MON C.E. ROULE POUR UTOPIA

METTEZ VOTRE PUB
DANS LA GAZETTE !


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Groupe ( >30p.) : 3€
TARIF étudiants, lycéens, collégiens, demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA : 4€ (sur présentation d'un justificatif)

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

LE PROGRAMME UTOPIA 299 - DU 30 SEPTEMBRE AU 10 NOVEMBRE 2020 (À TÉLÉCHARGER)
  ... Lire LE PROGRAMME UTOPIA 299 - DU 30 SEPTEMBRE AU 10 NOVEMBRE 2020 (À TÉLÉCHARGER)...

LE PROGRAMME UTOPIA 298 - DU 19 AOÛT AU 29 SEPTEMBRE 2020 (À TÉLÉCHARGER)
  ... Lire LE PROGRAMME UTOPIA 298 - DU 19 AOÛT AU 29 SEPTEMBRE 2020 (À TÉLÉCHARGER)...

FERMETURE ESTIVALE
FERMETURE.jpg, août 2020 ... Lire FERMETURE ESTIVALE...

EN ATTENDANT LA VERSION PAPIER LE PROGRAMME DE RÉOUVERTURE - DU 1ER JUILLET AU 4 AOÛT 2020
UTOPIA-297 ... Lire EN ATTENDANT LA VERSION PAPIER LE PROGRAMME DE RÉOUVERTURE - DU 1ER JUILLET AU 4 AOÛT 2020...

Couvre-feu : toutes les séances de 20h30 sont annulées, nous faisons en sorte que les séances de 18h30/45 vous laissent le temps de rentrer chez vous avant les 12 coups du couvre-feu à 21h (modification ou suppression des bandes-annonce, lancement des films sans retard). Le port du masque est obligatoire dans tout le cinéma et également pendant la séance (en cas d'oubli, vous aurez la possibilité d'acheter un masque jetable en caisse pour 50 cts). Le principe de distanciation un fauteuil sur deux est toujours en vigueur (les groupes peuvent se mettre côte à côte, en laissant un fauteuil de part et d’autre).

A DARK, DARK MAN

Écrit et réalisé par Adilkhan YERZHANOV - Kazakhstan 2019 1h50mn VOSTF - avec Daniyar Alshinov, Dinara Baktybayeva, Teoman Khos...

Du 14/10/20 au 27/10/20

A DARK, DARK MANCe film d’une puissance visuelle et narrative hors du commun porte bien son titre : il est aussi « noir, noir » que son personnage principal, mais il en a aussi son humour, dont on vous laisse deviner la tonalité. Et si un peu de blanc virginal résiste, il se pourrait bien qu’il soit engouffré à son tour dans des ténèbres insondables…
Le début du film nous captive d’entrée, intrigant, étrange, et nous met tous les sens aux aguets… Au milieu d’un grand champ de maïs asséché par le soleil, un homme enfantin, un de ces personnages simplets qui ne feraient pas de mal à une mouche, joue à colin-maillard avec ce que l’on pense être ses deux grands enfants : une adolescente joufflue un peu gauche et un garçonnet fluet. Sans mot dire, patiemment, ils le font tourner en bourrique. Taquins, affectueux, incapables d’être sérieux, de rêver d’autre chose que du temps présent. Discrètement présents tout au long du récit, ils l’émailleront de respirations poétiques et salutaires, apportant un peu d’air frais porteur d’un vague espoir. En attendant, quelques instants plus tard, notre brave zigue, dénommé Pukuar, suit docilement un homme sombre qui observait la scène à l’orée du champ. On découvrira bien assez tôt que le patibulaire fait partie de la police. Une police sans foi ni loi, capable de fabriquer des preuves et des suspects à la pelle pour couvrir les coupables véritables, tant que cela rapporte. Il faudra quelques instants pour agencer les morceaux de cette saisissante entrée en matière au silence retentissant. On reste interdit devant le cynisme de cette mafia locale, son indifférence violente. Bienvenue dans la zone de non-droit du Kazakhstan.

Avec son grand chapeau de cowboy, son allure dégingandée, son air brave, Bekzat dépare un peu au milieu des vilains. Le jeune flic suit cependant le mouvement, obéissant à ses chefs, acceptant les bakchichs. A-t-il vraiment le choix ? Quand on lui demande de mener rondement cette affaire, il s’exécute, comme à son habitude, nonchalamment mais sans remords… du moins un temps… Car, contre toute attente, un frémissement de conscience va naître chez lui, d’ordinaire apathique. C’est peut-être l’embryon d’une goutte d’eau qui fera déborder la coupe. Car quoi de plus amoral que de piéger un être aussi innocent et impuissant que Pukuar, infoutu d’anticiper ce qui va fatalement lui tomber sur la tête, capable de brader sa vie et sa liberté pour deux barres chocolatées ?
L’arrivée d’une jeune journaliste, chargée d’enquêter en parallèle sur ce qui se révèle être une sordide affaire de mœurs, n’arrangera pas les affaires de Bekzat, qui va se retrouver piégé dans un imbroglio inextricable, pris en tenaille entre l’injonction pressante de ses supérieurs hiérarchiques, l’image qu’il a envie de renvoyer à la belle et son incapacité à continuer d’ignorer une injustice toujours plus criante…

Comme dans son déjà excellent La Tendre indifférence du monde (montré chez nous il y a deux ans), Adilkhan Yerzhanov manie avec maestria les clairs obscurs, les contrastes et contradictions d' une humanité dont la part lumineuse vacille devant la noirceur sordide des âmes. À l’arrière plan, les steppes sans limite, les majestueuses chaînes de montagnes et leurs neiges éternelles font paraître les hommes bien petits et miséreux. Pantins peu recommandables, prisonniers de destinées peu enviables… A great dark, dark, movie !