MON C.E. ROULE POUR UTOPIA

METTEZ VOTRE PUB
DANS LA GAZETTE !


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Groupe ( >30p.) : 3€
TARIF étudiants, lycéens, collégiens, demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA : 4€ (sur présentation d'un justificatif)

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

LE PROGRAMME UTOPIA 299 - DU 30 SEPTEMBRE AU 10 NOVEMBRE 2020 (À TÉLÉCHARGER)
  ... Lire LE PROGRAMME UTOPIA 299 - DU 30 SEPTEMBRE AU 10 NOVEMBRE 2020 (À TÉLÉCHARGER)...

LE PROGRAMME UTOPIA 298 - DU 19 AOÛT AU 29 SEPTEMBRE 2020 (À TÉLÉCHARGER)
  ... Lire LE PROGRAMME UTOPIA 298 - DU 19 AOÛT AU 29 SEPTEMBRE 2020 (À TÉLÉCHARGER)...

FERMETURE ESTIVALE
FERMETURE.jpg, août 2020 ... Lire FERMETURE ESTIVALE...

EN ATTENDANT LA VERSION PAPIER LE PROGRAMME DE RÉOUVERTURE - DU 1ER JUILLET AU 4 AOÛT 2020
UTOPIA-297 ... Lire EN ATTENDANT LA VERSION PAPIER LE PROGRAMME DE RÉOUVERTURE - DU 1ER JUILLET AU 4 AOÛT 2020...

Couvre-feu : toutes les séances de 20h30 sont annulées, nous faisons en sorte que les séances de 18h30/45 vous laissent le temps de rentrer chez vous avant les 12 coups du couvre-feu à 21h (modification ou suppression des bandes-annonce, lancement des films sans retard). Le port du masque est obligatoire dans tout le cinéma et également pendant la séance (en cas d'oubli, vous aurez la possibilité d'acheter un masque jetable en caisse pour 50 cts). Le principe de distanciation un fauteuil sur deux est toujours en vigueur (les groupes peuvent se mettre côte à côte, en laissant un fauteuil de part et d’autre).

UN PAYS QUI SE TIENT SAGE

David DUFRESNE - documentaire France 2020 1h26mn - avec les participations croisées de journalistes, de chercheurs, de militants, de syndicalistes policiers… et d’Alain Damasio...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UN PAYS QUI SE TIENT SAGE« Môme ! On ne dit pas les sergents de ville, on dit les cognes ! » (Victor Hugo, Les Misérables, 1862)

« Cogne », mot d’argot qui désigne depuis le xviiie siècle, aussi bien chez Hugo que chez Brassens, un gendarme ou un policier, vient bien évidemment de « cogner ». On le voit, ce n’est donc pas d’hier que les rapports du Peuple français et de la (nécessaire) force publique – sensément « instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée » (nous dit la Déclaration des droits de l’homme de 1789) – sont compliqués, voire tendus. Pour le moins. Journaliste indépendant, observateur attentif et intransigeant de la vie publique (on lui doit de formidables enquêtes, livres et web-documentaires sur Tarnac, sur le système carcéral américain, sur Pigalle…), David Dufresne s’est fait remarquer très tôt au début de la lutte des Gilets jaunes, en créant le projet Allô, place Beauvau ? : une tentative de répertorier de façon la plus exhaustive possible les violences policières qui lui remontaient de toute la France. Un travail de fourmi, passionnant et édifiant, qui a fait instantanément de lui la bête noire des responsables et acteurs du maintien de l’ordre. Il en a fait la matière d’un livre, mi-roman mi-enquête, Dernière sommation, et donc de ce film documentaire saisissant.

Le dispositif du film est à la fois simple et rigoureux : sur un écran de cinéma sont projetées des images de manifestations et de leur répression par les forces de police – images brutes, face auxquelles réagissent divers intervenants. Des images dures, crues, bouleversantes, souvent filmées par les victimes elles-mêmes, des personnes de leur entourage ou des militants, qui battent en brèche la thèse officielle, la fable diront certains, selon laquelle il n’y aurait de la part des forces de l’ordre qu’un « usage proportionné de la violence », en rapport avec les agressions dont les premières victimes sont les policiers.
Mais au-delà de l’émotion, la force du film de Dufresne est de poser, avec l’aide d’historiens, de sociologues, de spécialistes du droit, et de policiers les questions fondamentales de la légitimité de l’usage de la violence par les forces de l’ordre. Le film s’ouvre sur la phrase de Max Weber : « Un État est une communauté humaine qui revendique le monopole de l’usage légitime de la force physique sur un territoire donné », une phrase, souvent citée et détournée de son sens initial pour légitimer les violences policières, autour de laquelle s’articule le film. Avec des écrivains comme Alain Damasio ou des historiennes comme Ludivine Bantigny, il est rappelé que toute la subtilité tient dans le mot « revendique ». Qui peut revendiquer la légitimité de la violence ? A fortiori dès lors que le pouvoir est de moins en moins accepté par toute une catégorie sociale qui ne s’y retrouve plus. David Dufresne a l’intelligence de donner la parole à un général de gendarmerie et à deux syndicalistes policiers, ce qui occasionne de passionnants échanges avec l’historienne Ludivine Bantigny ou avec le journaliste Taha Bouhafs, à l’origine des révélations de l’affaire Benalla.

Au-delà des Gilets jaunes, David Dufresne décrypte plus globalement un système qui fait que la violence policière s’exerce principalement sur les habitants des quartiers populaires. Et cite en premier lieu – c’est évidemment ce triste épisode qui donne son titre à son film d’utilité publique – les images édifiantes des lycéens de Mantes la Jolie, contraints de s’agenouiller tandis qu’un policier goguenard les filme et s’exclame : « Voilà une classe qui se tient sage ! ». C’est clair, net – et, si l’on ose dire, sans bavure.