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Le cinéma et le bistrot d'Utopia Tournefeuille sont fermés jusqu'au 12 août
Le lieu sera fermé jusqu’au 12 août pour réalisation des grosses œuvres afin de conforter le terrain qui héberge le cinéma. En effet un affaissement du terrain concernant l’annexe de la salle 1, sortie de secours côté bistrot, a mis à rude épreuve notre bâtiment, comportant de problèmes divers e...

SOS Méditerranée lance un appel aux dons
Chères citoyennes, chers citoyens,À l’heure où nous vous écrivons, l’Ocean Viking fait route vers la Méditerranée centrale pour porter secours aux personnes en détresse en mer. Durant ces dernières semaines et suite à la fin de notre partenariat médical avec Médecins Sans Frontières, nous avons dû n...

Pour un cinéma durable et des rencontres d’une nuit (par Anna Pitoun)
La chance quand on est réalisatrice de films documentaires c’est que vos travaux suscitent des débats. Alors on vous invite. Pour une soirée, une matinée. A une rencontre avec le public. C’est l’une des choses que je préfère. Ces moments d’échange, quand la lumière se rallume et que les spectateurs ...

Atelier d'écriture YAKSA 7 : Kévin
La première fois que je l’ai vu, c’était à mon anniversaire, il était sorti d’un énorme gâteau avec des oreilles de lapin et un pompon blanc coincé entre les fesses. On peut pas vraiment dire que ce soit mon genre de mec mais il s’était passé un truc, je ne sais pas quoi exac...



VIVRE ET CHANTER

(Huo Zhe Chang Zhe) Écrit et réalisé par Johnny MA - Chine 2019 1h45mn VOSTF - avec Gan Guidan, Yan Xihu, Zhao Xiaoli... Quinzaine des réalisateurs Cannes 2019.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

VIVRE ET CHANTERC'est un film généreux, tout en simplicité et en finesse, qui ne se morfond pas dans la nostalgie d'un monde en train de disparaître mais s'émerveille d'en capter les derniers feux. C'est aussi un film de troupe, comme on le dit pour évoquer cette complicité singulière, cette tendresse qui unit les membres d'une même communauté de théâtre ou de cirque. Une troupe de saltimbanques qui se construit comme une famille de cœur, au hasard des rencontres, vivant hors du temps dans un espace réduit où se mêlent les coups de cœurs, les disputes, les répétitions et où l'on évoque avec un même sérieux les difficultés financières et la manière de tracer au crayon noir les contours d'un sourcil pour créer une expression parfaite. Pour la petite histoire, la fiction est ici jouée par les vrais acteurs dont elle narre l'histoire, insufflant au film une authenticité qui rend palpable toute l'affection et l'admiration du réalisateur.

Un vieux quartier périphérique de la ville de Shengdu doit être démoli. Shengdu, c'est, dans la province du Sichuan, au centre de la Chine en pleine explosion économique, une « petite » mégapole chinoise (à peine 14 millions d'habitants) qui croit plus vite que son ombre. Anachronisme urbain et culturel, le vieux quartier en sursis abrite une troupe familiale qui présente, dans un bâtiment qui menace à chaque coup de tambour de s'effondrer, des spectacles d'opéra traditionnel. Un rendez-vous historique que ne manquerait pour rien au monde un public pourtant de plus en plus rare et vieillissant. Zhao Li, sa vaillante patronne, sait que les jours de la troupe sont comptés et que la rumeur des bulldozers se fait de plus en plus oppressante. Mais elle ne résout pas à abandonner ce lieu et à se plier au diktat du béton. Avec un budget de misère, elle jongle et tente de faire des miracles pour sauver le lieu et son art, essayant d'amadouer les services publics peu enclins à écouter les chansons mélodieuses et les récits d'un temps révolu. De leur côté, les acteurs, plus fatalistes, se préparent à monnayer leur talent pour s'insérer dans le nouveau monde, celui des écrans géants, de la musique à fond la caisse et des vidéos sur smartphones. Lorsque sa propre nièce, l'étoile de la troupe, se laisse attirer par les lumières de la ville, les personnages du monde de l’opéra – son échappatoire – commencent à apparaître dans la vraie vie de Zhao Li…
Tout comme les opéras qui sont montés, le film est beau, triste et drôle, il vous cueille dès la première image pour ne plus vous lâcher. Et, cerise sur le gâteau : autant la représentation de spectacles vivants dans les films chinois peut parfois – souvent – paraître absconse, culturellement inaccessible au spectateur d'ici, autant Vivre et chanter, en racontant les coulisse des spectacles en même temps qu'ils sont joués, réussit le tour de force de les rendre immédiatement vivants, compréhensibles au commun des mortels occidentaux.

« Derrière l'impression que rien ne change jamais dans l'Empire du Milieu, la modernité avance en aveugle et détruit tout sur son passage. En suivant les efforts de ces artistes pris en étau entre les avancées du “progrès” à l'extérieur et leur art passé de mode, Johnny Ma nous livre un portrait en creux de la Chine d'aujourd'hui. Dans Vivre et chanter, les personnages traditionnels de l'opéra prennent part à certaines scènes clés, le film quittant d'un coup la réalité pour faire un tour dans l'allégorie. On ne peut que se prendre d'affection pour ces Chinois dont la voix n'est pas entendue et se retrouve sacrifiée sur l'autel des intérêts étatiques. Le Sichuan, c'est loin. Mais ce n'est pas si loin. »
(JF Lixonfrancetvinfo.fr)