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On n'est jamais à l'abri du meilleur… Le projet Utopia Cinéma Durable continue ! 400% son objectif initial déjà atteint, 80 000€ ! Mazette ! Une fin d'année sur les chapeaux de roue !
Drôle d’année que 2020… Nous vous souhaitons une très belle année 2021, qu’elle soit meilleure et moins confinée que la précédente, qu’elle vous apporte la santé, la réalisation de vos projets. Il nous revient à tous de bâtir des alternatives solidaires, durables, respectueuses de l’humain et de nat...

Comme un cadeau de Noël à la planète ! Vous êtes-là ! Attention J-1 : il ne tient qu'à vous…
Lors de nos permanences, dans nos halls, sur les réseaux, il n'y a pas à dire vous êtes-là !Même sur Ulule : vous êtes-là ! sur https://fr.ulule.com/utopia-pont-sainte-marie/Par solidarité, pour soutenir un projet légitime, pour faire votre part ! WE DO OUR PART ! Parce qu'on ne peut pas laisser les...

Gébé, on arrête tout, on réfléchit / L'AN 01
Si, après avoir vidé votre PEL pour aider Utopia à concrétiser le projet de cinéma du futur à Pont Sainte Marie, il vous reste 3 sous d’épargne à dilapider dans la joie et la bonne humeur…On était très heureux de recevoir Pierre Carles à Utopia Borderouge, pendant le dernier festival du film gro...

lu dans BOX-OFFICE PRO : "Vers Troyes, Utopia fait appel au financement citoyen"
Le réseau indépendant, qui a obtenu le permis de construire le 19 octobre, a lancé une vaste campagne de financement participatif pour son projet de cinéma à Pont-Sainte-Marie, dans l’Aube.« Il est temps que le cinéma passe au vert ! » Déterminée, Anne Faucon a décidé de franchir une nouvelle ét...

JE VOULAIS ME CACHER

(Volevo nascondermi) Giorgio DIRITTI - Italie 2020 2h VOSTF - avec Elio Germano, Paolo Rossi, Paola Lavini, Orietta Notari... Scénario de Giorgio Diritti, Fredo Valla et Tania Pedroni. Festival de Berlin 2020 : prix d’interprétation masculine pour Elio Germano.

Du 31/01/21 au 28/02/21 à Toulouse (Borderouge)

JE VOULAIS ME CACHERIl faut le voir, cet Antonio, escogriffe blême et dégingandé, mal fagoté, grimacer, se tordre, rouler des yeux hallucinés, maugréer sous sa moustache d’inintelligibles imprécations suisses-allemandes mâtinées d’italien. Il peut se tasser peureusement dans des recoins sombres sous un sac de mauvaise toile de jute, puis se détendre soudainement en hurlant comme un fou – un fou, une bête, un possédé… Et il faut le découvrir en perfectionniste maniaque, ce même Antonio, peintre et sculpteur instinctif, modelant avec une incroyable finesse de magnifiques animaux de terre pour les enfants de son village, ou saisissant sur sa toile la puissance et la beauté d’un rugissement de tigre, le mouvement de panique des chevaux surpris par l’orage, les lignes torturées de sa propre image dans des autoportraits douloureux et inquiets. Car, mystères de l’art et de la psyché, Antonio Ligabue, dont le film raconte l’incroyable destinée, individu marginal et insaisissable qui a passé l’essentiel de sa vie dans la misère, de maisons d’accueil en institutions psychiatriques, a également été de son vivant reconnu, aux côtés de Rousseau et de Séraphine de Senlis, comme un des maîtres de la peinture naïve et un artiste majeur du xxe siècle…

À partir des rares éléments connus sur la vie du peintre (des articles de presse, un documentaire réalisé de son vivant, quelques rares témoignages), Giorio Diritti s’efforce de cerner au plus près le processus de création artistique brut. L’enfance chaotique d’Antonio Ligabue, né en 1899, très tôt orphelin de mère, abandonné par son beau-père dans une famille d’accueil qui s’en débarrasse à son tour dans un institut pour enfants handicapés, façonne un être brimé, inquiet, rachitique et goitreux, au développement intellectuel empêché. Antonio est un monstre banal, un genre de Quasimodo moderne, que la société n’en finit pas de rejeter – la Suisse l’expulsant sans états d’âmes en Italie dans les années 1920, berceau familial dont il ne maîtrisera jamais tout à fait la langue. Seul, jamais aimé, s’efforçant de masquer à ses contemporains une difformité à laquelle tout autour de lui le ramène, Antonio promène sur le monde un regard terrifié. En pleine montée du fascisme italien, qui refuse bien évidemment de s’encombrer d’une pareille erreur de la nature, il parvient, grâce à quelques rencontres bienveillantes, à faire miraculeusement éclore un talent inouï doublé d’une rare sensibilité. Et trouve, enfin, une façon d’être au monde.

Méconnaissable, Elio Germano est absolument saisissant. Physiquement, visuellement habité par Antonio Ligabue, on craint à chaque séquence qu’il n’en fasse trop, que la possession de son personnage tour à tour prostré et bondissant, tourne à la pitrerie. Et à chaque plan, la prouesse du comédien s’efface devant le mystère du peintre. Car l’homme vit, littéralement, la nature et les animaux qu’il aime tant représenter. Gesticulant et grimaçant devant sa toile ou sa sculpture, il ne les imite pas, mais entre en communication avec eux. Il rugit avec le tigre, déploie ses ailes d’aigle, se cabre avec le cheval devant l’obstacle. L’artiste est puissant, dérangeant dans sa folie ; le jeu d’Elio Germano est suffisamment explosif et suffit à porter toute la dinguerie du personnage, le réalisateur a l’intelligence de lui offrir une mise en scène d’une sobriété exemplaire, apaisante. D’une grande beauté formelle, le film est une invitation à découvrir l’œuvre foisonnante et unique d’Antonio Ligabue, le « Van Gogh suisse » exclu, rejeté et incompris qui a dorénavant son musée en Italie.