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« Seul(e) sur une île déserte, confiné(e) avec un film » : Guillaume Brac
Guillaume Brac, réalisateur : nous avons programmé tous ses films depuis Le naufragé / Un monde sans femme (2012), Tonnerre (2014), Contes de Juillet (2018) et L’île au trésor (2018). Guillaume Brac est venu présenter ce dernier documentaire autour de la Base De Loisirs Cergy et son film Tonnerr...

Message du Théâtre de l'Usine : « En attendant de vous retrouver ! »
Chères spectatrices, chers spectateurs,Suite aux décisions prises par le gouvernement pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, le Théâtre de l’Usine reste fermé jusqu’à nouvel ordre afin de protéger la santé de chacun d’entre nous. L’ensemble des représentations programmées sont à ce jour annu...

« Seul(e) sur une île déserte, confiné(e) avec un film »
Jérôme Soubeyrand, comédien, scénariste et réalisateur que nous avons reçu en décembre 2014 pour la présentation de son film Ceci est mon corps en compagnie de son actrice Laetitia Lopez. Ceci est mon corps est mis en visionnage libre toute cette semaine (dans les films confinés, liens dans la c...

JOURNAL DE BORD D'UN CINÉMA FERMÉ
  LE FACEBOOK UTOPIA95 Mercredi 1er avril 2020 ou comment apprendre à vivre avec le Covid 19(on a raté les 18 épisodes précédents, c’est pour ça qu’on n’y comprend rien) Chers amis utopiens confinés, A l’heure où quelques écrivain(e)s se confi(n)ent  dans des journaux plus ou moins intimes (on v...

FANNY ET ALEXANDRE

Écrit et réalisé par Ingmar BERGMAN - Suède 1982 5h18mn VOSTF - avec Bertil Guve, Pernilla Allwin, Pernilla August, Börje Ahlstedt, Harriet Anderson... Présenté en deux parties, qu'il faut impérativement voir dans l'ordre. Fanny & Alexandre 1 : 2h51 - Fanny & Alexandre 2 : 2h27.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

FANNY ET ALEXANDREC’est peut-être la plus belle surprise de cet été cinéphile : la version longue de Fanny et Alexandre, réalisée pour la télévision et considérée par Ingmar Bergman comme la version originale de son chef-d’œuvre – le montage cinéma (3h08) destiné à l’exploitation internationale n’était qu’une pure concession regrettée par le cinéaste –, est enfin visible en salles, pour la première fois en France. Elle était disponible en DVD, mais la découvrir sur grand écran est un privilège longtemps espéré.

Formellement, Fanny et Alexandre est très différent de tout ce que le cinéaste a pu faire auparavant : c’est une saga familiale située dans la Suède du début du xxe siècle, constituée de plusieurs chapitres tous confinés dans quelques intérieurs et un théâtre. Des gros plans de l’eau du fleuve traversant la ville viennent scander le récit, symbole de l’écoulement du temps, avec ses tourbillons et ses moments d’accalmie. Le classicisme de la mise en scène et l’écriture chorale détonnent avec l’épure parfois expérimentale des précédents films de Bergman, qui se rapproche ici de Visconti ou de Renoir. Mais les thèmes, eux, demeurent les mêmes : la conjugalité (plusieurs couples s’aiment ou se déchirent, séparés par la vie et la mort), la sensualité (le priapisme joyeux de l’oncle), névroses et hystéries féminines en tous genres, angoisse métaphysique devant Dieu et le néant… à la différence que Fanny et Alexandre, touché par la grâce et la sérénité, affiche un optimisme inhabituel chez Bergman.
Mais le véritable sujet de ce film décidément magnifique, c’est la vie même, dans sa globalité, sa diversité et son unicité. A travers les différentes étapes de la vie d’un homme et d’une femme, Bergman parvient à évoquer les émotions, les sentiments et les réflexions liés à chaque âge de l’existence, livre un récit édifiant, itinéraire moral et roman d’apprentissage où le courage, la solidarité, l’intelligence, la culture et la raison, l’imagination, sans oublier l’amour finissent par triompher de la folie, de l’envie et de l’obscurantisme. C’est un Bergman enfin apaisé, capable d’accepter les bonheurs et les malheurs de la vie et l’approche de la mort qui tire sa révérence dans Fanny et Alexandre.

Le film débute par un enfant, Alexandre, jouant avec des figurines dans un théâtre miniature. On le verra ensuite donner dans sa chambre une représentation de lanterne magique à des petites filles, avec son cortège de fantômes et d’ombres menaçantes, annonciatrices des malheurs à venir, et aussi des apparitions et manifestations surnaturelles qui scanderont le récit.
La première partie se déroule lors d’un fastueux réveillon du 24 décembre, vivant, coloré et chatoyant, qui contraste avec la longue période d’austérité et de terreur qui couvre ensuite la mort du père de Fanny et Alexandre et le remariage de leur mère avec le redoutable archevêque protestant Vergerus, incarnation du Mal absolu puisque derrière le masque de l’homme d’église vertueux se cache un monstre vénal, jaloux, hypocrite, sadique et antisémite.
Bergman se projette dans ce jeune garçon à la fois metteur en scène (déjà) et spectateur, un pied dans le monde enchanté des rêves et de la représentation, l’autre dans le monde des adultes, observateur inquiet ou dégoûté de leurs turpitudes. Alexandre (Fanny restera un peu en retrait, plus jeune, admirative et solidaire de son frère) est une figure admirable dans son combat contre son beau-père, sa haine précoce de Dieu, son amour pour sa mère, son intelligence des choses et du monde…

(O. Père, arte.tv)