UTOPIA SAINTE BERNADETTE
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SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

À LA VIE À LA MORT
Quelle joie de se retrouver sous les étoiles hier à Berat, en Haute-Garonne!Expo, rencontre et ciné avec Nevada. Quel bonheur.Déjà 200 personnes pour les prémisses d’un nouveau lieu vivant et pluridisciplinaire co animé par les habitants. Ce sont les premières festivités de l’été d’Utopia et du ...

Loi « sécurité globale » : « un outil pour permettre aux forces de l’ordre de cacher leurs dérapages »
Lu dans le journal Le Monde https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/11/05/loi-securite-globale-un-outil-pour-permettre-aux-forces-de-l-ordre-de-cacher-leurs-derapages_6058574_1653578.htmlJournalistes indépendants, collectifs, associations et syndicats se mobilisent contre un texte qu’...

L'AFFAIRE COLLECTIVE

Alexander NANAU - documentaire Roumanie 2020 1h49mn VOSTF - Meilleur film documentaire, European Film Awards. Primé dans une foultitude de festivals à travers le monde.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L'AFFAIRE COLLECTIVE« Ceux qui optent pour le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal. » Hannah Arendt

Amie spectatrice, ami spectateur, il serait bien réducteur de voir en ce film documentaire roumain le simple récit d’un fait divers qui ébranla tout un pays, son gouvernement, la confiance de son peuple en l’État et ses valeurs nationales. L’Affaire Collective est bien plus que cela, c’est un véritable thriller philosophique. Thriller parce que chaque avancée de l’enquête sur les faits relatés, chacun de ses nombreux rebondissements nous sidèrent, nous captivent, nous tiennent en haleine. Philosophique parce que l’on touche ici à la banalité du mal, au grand mystère qui fait que des êtres humains, par simple appât du gain ou du pouvoir, vont sciemment détruire la vie d’autres êtres humains. La réussite éclatante de L’Affaire Collective n’étonnera pas ceux qui ont vu en 2016 le merveilleux Toto et ses Sœurs, précédent film d’Alexander Nanau, portrait bouleversant d’une fratrie de jeunes Roms se débattant pour leur avenir incertain.

Revenons aux origines de l’affaire et du film. Le point de départ en est, en octobre 2015, l’incendie tragique d’une boite de nuit, le « Club Collective » – dont on voit quelques images terribles – qui fit 27 morts, notamment parce que les propriétaires avaient condamné les issues de secours pour éviter une éventuelle resquille. Le constat et le bilan sont secouants. Mais ce sont les événements à venir qui laissent pantois : dans les semaines qui suivent, 37 rescapés décèdent à l’hôpital d’infections nosocomiales. Et à partir de là, les choses prennent un tour kafkaïen. Face aux interrogations des familles endeuillées vont se succéder les révélations – mises en lumière uniquement grâce au courage et à la rigueur de quelques journalistes d’une gazette sportive ! – sur un système de santé corrompu jusqu’à l’os et jusqu’au plus haut sommet de l’état : un engrenage infernal qui a conduit à la mort de 37 jeunes gens. Le scandale va provoquer la chute du gouvernement et l’arrivée d’un jeune ministre de la santé qui va consacrer toute son énergie à nettoyer les écuries d’Augias du système hospitalier roumain.

On pourrait craindre d’être totalement accablé par la description dantesque d’une situation politique et sociale insupportable. Et de fait il y a peu à sauver de cette galerie de responsables d’entreprises pharmaceutiques mafieux, d’hommes politiques qui usent du mensonge avec une aisance outrageante, de directeurs d’hôpitaux qui ont jeté aux orties leur serment d’Hippocrate. Mais face à tous ces gens pourris, il y a de l’humanité et de la grandeur. Il y a cette jeune femme gravement brûlée qui expose son corps meurtri et son visage magnifique pour que jamais on n’oublie. Il y a ce médecin intègre écœuré par le cynisme de ses collègues et qui hurle sa colère face au pouvoir. Il y a ce jeune ministre, fraîchement revenu de l’étranger, qui tente comme il le peut de détricoter tout un système a priori inextricable, redonnant ainsi espoir en la politique. Et puis il y a ces journalistes sportifs qui, au péril de leur vie, ne lâchent rien malgré les menaces, malgré les échappatoires trouvées par les criminels, et qui évoquent les grandes figures de la presse dans les meilleurs films américains. On pense évidemment aux Hommes du président d’Alan Pakula sur le Watergate, ou plus récemment à Spotlight de Tom Mc Carthy sur l’horreur des crimes pédophiles dans le clergé bostonien. Mais aussi à l’ami Denis Robert qui a tout risqué pour faire éclater la vérité sur Clearstream. Et face à la terrifiante décomposition d’un État et de ses valeurs, ces quelques femmes et hommes sauvent à eux seuls l’honneur de l’humanité et redonnent espoir en l’impossible.