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« Seul(e) sur une île déserte, confiné(e) avec un film » : Guillaume Brac
Guillaume Brac, réalisateur : nous avons programmé tous ses films depuis Le naufragé / Un monde sans femme (2012), Tonnerre (2014), Contes de Juillet (2018) et L’île au trésor (2018). Guillaume Brac est venu présenter ce dernier documentaire autour de la Base De Loisirs Cergy et son film Tonnerr...

Message du Théâtre de l'Usine : « En attendant de vous retrouver ! »
Chères spectatrices, chers spectateurs,Suite aux décisions prises par le gouvernement pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, le Théâtre de l’Usine reste fermé jusqu’à nouvel ordre afin de protéger la santé de chacun d’entre nous. L’ensemble des représentations programmées sont à ce jour annu...

« Seul(e) sur une île déserte, confiné(e) avec un film »
Jérôme Soubeyrand, comédien, scénariste et réalisateur que nous avons reçu en décembre 2014 pour la présentation de son film Ceci est mon corps en compagnie de son actrice Laetitia Lopez. Ceci est mon corps est mis en visionnage libre toute cette semaine (dans les films confinés, liens dans la c...

JOURNAL DE BORD D'UN CINÉMA FERMÉ
  LE FACEBOOK UTOPIA95 Mercredi 1er avril 2020 ou comment apprendre à vivre avec le Covid 19(on a raté les 18 épisodes précédents, c’est pour ça qu’on n’y comprend rien) Chers amis utopiens confinés, A l’heure où quelques écrivain(e)s se confi(n)ent  dans des journaux plus ou moins intimes (on v...

DONNE-MOI DES AILES

Nicolas VANIER - France 2019 1h53mn - avec Jean-Paul Rouve, Mélanie Doutey, Louis Vazquez, Fred Saurel, Lilou Fogli... Scénario de Matthieu Petit et Christian Moullec.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DONNE-MOI DES AILESNicolas Vanier qui a voué sa vie à la nature et au monde animal, se mobilise sans relâche pour leur défense, et on ne peut que constater qu’il filme magnifiquement cette nature, notamment dans ses documentaires polaires, Le Dernier trappeur ou L’Odyssée blanche, témoignant d’une impressionnante maîtrise pour filmer la faune des contrées les plus septentrionales de notre globe.
Dans Donne-moi des ailes, il allie ses deux talents : suivre les animaux au plus près et raconter de belles histoires destinées à un public familial, de l’écolier à ses grands-parents. L’histoire du film, bien que largement romancée, est directement inspirée de la vie et du combat d’un génial dingo, Christian Moullec, qui co-signe d’ailleurs le scénario. Météorologue de formation et ornithologue par passion, Christian Moullec, inspiré par le zoologiste autrichien Konrad Lorenz, a eu l’idée d’utiliser sa pratique assidue de l’ULM pour suivre dans leur périple les oiseaux migrateurs et plus précisément les oies naines. Mais il est allé plus loin en se disant qu’il était possible de les guider vers de nouvelles voies migratoires alors que celles que les oies empruntaient jusque là, à travers des zones agricoles traitées aux pesticides, à proximité d’aéroports ou de zones très touchées par la pollution lumineuse, pouvaient les menacer et à terme provoquer le déclin de l’espèce. Un autre grand cinéaste animalier, Jacques Perrin, s’était d’ailleurs attaché les services de Christian Moullec pour son Peuple migrateur.

Christian (Jean-Paul Rouve) habite en Camargue, et il attend son fils dont il n’a la garde que pendant les vacances, tout en préparant fébrilement son ULM pour sa grande expédition. Mais voilà : l’adolescent, comme n’importe quel gamin qui vit à la ville, n’a qu’une crainte, c’est que, dans la maison isolée de son père au bord des marais, il n’y ait pas de réseau, et sans doute pas de wifi, et pour lui, les vacances loin de tous réseaux sociaux s’annoncent d’une sinistrose absolue. Et puis, petit à petit, alors que l’expérience se développe et que les ailes de l’ULM se montent, Thomas commence à s’intéresser à la grande aventure paternelle. Si bien que l’expédition va être aussi l’occasion de resserrer entre le père et le fils des liens qui s’étaient sérieusement distendus.
Au-delà de la romance familiale assez touchante, Donne-moi des ailes vaut évidemment surtout pour ses superbes images vues du ciel, au côté des oies naines qui vont nous emmener d’un bout à l’autre de l’Europe, depuis la Norvège septentrionale jusqu’à la Méditerranée, une aventure d’autant plus périlleuse que le scientifique, auquel personne ne croit, a falsifié les autorisations nécessaires.

Ajoutons que le film s’avère de salut public puisque Nicolas Vanier répète à l’envi et à juste raison qu’en trente ans l’Europe a perdu un tiers de sa population d’oiseaux, soit 430 millions d’individus ! Et le réalisateur sincèrement engagé qu’il est dit clairement son bonheur – alors que de nombreux jeunes, dans le sillage de la suédoise Greta Thunberg, se mobilisent pour l’écologie – de voir la Ligue de Protection des Oiseaux et l’Education nationale s’associer pour défendre le message de son film.