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"Un sale métier" à voir sur Mediapart
UN SALE METIER, c’est le titre (emprunté au Voleur de Georges Darien) d’un très chouette film réalisé par Pascal Catheland il y a quelques années, qui est visible en accès libre sur le site de Mediapart pendant une semaine à partir du 26 avril 2020 : Un sale métier / Mediapart. La présentation d...

LES GRANDS VOISINS, LA CITE REVEE
LES GRANDS VOISINS et Utopia Sainte Bernadette à MontpellierUne fois n’est pas coutume, à la suite de nos amis d’Utopia Tournefeuille, nous nous essayons à partager avec vous un film, LES GRANDS VOISINS - et de profiter autant que possible de ce moment pour discuter, ensemble, avec d’autres. San...

La Lettre de Wajdi Mouawad
“Nogent-sur-Marne, le 12 avril 2020Mon cher petit garçon, T’écrire ces quatre mots me bouleverse. Ils rendent si réel l’homme que tu es, en cet aujourd’hui qui est le tien, quand, dans celui qui est le mien, tu n’es encore qu’un enfant. Cette lettre je l’adresse donc à l’homme que tu n’es pas en...

90’S

Écrit et réalisé par Jonah HILL - USA 2018 1h25mn VOSTF - avec Sunny Suljic, Katherine Waterson, Lucas Hedges, Na-Kel Smith, Olan Prenatt, Gio Galicia... Musique originale de Trent Reznor et Atticus Ross.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

90’SIl fut une décennie où les laboratoires Mercurochrome tournèrent à plein régime. Au milieu des années 80, puis au début des années 90, la mode du skate explose aux Etats Unis puis dans le reste du monde, liée à la culture hip hop autant que rock : des générations d'adolescents et de jeunes adultes se ruinent les genoux et les coudes à tenter ollie, varial flip, 50-50 grind et autres figures plus ou moins acrobatiques.
La Mecque du skate n'est pas le Trocadéro parisien mais bien Los Angeles. Stevie, 13 ans, y vit avec sa mère célibataire un peu dépassée et un grand frère caractériel qui a la fâcheuse habitude de le tabasser pour un oui ou pour un non. Pourtant c'est bien la chambre de Ian, son aîné, qui fait rêver le jeune Stevie : ses murs sont recouverts de posters de Mobb Deep ou Naughty by Nature, groupes indispensables du hip hop de l'époque, et de casquettes de baseball et de skate soigneusement alignées. Mais cet été-là, c'est sa rencontre avec une bande de skateurs, qui animent et squattent une boutique de planches et de street-wear, qui va changer le destin du jeune garçon. Ce sera l'été des premières fois, et des premières transgressions, car le monde du skate et du hip hop s'affranchit joyeusement des lois et de la morale…

A ce moment là de la lecture, certains d'entre vous qui pensent être trop jeunes, trop vieux, trop loin de cet univers, se disent peut-être que ce film n'est pas pour eux. Qu'ils se détrompent ! Tout un chacun peut être touché par la grâce de ce 90'S qui est avant tout un magnifique film d'amitié et d'initiation avant le basculement dans l'âge adulte. Car l'histoire de Stevie, c'est l'histoire de bien des adolescents solitaires qui cherchent, tels des petits animaux abandonnés, une meute pour y trouver le réconfort d'une nouvelle famille. Et Ray, le génial skateur pro, grand frère de substitution, protecteur et philosophe ; Fuckshit, le chien fou qui aime se prendre des murs autant en skate que dans la vie ; Ruben, le jeune latino maltraité par ses parents ; Fourth Grade, le cinéaste amateur parfois un peu crétin… vont constituer cette famille. Une famille qui transcende clivages sociaux et raciaux, autour d'une passion et d'une envie frénétique de dévorer la vie à vitesse de skate lancé à pleine allure dans les rues de la ville.
Le film déborde d'une authenticité saisissante. Il faut dire que Jonah Hill, connu jusqu'ici comme acteur rondouillard dans des comédies, souvent signées Judd Apatow, qu'on ne programme pas à Utopia (mais il donne aussi la réplique à Di Caprio dans Le Loup de Wall Street), a nourri son récit de ses souvenirs d'adolescent solitaire dans le Los Angeles des années 90 dont il restitue merveilleusement l'atmosphère. Les images, en format standard (l'équivalent du 4/3), sont à la fois simples et extrêmement soignées, les personnages existent, vivent, respirent, les séquences de skate en fish eye nous replongent dans l'ambiance de l'époque… Bref c'est formidablement réussi.
Et Jonah Hill a réuni un casting de génie, associant de jeunes prodiges comme Sunny Suljic (déjà saisissant dans La Mise à mort du cerf sacré de Yorgos Lanthimos) dans le rôle de Stevie et d'authentiques figures du skate comme les géniaux Na-Kel Smith qui incarne Ray, le charismatique leader de la bande, et Olan Prenatt, le chevelu Fuckshit, icône et modèle de nombreuses marques de skate depuis son plus jeune âge. Enfin, cerise sur le gâteau, une bande son extraordinaire, nostalgique en diable, concoctée entre autres par Trent Reznor, ancien leader du mythique groupe Nine Inch Nails.