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Quiz des trente dernière secondes
Vous trouverez ici les archives du quiz des “trente dernières secondes” //////////////////////////////////////// Mercredi 6 janvier Quiz cinéma : les 30 dernières secondesPour célébrer la fin de l’année écoulée et vous présenter nos meilleurs vœux pour 2021, l’équipe d’Utopia Bordeaux...

Le monde du silence
LE MONDE DU SILENCE Mardi 15, Mercredi 16, Samedi 19 et Dimanche 20 décembre, le cinéma Utopia de Bordeaux assurera symboliquement les séances initialement prévues dans son programme de réouverture. Les projecteurs seront allumés, les salles seront dans le noir et les images défileront sur nos écran...

Journal du 2ème confinement
Ici sont archivés les publications mises en ligne lors du 2ème confinement, du 30 octobre au 14 décembre 2020     En attendant de nous retrouver, on signe et on relaie cet appel de David Dufresne, réalisateur du film UN PAYS QUI SE TIENT SAGE. Chers ami(e)s, Samedi prochain, à 14h, se tiendront d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

NUESTRAS MADRES

César DÍAZ - Guatemala 2020 1h17mn VOSTF - avec Armando Espitia, Emma Dib, Aurelia Caal... Caméra d’or à Cannes 2019, Prix de la Critique à Namur, Meilleur film au festival de Santander, Magritte du Meilleur premier film….

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

NUESTRAS MADRESAprès le beau et intrigant La Llorona, voici le deuxième film qui nous arrive du Guatemala cette année, et c’est une petite merveille. Nuestras madres éclaire tout un pan de l’histoire du pays, trop vite oublié et passé sous silence. Il faudra bien finir un jour par l’écouter afin que s’apaisent les douleurs des vivants et les âmes des disparus qui réclament reconnaissance et réparation.
Qu’elles sont belles ces mères, ces grand-mères qui ont trop connu le soleil ! On se perdrait volontiers dans les méandres de leurs peaux burinées, forgées par les intempéries, les affres de la vie, ses joies trop courtes. À voir leurs airs dignes et graves, on devine qu’elles sont des survivantes, dans un monde qui épargne plus volontiers les reproductrices, celles qu’on peut engrosser pour perpétuer une lignée. Autour d’elles, bien peu d’hommes de leur âge, comme s’ils s’étaient étrangement volatilisés…

Le film débute sur une magnifique renaissance, un retour vers l’humanité. Les gestes d’Ernesto sont aussi délicats que ceux d’une sage-femme. On ne peut s’empêcher d’en admirer la précision méticuleuse, aussi respectueuse qu’émouvante. Pourtant, dans le puzzle des ossements, d’une propreté virginale, que le garçon en blouse blanche reconstitue, il n’y a plus une once de vie. On ne s’étonnera pas longtemps qu’on puisse consacrer autant de temps à ceux qui ne sont plus, réalisant, à travers la dignité des gestes, qu’en réparant les morts, on répare aussi les vivants, leur mémoire. Ici s’ouvre la fosse qui maintenait prisonnière la parole.
Une seule chose reste réellement intrigante dans cette première scène, c’est l’incroyable jeunesse de l’anthropologue débutant : on se dit qu’à son âge il devrait profiter de la vie, courir le guilledou, plutôt que passer ses journées en compagnie de cadavres… C’est dans la relation avec sa propre mère, Christina, qu’on va découvrir une première clef à sa quête acharnée. Puis une seconde, dont lui-même ne se serait pas douté. On a parfois devant le nez des évidences qu’on se refuse à voir, tant elles nous font violence. Alors, inconsciemment on les camoufle sous un tapis tissé d’illusions et de chimères.
C’est un procès, conjugué aux enquêtes que mène Ernesto pour son travail, qui va tout réveiller, bouleverser ses convictions. À force de consacrer ses journées à essayer de restituer la vérité pour les autres, il en avait oublié de reconstituer la sienne propre. De village en village, en écoutant les témoignages poignants de ceux et celles qui attendent depuis des décennies de pouvoir offrir une sépulture honorable à un père, à un mari, à un enfant, Ernesto va être amené à se poser et à poser à sa mère de nouvelles questions, de celles qui font mal. La force de ces femmes qui résistent à l’oubli va venir nourrir la sienne.
Christina, elle, aimerait continuer à se taire, à essayer d’oublier, malgré la magnifique complicité qu’elle nourrit avec son fils. Mais progressivement ce dernier va venir gratter le vernis qui dissimule les secrets, les non-dits qui retenaient, derrière une digue invisible, un passé inavouable…

C’est un film splendide, habité par la grâce, la beauté, porté par l’interprétation magistrale des acteurs et actrices et aussi par la présence de ces hommes, et surtout de ces femmes, indigènes, indiennes, qui témoignent à l’écran, dans cette fiction captivante qui s’imprègne d’une part bouleversante de documentaire.