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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

MADRE

Rodrigo SOROGOYEN - Espagne 2020 2h09mn VOSTF - avec Marta Nieto, Jules Porier, Alex Brendemühl, Anne Consigny, Frédéric Pierrot... Scénario de Rodrigo Sorogoyen et Isabel Peña.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MADRESait-on jamais vraiment pourquoi l’on aime, dans quel recoin de notre histoire naissent nos désirs, nos attirances… D’où vient cette force qui nous pousse vers l’autre, quelle histoire passée peut suffire à expliquer la naissance d’un sentiment ? Ici, les circonstances même de la rencontre pourraient suggérer une interprétation… mais plus on pénètre dans le film et dans la relation subtile qui se noue entre Isabel et Jean et plus il est évident que les choses sont plus complexes qu’elles pourraient le paraître à un regard impatient… Le talent de Rodrigo Sorogoyen est de nous entraîner bien au-delà de l’anecdote vers l’étrange mystère des sentiments humains : il y a ce qui les déclenche, ce qui les nourrit et comment ils rebondissent sur la vie des autres, les proches surtout, qui ne sont pas toujours les mieux placés pour comprendre…

Isabel a perdu son fils quand il avait six ans… disparu sur une plage où il s’était égaré, incapable de retrouver son père, malgré le téléphone portable par lequel elle tentait de le guider, essayant en vain de le localiser, jusqu’à ce que la communication soit coupée… Que s’est-il passé sur cette plage ? Le temps a passé mais peut-être ne désespère-t-elle pas tout à fait de le retrouver un jour. Alors, elle s’est installée là où les traces du gamin se perdaient dans le sable, et travaille dans un bistrot près de la plage où maintenant d’autres gamins se bousculent… cohabitant depuis avec une douleur qui s’estompe au fil du temps et lui donne désormais une distance aux choses et aux événements doucement mélancolique…
Dix ans ont passé… dix ans comme une longue remontée vers une vie moins sombre, vers le moment où elle parviendra à s’arracher de ce coin lumineux du sud de la France qui est le lieu du dernier passage de son fils : peu à peu, son nouvel amoureux, Joseba, la tire vers un ailleurs où il est possible de vivre heureux à nouveau, vers son pays d’origine, l’Espagne… Il connaît ses blessures et l’aime assez pour lui laisser le temps dont elle a besoin…

Quand elle croise Jean, le visage de l’adolescent, son regard lumineux, ses cheveux blonds accrochent son regard. Le gamin insiste, vient traîner du côté du bar, la regarde longtemps, à la fois timide et fasciné, la cherche, l’attend… C’est au-delà des mots, mais de part et d’autre l’attirance s’impose comme une évidence : plaisir de parler ensemble en marchant sur le sable, de rester juste là à côté l’un de l’autre… Est-ce parce qu’il a l’âge qu’aurait son fils et qu’il pourrait lui ressembler ?
Ou est-elle simplement troublée par le regard chavirant de tendresse d’un adolescent amoureux et si beau ? Pourquoi, plutôt que les frimousses des copines qui l’entourent, le visage de cette femme mélancolique accroche le regard de Jean… peu importe après tout : c’est une histoire d’amour qui débute, inéluctable et douce malgré les interdits d’une société qui ne cesse d’interpréter, de juger, d’imposer ses normes… Les parents, qui étaient là pour passer des vacances tranquilles avec un fils aimé qu’ils n’ont pas vu grandir, ne comprennent pas. L’attirance de leur fils pour une femme mûre leur semble dangereuse et contre nature, ils ont tôt fait de penser qu’elle est folle…