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Le blog des profondeurs...
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Le cinéma et le bistrot d'Utopia Tournefeuille sont fermés jusqu'au 12 août
Le lieu sera fermé jusqu’au 12 août pour réalisation des grosses œuvres afin de conforter le terrain qui héberge le cinéma. En effet un affaissement du terrain concernant l’annexe de la salle 1, sortie de secours côté bistrot, a mis à rude épreuve notre bâtiment, comportant de problèmes divers e...

SOS Méditerranée lance un appel aux dons
Chères citoyennes, chers citoyens,À l’heure où nous vous écrivons, l’Ocean Viking fait route vers la Méditerranée centrale pour porter secours aux personnes en détresse en mer. Durant ces dernières semaines et suite à la fin de notre partenariat médical avec Médecins Sans Frontières, nous avons dû n...

Pour un cinéma durable et des rencontres d’une nuit (par Anna Pitoun)
La chance quand on est réalisatrice de films documentaires c’est que vos travaux suscitent des débats. Alors on vous invite. Pour une soirée, une matinée. A une rencontre avec le public. C’est l’une des choses que je préfère. Ces moments d’échange, quand la lumière se rallume et que les spectateurs ...

Atelier d'écriture YAKSA 7 : Kévin
La première fois que je l’ai vu, c’était à mon anniversaire, il était sorti d’un énorme gâteau avec des oreilles de lapin et un pompon blanc coincé entre les fesses. On peut pas vraiment dire que ce soit mon genre de mec mais il s’était passé un truc, je ne sais pas quoi exac...



STEVE BANNON, LE GRAND MANIPULATEUR

(The Brink) Alison KLAYMAN - documentaire USA 2019 1h31mn VOSTF - avec Steven K. Bannon, Nigel Farage, Jérôme Rivière, Louis Aliot, Mischaël, Paul Gosar, Filip Dewinter, Kent Ekeroth, Matteo Salvini...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

STEVE BANNON, LE GRAND MANIPULATEURL'embonpoint décomplexé, l'œil torve mais le regard acéré, le sourire rare et enjôleur, le cheveu gras et la lippe gourmande, courtois et séduisant en représentation mais volontiers débraillé et goguenard dans l'intimité, tel se présente l'homme dont on dit (et lui le premier) qu'il a « fait » l'élection de Donald Trump – qu'il est en quelque sorte le Pygmalion d'un des hommes les plus puissants (et les plus dangereux) de la planète, par ailleurs l'un des pires présidents qu'aient connu les États-Unis d'Amérique. Représentant auto-proclamé de l'aile nationaliste la plus conservatrice, la plus démagogiquement populiste de l'électorat de Trump, il en assimile sans ciller la nature profondément xénophobe, raciste, antisémite, misogyne, homophobe, on en passe et des meilleures. Incontestablement intelligent et beau parleur, roué comme un vendeur de polices d'assurance, il n'a pas son pareil pour haranguer une foule, retourner un contradicteur, désamorcer la critique, passionner son interlocuteur… Pourtant, nommé « Haut conseiller et chef de la stratégie » de Trump en novembre 2016 (il est à la manœuvre lorsque les USA se retirent de l'accord de Paris sur le climat), son engagement suprémaciste blanc radical fait tâche à la Maison Blanche et il est gentiment poussé vers la sortie après les rassemblements d'extrême-droite « Unite the right » de Charlottesville. C'est à ce moment-là, tombé en relative disgrâce, qu'il rappelle la productrice qui lui avait proposé de réaliser un film sur son engagement politique… Car l'homme a en outre un égo grand comme l'Everest – et c'est probablement l'unique raison pour laquelle ce film existe.

Tout entier dévoué à la mission politique quasi divine qu'il pense être la sienne, pour résumer l'avènement de l'Internationale libérale-populiste, il dirige comme un entrepreneur sa petite entreprise familiale, fait et défait la petite cour qui l'entoure, parcourt le globe en tous sens, joue de ses influences, crée des alliances entre les partis nationalistes, conseille et à l'occasion finance les extrêmes-droites européennes.
« Vous voulez que vos ennemis soient des monstres, mais en vérité, ils sont humains, et pour moi, c’est ce qui les rend le plus effrayants ». Alyson Klayman a vécu pendant plus d'un an dans l'ombre du militant, de l'homme d'affaires, de l'entremetteur, du bonimenteur… Elle filme au jour le jour la patiente reconstruction de l'animal politique, ses prestations, ses rencontres, ses ambitions, s'efforçant simplement de mettre méthodiquement à jour le danger qu'ils représentent, lui et son action. Toute l'ambiguïté du projet, toute sa singularité – mais aussi tout son intérêt, toute sa force et toute sa pertinence – tiennent en une question : est-il possible, en toute subjectivité, de faire, sans le trahir, le portrait de quelqu'un qu'on considère probablement comme son pire ennemi politique ? À la fois avec lui (avec son accord, mieux : avec sa participation) et contre lui. Le projet du film, véritable voyage embarqué aux racines du mal, est de toute évidence d'envoyer un message d'alerte aux spectateurs du monde entier. Au risque de se prendre au piège de la sympathie que le personnage, charmeur, ambigu, peut inspirer.

Après un an passé à côtoyer la sphère nationaliste américaine et européenne, Alison Klayman a toutes les raisons de craindre le renforcement de l'extrême-droite internationale. « C'est notre tour », aiment à dire ses dirigeants. « Le danger est réel », nous alerte-t-elle.