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Quiz des trente dernière secondes
Vous trouverez ici les archives du quiz des “trente dernières secondes” Quiz cinéma : les 30 dernières secondesPour célébrer la fin de l’année écoulée et vous présenter nos meilleurs vœux pour 2021, l’équipe d’Utopia Bordeaux (sur un colossal travail d’archiviste d’Aurore) vous propos...

Le monde du silence
LE MONDE DU SILENCE Mardi 15, Mercredi 16, Samedi 19 et Dimanche 20 décembre, le cinéma Utopia de Bordeaux assurera symboliquement les séances initialement prévues dans son programme de réouverture. Les projecteurs seront allumés, les salles seront dans le noir et les images défileront sur nos écran...

Journal du 2ème confinement
Ici sont archivés les publications mises en ligne lors du 2ème confinement, du 30 octobre au 14 décembre 2020     En attendant de nous retrouver, on signe et on relaie cet appel de David Dufresne, réalisateur du film UN PAYS QUI SE TIENT SAGE. Chers ami(e)s, Samedi prochain, à 14h, se tiendront d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
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CITY HALL

Frederick WISEMAN - documentaire USA 2020 4h32mn VOSTF -

Du 21/04/21 au 27/04/21

CITY HALLAprès At Berkeley, après National Gallery, après Ex libris…, Frederick Wiseman nous offre, du haut de ses quatre-vingt-dix ans, un nouveau film monumental et passionnant, en investissant cette fois la mairie de Boston, capitale et métropole la plus peuplée du Massachusetts, dirigée par le Maire démocrate Martin Walsh qui essaie de mener, dans un esprit participatif et collaboratif avec les citoyens, une politique socialement et écologiquement ambitieuse. Wiseman réalise ainsi son film le plus explicitement politique, une véritable profession de foi en l’Amérique et sa démocratie telle que la définissait Abraham Lincoln dans son discours de Gettysburg : « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », un contrepoint au cauchemar qu’est l’entreprise de démolition de l’administration Trump, et une proposition, en filmant ce qu’est concrètement une politique vertueuse de service public et d’inclusion, d’un contre-modèle : « Je sais que Boston ne résoudra pas les problèmes des États-Unis », nuance le maire au milieu du film, « mais il suffit d’une ville… »

City hall appartient à la veine des films territoriaux de Wiseman, qui résument et rassemblent presque tous les éléments de la vie institutionnelle que le cinéaste a explorés et approfondis depuis plus de 50 ans. On s’y préoccupe donc, comme dans Public housing, de loger les plus précaires ; on y briefe les policiers dans un commissariat à la Law and order ; les infirmières qui manifestent pour de meilleures conditions de soins sortent tout droit de Hospital ; on négocie en conseil des écoles l’augmentation du nombre d’élèves que peut accueillir un lycée du type de celui de High school II ; le sort des sans-abris renvoie à Welfare ; celui des femmes battues à Domestic violence
Il n’est bien sûr nul besoin de connaître par cœur la filmographie de Wiseman pour s’immerger dans City hall, mais ce rappel des œuvres passées est là pour dire à quel point le regard de Wiseman s’intéresse à tous les aspects de la vie des habitants de la ville, et pour souligner que chez lui, l’institution est moins un sujet qu’un cadre, un point de vue à partir duquel se déploie la vaste comédie humaine beckettienne qu’est son œuvre. En témoigne, une fois encore, la galerie de portraits, parfois fugaces, qui ponctue le film et qui donne à voir l’Amérique d’aujourd’hui, dans toute sa diversité. Ponctué par les grandes fêtes étatsuniennes, (Thanksgiving, Veteran's Day, Halloween…), City hall est de fait traversé sans cesse par les grands sujets politiques qui travaillent la société américaine contemporaine. Dans le désordre : mariage homosexuel, légalisation du cannabis, coût de la santé, tueries de masse, tensions dans les rapports entre la police et population, discriminations des minorités, quelles qu’elles soient, présentes comme passées…
Mais loin d’être circonstanciel, le film montre avant tout comment une pensée politique se réalise dans ce qu’il y a de plus concret, de plus prosaïque et donc de plus noble : la gestion au jour le jour de la vie quotidienne de tout un chacun et l’ambition de rendre sa ville meilleure (« Construire un meilleur Boston », est-il clairement affiché sur les chantiers de la cité). Soit la démocratie en action, c’est-à-dire avant tout du travail collectif, du débat et du compromis, de l’engagement citoyen dans la conduite des affaires de la part de femmes et d’hommes de bonne volonté, prompts à interpeller l’exécutif quand il le faut…

En 4h30 magnifiques – l’effet d’immersion lié à la durée du film fait partie intégrante de sa magistrale réussite –, on voit Frederick Wiseman défendre et illustrer une certaine idée de l’Amérique. Ce qu’on appellera, pour reprendre l’expression utilisée dans une des réunions montrées dans le film : un art civique.

(Antoine Guillot, France Culture)