LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS APPELER

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Première séance à 4,5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Gébé, on arrête tout, on réfléchit / L'AN 01
Si, après avoir vidé votre PEL pour aider Utopia à concrétiser le projet de cinéma du futur à Pont Sainte Marie, il vous reste 3 sous d’épargne à dilapider dans la joie et la bonne humeur…On était très heureux de recevoir Pierre Carles à Utopia Borderouge, pendant le dernier festival du film gro...

lu dans BOX-OFFICE PRO : "Vers Troyes, Utopia fait appel au financement citoyen"
Le réseau indépendant, qui a obtenu le permis de construire le 19 octobre, a lancé une vaste campagne de financement participatif pour son projet de cinéma à Pont-Sainte-Marie, dans l’Aube.« Il est temps que le cinéma passe au vert ! » Déterminée, Anne Faucon a décidé de franchir une nouvelle ét...

La cagnotte ULULE pour UTOPIA, ça marche !
Petit point d’étape : plus de 70% collectés en quelques jours auprès de 171 contributeurs : c’est un peu la classe ! Et le signe que, malgré la morosité ambiante, on y croit un bon peu à ce monde meilleur ! Il reste un mois et quelques pour compléter, voir enrichir encore notre projet. Que vous ...

Le cinéma et le bistrot d'Utopia Tournefeuille sont fermés jusqu'au 12 août
Le lieu sera fermé jusqu’au 12 août pour réalisation des grosses œuvres afin de conforter le terrain qui héberge le cinéma. En effet un affaissement du terrain concernant l’annexe de la salle 1, sortie de secours côté bistrot, a mis à rude épreuve notre bâtiment, comportant de problèmes divers e...

MATERNAL

Écrit et réalisé par Maura DELPERO - Argentine 2019 1h31mn VOSTF - avec Lidiya Liberman, Denise Carrizo, Agustina Malale, Isabella Cilia...

Du 02/12/20 au 08/12/20 à Tournefeuille

MATERNALC’est un film subtil et intense, aussi peu manichéen que possible, qui nous plonge au cœur d’un hogar religieux argentin, exclusivement féminin : foyer géré par des femmes (les religieuses), accueillant des filles mères adolescentes…
Lu et Fatima ont 17 ans et, comme toutes les autres pensionnaires, se dépatouillent mal de leur maternité récente : prises entre les pulsions bouillonnantes de vie des filles de leur âge et ces responsabilités nouvelles qu’elles ne savent par quel bout prendre, l’impossibilité de s’assumer économiquement les a poussées à chercher refuge dans cette austère demeure.
On pourrait s’étonner que les religieuses du hogar, ne réagissent pas plus aux tenues provocantes, aux maquillages exagérés, aux fugues de leurs jeunes pensionnaires : c’est que sous leurs airs un peu revêches, elles sont néanmoins des bienveillantes. La vieille directrice en a tant vu passer de toutes les couleurs qu’elle semble comprendre ce mal de vivre dont sa foi la préserve… sans pour autant l’aveugler : vouée à servir Dieu elle veille sur ses créatures, fussent-elles un peu perdues, respectueuse de leurs fragilités.

Quand Paola, novice à peine plus vieille que les jeunes mères qui sont là, déboule d’Italie (ce hogar a été créé par des religieuses italiennes) pour achever sa formation de religieuse et prononcer ses vœux, c’est comme un rayon de soleil qui pénètre l’univers étouffant de cet entre soi dont les enfants et les ventres ronds sont le centre. Lu vient de se tirer, ne supportant plus l’enfermement, entichée d’un garçon qu’on ne verra pas, illusion passagère d’un amour improbable… laissant à ses copines son adorable petite fille aussitôt éblouie par le sourire lumineux de Paola. Entre la petite fille délaissée et la jeune fiancée de Dieu, une relation douce s’installe, substitut maternel qui laisse deviner que pour être au bord de prononcer ses vœux, elle n’est pas exempte du désir d’être femme et que l’amour total de Dieu n’est pas antinomique d’un amour profond pour ces humains qu’il a tiré de la glaise… si l’on en croit la Bible.
Le principal personnage du film, au fond, c’est la maternité : absente pour les unes, trop précoce pour les autres, mais dans tous les cas, les femmes de ce foyer ont une relation complexe et ambiguë à leur enfant, à leur corps, aux autres : l’instinct maternel est il associé aux liens du sang ? La grande richesse du film est d’arriver avec empathie, compréhension fine mais à bonne distance, à capter les vibrations humaines entre attirance et doute, le désir d’être mère et la peur de l’être ou de ne pas savoir… ne prenant pas parti entre des sentiments contradictoires : l’humanité est ainsi, à la fois simple et complexe et ce film-là sait regarder sans juger, simple et profond.

C’est le premier film de fiction d’une jeune réalisatrice habituellement portée vers le documentaire et si elle franchit ici le pas, c’est que le sujet lui tient à cœur et que, pour des raisons diverses, elle connaît bien ce dont elle cause. Si elle a choisi des comédiennes professionnelles pour interpréter les religieuses, les jeunes mères trouvent là leur premier rôle, parfois très proche de leur propre vie, comme Lu, mère adolescente, elle-même née d’une adolescente.
Sans en avoir l’air, car le film est plaisant et l’interprétation superbe (une mention particulière à la petite fille de Lu), c’est un état des lieux d’un pays, l’Argentine, où l’avortement est toujours interdit et sévèrement puni : cliniques privées pour les riches, avortements clandestins (et donc dangereux) pour les pauvres… On pense à la situation qui prévalait en France avant que les filles du MLAC et d’autres se battent pour que la situation évolue. Une pensée émue au passage pour Gisèle Halimi qui vient de nous quitter.