MON C.E. ROULE POUR UTOPIA

METTEZ VOTRE PUB
DANS LA GAZETTE !


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Groupe ( >30p.) : 3€
TARIF étudiants, lycéens, collégiens, demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA : 4€ (sur présentation d'un justificatif)

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

LA GAZETTE UTOPIA - N°290 ( du 19 juin au 30 juillet 2019) À TÉLÉCHARGER
Couv-290.jpg, juin 2019 ... Lire LA GAZETTE UTOPIA - N°290 ( du 19 juin au 30 juillet 2019) À TÉLÉCHARGER...

LA GAZETTE UTOPIA - N°289 ( du 15 mai au 18 juin 2019) À TÉLÉCHARGER
Couv-289.jpg, mai 2019 ... Lire LA GAZETTE UTOPIA - N°289 ( du 15 mai au 18 juin 2019) À TÉLÉCHARGER...

LA GAZETTE UTOPIA - N°288 ( du 3 avril au 14 mai 2019) À TÉLÉCHARGER
couv-288-web.jpg, avr. 2019 ... Lire LA GAZETTE UTOPIA - N°288 ( du 3 avril au 14 mai 2019) À TÉLÉCHARGER...

LA GAZETTE UTOPIA - N°287 ( du 27 février au 2 avril 2019) À TÉLÉCHARGER
COUV-287.jpg, mar. 2019 ... Lire LA GAZETTE UTOPIA - N°287 ( du 27 février au 2 avril 2019) À TÉLÉCHARGER...

68, MON PÈRE ET LES CLOUS

Samuel BIGIAOUI - documentaire France 2019 1h24mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

68, MON PÈRE ET LES CLOUSLe monde est immense et toujours surprenant : pas une planète, pas une galaxie, pas un coin de notre terre qui, de l'infiniment grand à l'infiniment petit, ne déploie une diversité que les plus grands explorateurs, savants, docteurs en machin chose ne cessent de découvrir… Plus ils étudient ces espaces infinis, cherchent, fourrent leur nez dans tous les recoins les plus éloignés d'un univers qui ne cesse de se déployer et plus l'horizon se déplace. On le supputait déjà, depuis notre petit carré d'ignorance : plus on sait et plus on découvre que l'on ne sait rien.
Il en va de même pour le cinoche : les sources d'inspirations ne sont pas près de se tarir et plus on plonge dans l'intime et plus on flirte avec l'universel et plus le cinéma surprend par sa capacité de renouvellement. Tenez, par exemple, ce film-là, 68, mon père et les clous

C'est une petite quincaillerie qui ne paie pas de mine, en plein cœur du Quartier latin, rue Monge. On y trouve tout ce qui est nécessaire pour installer le quotidien basique d'une vie, depuis les pitons pour tableaux aux cartons pour collectionneur de papillons.
Cette boutique, où toutes sortes de destins se croisent, est d'abord un havre d'humanité : on vient s'y ressourcer, y papoter pour se changer les idées, faire le plein de chaleur humaine avec un patron qui lui non plus ne paie pas de mine, mais est une source inépuisable d'étonnement. Qu'est ce qui a pu pousser à choisir de vendre des clous, il y a 30 ans, ce sympathique Jean qui s'apprête à plier boutique ? Militant de la gauche prolétarienne, engagé jusqu'au trognon, intellectuel diplômé de partout… il aurait pu prétendre à un rôle de premier de cordée, comme dirait l'autre.
Depuis, il n'a cessé de faire de ce lieu ordinaire un point de ralliement pour une humanité de proximité aussi diverse et riche que banale, aussi anonyme qu'attachante : un boucher trotskiste, un tireur d'élite russe qui a fui son pays, une immigrée croate, une bourgeoise… De tous les milieux, de tous les pays, de tous les âges. C'est son fils qui le filme, le poursuit de questions dans les recoins de son magasin, capte les échanges sans en modifier le cours…
Dans cette boutique au bric-à-brac magique se croise l'incroyable diversité de la fourmilière humaine et les récits de vies des uns et des autres brassent avec humour quelques vérités fondamentales, racontent l'histoire d'une époque mouvante entrecoupée de drôleries et de moments d'émotion. Ici on parle cinéma, politique, bricolage, société. On y partage un café, les pâtisseries de fin de Ramadan. On y philosophe tout en brassant les petites contrariétés de base. Les meilleurs copains de Jean sont des vieux militants, intellectuels de haut vol ayant fait le choix d'une vie modeste, curieux de tout, toujours bienveillants, jamais amers. La poignée de salariés qui travaillent dans la boutique essuient une larme et racontent l'attachement au lieu, leur amitié pour Jean, le rôle qu'il a joué dans leur vie… Zora rigole : vous seriez un bon psychanalyste, revendique d'avoir le monopole du balai et son fils ironise sur son mauvais sens des affaires, le fric perdu. Les clients se désolent de voir disparaître cette caverne d'Ali Baba qui leur fournissait des clous et tant d'autres choses, escamotent leur émotion dans une pirouette.

Samuel, le réalisateur et fils de Jean, filme avec sa tête, son cœur et beaucoup de talent, le montage est vif et signifiant. Il y a de la tendresse et de la fierté quand la caméra regarde son père partir vers sa nouvelle vie, ne reniant rien de l'ancienne, une vie qui ne devait rien au hasard mais à des choix, faite de sens et nourrie de belles rencontres. Superbe !