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Mardi 7 JUIN 2022 à 20h15

LES ÉPISODES #4


Le rendez-vous du court métrage expérimental et des formes hybrides
proposé par l’association Monoquini
Programme détaillé sur le site de MONOQUINI

MÉMOIRES VIVES

Durée du programme : 1h17

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

Ce n’est pas le temps qui passe mais nous qui le traversons, a dit un poète anonyme. Parfois le temps oublie certains de ses passagers qui se fondent dans le paysage. Parfois les architectures de pierre retournent à l’état originel de fossiles. Parfois la peau des villes se desquame et tombe en poussière. Parfois le film argentique – ce vitrail animé à la chimie instable – révèle ce qui subsiste de ces traces humaines que les temps modernes vouent à la destruction et à l’oubli. Mémoire individuelle et archives témoignent de la présence encore palpable d’un monde ancien, qui se cache pour survivre, dans les interstices des grandes villes comme dans les plis de vallées dépeuplées, ou encore au travers de traditions secrètes. Il s’agit ici de remonter le temps en quête d’une origine.

Ainsi, Da morte nace a vida convoque la meiga rurale, « femme d’un certain âge », au « caractère irascible » et au « comportement incivique », « femme murmurante » et « affairiste » dont il faut se protéger de la « mauvaise activité », en d’autres termes la sorcière dans le folklore galicien, qui transmet ici ses pouvoirs ataviques à un disciple au cours d’un rituel macabre. Adrián Canoura actualise le symbolisme attaché à la pleine lune, métaphore oculaire et support de superstitions, par une invocation électronique aux puissances magiques de la nuit.
C’est également sous l’égide des sorcières, à moins qu’il ne s’agisse de facétieuses fées, que nait la légende ancestrale de Zubiye. Ce vieux pont de pierre, dont le nom évoque « le destin » et « la chance », a parcouru les siècles avant de finir oublié au milieu d’une zone industrielle. Íñigo Jiménez, recourant aux films Super 8 de sa grand-mère, devient alors une sorte d’archéologue et réinvente par l’archive le vénérable monument.
Jorge Moneo Quintana a aussi recours à la manne des archives dans In ictu oculi (begiak hesteko artean) pour évoquer l’impermanence de toute chose, fut-elle un majestueux édifice religieux, dont la destruction s’opère sous nos yeux, « en un clin d’œil », dans la ville de Vitoria-Gasteiz au pays basque espagnol. Une documentation photographique allant de 1910 à 1976 capte le processus inéluctable du réaménagement urbain. De façon irréversible, la pierre patinée par sept siècles est réduite en poussière, laissant progressivement place à des constructions modernes de béton. Ainsi passe la gloire du monde…
Enfin, avec Ultimas ondas, Emmanuel Piton nous emmène dans le nord de l’Espagne, dans la vallée de la Solana. Le grain et le scintillement de la pellicule 16 mm teintent d’onirisme le voyage qui commence dans ces montagnes désertées. Trente ans que les villages se sont vidés de leurs habitants, happés par les villes, comme le raconte un berger au réalisateur. Un film de bout du monde, de fin d’un monde. Les voix se mêlent aux sonorités naturelles et instrumentales, les plans de paysages, de ciels se succèdent, gardant les accidents de prise de vue et les traces chimiques du développement. Le paysage est aussi vivant que ses rares occupants, qui ont fait le choix du retrait dans ce milieu à la beauté âpre et tragique.
Voici quatre films dont émane une lumière fragile mais tenace, qui est l’éclat de la mémoire.

DA MORTE NACE A VIDA d’Adrian Canoura (Espagne / 2020 / 11 mn)
ZUBIYE d’Íñigo Jiménez
(Espagne / 2020 / 10 mn)
IN ICTU OCULI (begiak hesteko artean) de Jorge Moneo Quintana
(Espagne / 2020 / 15 mn)
ULTIMAS ONDAS d’Emmanuel Piton (France / 2018 / 41 mn / VOSTF)