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UNE HISTOIRE VRAIE

(THE STRAIGHT STORY) Réalisé par David LYNCH - USA 1999 1h59mn VOSTF - avec Richard Farnsworth, Sissy Spacek, Harry Dean Stanton, Tracey Maloney, Everett McGill... Scénario de Mary Sweeney et John Roach.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UNE HISTOIRE VRAIES’offrir une histoire à sept kilomètres/heure, avec un papy septuagénaire, une tondeuse à gazon et le ciel étoilé comme unique horizon : c’est sans doute là le privilège des très grands… La flânerie, la vieillesse et le silence : pas vraiment les ingrédients habituels du cinéma américain, encore moins ceux qui font recette. Mais Lynch est un oiseau rare, un des derniers à faire du cinéma comme il le désire, comme il le conçoit, en se moquant bien de tout le reste… Et voilà, le résultat est là : Une histoire vraie est un grand et beau film… c’est tout et c’est beaucoup. On est assez loin du cinéma habituel de Lynch et à mille lieues de Lost Highway et de ses tourments schizoïdes. Ici, tout est tranquille, régulier, linéaire… Pourtant, rien à faire : les marques sont là, comme autant d’empreintes singulières que l’on aurait, au fil des films, appris à reconnaître et à aimer… Une lumière trop rouge pour être tout à fait honnête, une forêt banale peuplée d’animaux en plastique, deux jumeaux-mécanos troublants, et ce cadre qui toujours paraît trop petit, ces paysages immenses au parfum de claustrophobie… C’est du Lynch, du pur, comme exprimé dans sa forme la plus limpide, la plus évidente, la plus lumineuse et la plus poétique, la plus tendre et la plus accessible.

Il est beau, ce papy, avec son jean usé, sa canne et son chapeau de cow-boy… il est beau comme seuls les vieux savent l’être : avec ce pétillement dans les mirettes, étrange mélange d’un appétit juvénile pour tout ce qui vit et d’un détachement digne des vieux sages. Alvin Straight a roulé sa bosse, il a connu la guerre, le bonheur et le goût des larmes, et il réalise un beau jour qu’il n’est pas éternel, que le temps file et qu’il est peut-être l’heure, avant qu’il ne soit trop tard, d’aller voir son frangin dont le cœur a des ratés. Dix années qu’ils se sont disputés pour des broutilles, dix années qu’ils n’ont plus, ensemble, regardé les étoiles, dix années qu’ils ne se sont pas vus, pas parlé, pas embrassés… Sa fille et ses amis ont beau lui dire que c’est une idée insensée et dangereuse, qu’il n’est qu’un vieux fou usé et qu’il ferait bien de se la couler douce dans son ranch, Alvin est du genre tête de pioche : c’est décidé, il ira voir son frérot, tout seul, et puisqu’il n’a pas de permis, c’est au volant de sa tondeuse à gazon qu’il parcourra les 700 kilomètres qui les séparent. Commence alors un drôle de voyage, une épopée à 7 km/h, une balade à travers une contrée sauvage où l’homme redevient tout petit. Avec une volonté de fer et un stock impressionnant de saucisses sous cellophane, Alvin va défier les lois de la nature et celles des automobilistes, convaincu que la mort pourra bien attendre encore un peu… Il va prendre tout son temps, ce temps si précieux qui glisse entre ses doigt arthrosés de vieux, et contemplera le monde au ralenti, perché sur sa tondeuse. Parce qu’il a tout derrière lui et plus grand chose devant, c’est précisément cet instant-là qui deviendra son bien le plus précieux, et l’image qui l’attend à l’arrivée, celle de son défi réussi : le frangin qui l’attend, forcément… alors, les rencontres auront la saveur de ces moments rares faits de trois fois rien, ces moments de petits bonheurs qui font qu’une vie se remplit, tranquillement, pour un jour partir en douce au milieu des étoiles… Un film magnifique. Tout simplement, tout sereinement.