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On n'est jamais à l'abri du meilleur… Le projet Utopia Cinéma Durable continue ! 400% son objectif initial déjà atteint, 80 000€ ! Mazette ! Une fin d'année sur les chapeaux de roue !
Drôle d’année que 2020… Nous vous souhaitons une très belle année 2021, qu’elle soit meilleure et moins confinée que la précédente, qu’elle vous apporte la santé, la réalisation de vos projets. Il nous revient à tous de bâtir des alternatives solidaires, durables, respectueuses de l’humain et de nat...

Comme un cadeau de Noël à la planète ! Vous êtes-là ! Attention J-1 : il ne tient qu'à vous…
Lors de nos permanences, dans nos halls, sur les réseaux, il n'y a pas à dire vous êtes-là !Même sur Ulule : vous êtes-là ! sur https://fr.ulule.com/utopia-pont-sainte-marie/Par solidarité, pour soutenir un projet légitime, pour faire votre part ! WE DO OUR PART ! Parce qu'on ne peut pas laisser les...

Gébé, on arrête tout, on réfléchit / L'AN 01
Si, après avoir vidé votre PEL pour aider Utopia à concrétiser le projet de cinéma du futur à Pont Sainte Marie, il vous reste 3 sous d’épargne à dilapider dans la joie et la bonne humeur…On était très heureux de recevoir Pierre Carles à Utopia Borderouge, pendant le dernier festival du film gro...

lu dans BOX-OFFICE PRO : "Vers Troyes, Utopia fait appel au financement citoyen"
Le réseau indépendant, qui a obtenu le permis de construire le 19 octobre, a lancé une vaste campagne de financement participatif pour son projet de cinéma à Pont-Sainte-Marie, dans l’Aube.« Il est temps que le cinéma passe au vert ! » Déterminée, Anne Faucon a décidé de franchir une nouvelle ét...

LES AMOURS D’ANAÏS

Écrit et réalisé par Charline BOURGEOIS-TACQUET - France 2021 1h38mn - avec Anaïs Demoustier, Valeria Bruni Tedeschi, Denis Podalydès, Jean-Charles Clichet...

Du 13/10/21 au 09/11/21 à Toulouse (Borderouge)

LES AMOURS D’ANAÏSDans Les Amours d’Anaïs, ça va vite, ça va très vite ! Et pour cause : on suit Anaïs (la décidément formidable Anaïs Demoustier) dans ses pérégrinations amoureuses qui, en à peine plus de temps qu’il ne faut pour l’écrire, la voient quitter son amoureux, devenir l’amante d’un éditeur quinquagénaire (le sex-symbol Denis Podalydès), et finalement tomber amoureuse d’Emilie, sa femme, une écrivaine accomplie. Ce n’est pas de l’inconséquence, du consumérisme ou de la stratégie, Anaïs ne connaît ni le cynisme ni l’ironie. C’est plutôt qu’elle embrasse la vie comme elle vient et qu’elle ne saurait faire autrement : Anaïs parle à 1000 à l’heure, monte les marches quatre à quatre et virevolte où qu’elle soit. Elle est volubile, exubérante, entière. Si sa logorrhée donne matière à la comédie, son éloquence est par ailleurs sa plus grande alliée dans la vie : passionnée par la littérature (elle écrit une thèse en lettres classiques qu’elle peine à terminer), elle manie la langue avec autant de vélocité que d’habileté, ce qui lui permet tour à tour de tout dire, de tout oser et, même en déséquilibre, de retomber sur ses pattes.
C’est d’ailleurs du verbe que provient toute l’énergie du film, c’est lui le moteur, et c’est lui qui ordonne le mouvement des corps, et donc la mise en scène. Le véritable sujet du film n’est pas la question du couple (ou du trio amoureux), ni celle de l’homosexualité ou de l’écart d’âge mais celle du désir. De cet élan qui nous met en mouvement, qui nous fait faire les choses qu’on fait.

Car aussi cérébrale et intellectuelle soit-elle, Anaïs se laisse paradoxalement totalement déborder par le sentiment amoureux. Éblouie par le charme et par la force tranquille d’Emilie (et comment ne pas l’être, Valeria Bruni Tedeschi est absolument magnifique), elle fera tout pour conquérir celle dont elle admire les mots et le charisme.
Si, dans un premier temps, la rencontre avec Emilie fait glisser la comédie vers de savoureuses scènes de vaudeville, la deuxième partie, consacrée à leur relation, se fait bien moins légère. Plus calme et plus grave : les personnages y affrontent leurs sentiments. Par ailleurs la réalisatrice y convoque des figures féminines puissantes, dessinant toute une généalogie d’artistes femmes dont elle et ses personnages partagent l’héritage. En prime se dessine également une constellation de leurs œuvres, lesquelles à l’évidence les nourrissent. « C’est bien, tu vas rencontrer plein de gens intéressants » s’enthousiasme la mère d’Anaïs apprenant que sa fille fréquente le milieu de l’édition parisienne. Et Anaïs de lui rétorquer avec fermeté et assurance : « je ne veux pas rencontrer des gens intéressants, je veux être quelqu’un d’intéressant. »

La saveur toute particulière de cette comédie pétillante et réjouissante tient autant de l’exagération des situations que son héroïne provoque que du sérieux avec lequel est traitée la question de l’amour (ou plus précisément du ravissement). Pour ne rien gâcher, le film est doucement sensuel : il se passe indéniablement quelque chose entre les deux comédiennes… l’alchimie est palpable.
Par ailleurs la réalisatrice amène l’air de rien son humble pierre à l’édifice du combat des représentations et on l’en remercie : proposer un personnage féminin de plus de cinquante ans qui n’envie rien (et n’a rien à envier) à une jeunesse aussi belle et vive que celle d’Anaïs est suffisamment rare pour qu’on en parle ! Accomplie dans son travail créatif, libre, confiante, sereine et canon, Emilie jouit pleinement de la force de l’âge : « J’ai 56 ans tu sais, plus grand-chose ne me fait peur. » La lumière qui éclaire Valeria Bruni Tedeschi dans le film est d’ailleurs sans complaisance, on y lit ses rides, ses cernes, sa force : ouf, enfin !