » indéterminé, l'Olympe du fric et du pouvoir où quelques hommes puissants (que l’on croirait tout droit sortis d’un cauchemar de l’agent Dale Cooper) mènent la danse, tirent les ficelles.

Une fois encore, le maître Lynch va quitter l’itinéraire initial pour nous guider sur son chemin chaotique où l’on finira par se perdre avec jubilation.
Il ouvre la brèche vers un monde obscur où d’inquiétants personnages ont déjà marqué leur emprise sur leurs futures victimes, où les monstres ont déjà fait leur apparition dans les esprits avant même qu’ils ne s’impriment sur l’écran. Paradoxal, vertigineux, Mulholland Drive fait naître des émotions très fortes et très contradictoires, du plaisir absolu à l’angoisse fulgurante, sollicitant épiderme et accoudoirs.
Film sur le cinéma, sur sa folie, sur ses travers, sur son cauchemar, film sur l’image, l’imaginaire, l’imagerie liée à Hollywood, Mulholland drive confirme ce qu'on savait déjà : Lynch est un extraordinaire magicien, un explorateur hors pair de l'imaginaire. Il brouille tous nos repères sensitifs, toutes nos marques temporelles et nous, pauvres pantins, complètement paumés, on est aux anges, prêt pour repartir une deuxième, une troisième fois, sur l’asphalte chaotique de Mulholland Dr.

Samedi 7 Septembre 2019 à 18h15