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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



L’ADIEU

(THE FAREWELL) Écrit et réalisé par Lulu WANG - USA 2019 1h41mn VOSTF - avec Akwafina, Tzi Ma, X Mayo, Ines Laimins, Yang Li Xiang...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L’ADIEUVoilà une heureuse surprise toute simple, toute jolie, qui évoque à la fois le déchirement de l'exil et la douleur de la séparation d'avec nos anciens, auxquels nous pensons souvent mais que les vicissitudes de la vie ont éloignés de nous.
Billi est pourtant loin du cliché de l'exilée. Elle est une trentenaire new-yorkaise branchée, qui cherche apparemment sa voie dans l'art. Mais Billi n'est pas née américaine, elle a quitté enfant la Chine, laissant là-bas Nai Nai, sa grand mère bien aimée, avec qui elle est souvent rivée au téléphone bien que plusieurs milliers de kilomètres les séparent : il suffit que la voix de Nai Nai soit hésitante pour que la jeune femme s'en inquiète. La vie pourrait continuer ainsi longtemps, les communications modernes palliant temporairement le manque affectif. Mais à l'autre bout de la terre, dans un hôpital de la province septentrionale du Dongbei (l'ancienne Mandchourie), un drame se noue. Nai Nai, qui l'a soigneusement caché à sa petite fille, passe des examens médicaux, et les médecins apprennent à sa sœur un diagnostic peu rassurant : la vieille dame est atteinte d'un cancer des poumons en phase terminale, lui laissant une espérance de vie très limitée. On l'apprend seulement à sa sœur, la grand-tante de Billi, parce que la tradition chinoise, tout à l'opposé des us médicaux occidentaux, veut qu'on cache la vérité aux malades directement concernés : un proverbe chinois dit que c'est la peur qui tue le malade bien plus que le cancer lui-même.

Rapidement toute la famille, dispersée en Chine et dans le monde entier, est au courant. On prend dans l'affolement une décision quelque peu absurde : précipiter le mariage prévu par un jeune cousin de Billi avec sa fiancée japonaise pour organiser un banquet en Chine où tout le monde pourra voir une dernière fois Nai Nai. Mais la famille refuse que Billi fasse le voyage, car on « lit en elle comme dans un livre ouvert » et tout le monde est persuadé qu'elle craquera et révélera la vérité à sa grand-mère. Ça ne va évidemment pas empêcher la jeune femme de prendre d'elle même un avion et d'arriver à l'improviste.
Et tout va prendre un tour étrange puisque Nai Nai, qui semble en pleine forme, prépare activement les festivités du mariage pendant que toute la famille paraît amorphe et accablée par la tristesse (ce qui donnera d'ailleurs une scène de discours de mariage tragi-comique)…

La cinéaste sino-américaine Lulu Wang, s'appuyant sur sa propre histoire, ne tombe jamais dans le mélo et réussit un beau drame familial sur le mensonge comme acte d'amour, explorant au passage avec tendresse les mutations de son pays d'origine, en proie à l'urbanisation et à la modernité galopantes tout en tentant de préserver coûte que coûte quelques traditions séculaires. On notera la prestation savoureuse de tous les acteurs et particulièrement de la rappeuse féministe new-yorkaise Akwafina, qui compose tout en subtilité le personnage de Billi.