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Quiz des trente dernière secondes
Vous trouverez ici les archives du quiz des “trente dernières secondes”  //////////////////////////////////////// Mercredi 6 janvier Quiz cinéma : les 30 dernières secondesPour célébrer la fin de l’année écoulée et vous présenter nos meilleurs vœux pour 2021, l’équipe d’Utopia Bordeau...

Le monde du silence
LE MONDE DU SILENCE Mardi 15, Mercredi 16, Samedi 19 et Dimanche 20 décembre, le cinéma Utopia de Bordeaux assurera symboliquement les séances initialement prévues dans son programme de réouverture. Les projecteurs seront allumés, les salles seront dans le noir et les images défileront sur nos écran...

Journal du 2ème confinement
Ici sont archivés les publications mises en ligne lors du 2ème confinement, du 30 octobre au 14 décembre 2020     En attendant de nous retrouver, on signe et on relaie cet appel de David Dufresne, réalisateur du film UN PAYS QUI SE TIENT SAGE. Chers ami(e)s, Samedi prochain, à 14h, se tiendront d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...


LE CINÉMA EST ACTUELLEMENT FERMÉ, MAIS...

Nous restons aussi en contact via le site,
les réseaux sociaux, par courriel
ou par téléphone au 05 56 52 00 03.

Nous sommes régulièrement sur place. Vous pouvez donc continuer à passer au cinéma pour acheter des carnets tickets (50€ les dix tickets, non-nominatifs et sans durée de validité), des films du catalogue Video en poche, ou tout simplement pour échanger quelques mots.
Contactez-nous, nous trouverons un moment pour nous rencontrer.



 

En attendant de nous retrouver...

Du 30/10/20 au 30/03/21


ATTENTION ! PCA SOUS COUVRE-FEU À 18 H,


ON DÉCALE LE JOUR DES LIVRAISONS :
PAS DE DISTRIBUTION LES DEUX PROCHAINS MERCREDIS
MAIS DEUX LIVRAISONS RÉPARTIES SUR DEUX JOURS :
le vendredi de 16h30 à 17h30 et le samedi de 11h à 12h,
toujours dans le hall du cinéma.



Afin de réorganiser au mieux ces deux prochaines distributions, merci de faire connaître votre créneau préférentiel dès que possible en donnant votre réponse sur FRAMADATE:
https://framadate.org/jSeHmfvkSIXqOOhSRJUrN964/admin


PCA (Paysans et Consommateurs Associés), l’amap qui tient ses quartiers au cinéma depuis 2004, continue donc d’assurer, malgré la fermeture de nos salles, commandes mensuelles et livraisons hebdomadaires et ce, bien sûr, dans le plus grand respect des consignes sanitaires.


Les producteurs seront présents le vendredi, et le samedi, ce sera l'équipe d'Utopia et des consommateurs de PCA qui vous remettront votre panier, laissé la veille par les producteurs.


Ce changement de jour, nous l'avons envisagé avec plusieurs d'entre vous mercredi dernier et, a priori, selon ce bref sondage... nous étions toutes et tous d'accord sur ce choix du vendredi et du samedi. Cependant, pour être sûrs que nous le sommes toujours, et pour celles et ceux qui n'étaient pas là ou qui n'ont pas suivi, merci de nous le confirmer rapidement.


Pour celles et ceux qui souhaitent de nouveau commander pour les mois à venir : février, mars, avril… des légumes bien frais et de saison, des œufs pondus de la veille, voire même du matin, à l’aube naissante, des tisanes pour gosiers délicats, du pain sans additifs chimiques, du miel d’abeille, délicieux, du fromage de chèvre des prairies, de vache des montagnes, mais aussi de l’huile d’olive, des amandes, des pistaches et des olives en provenance directe de Grèce, et de grande qualité, et plein d’autres propositions, nous vous invitons à aller sur le site, vous y trouverez ces prochains jours tous les bons de commande des producteurs : pca.nursit.com


Merci de votre coopération! À très vite, Isabelle Utopia/PCA et Pierre de PCA qui a lancé le FRAMADATE.




Dimanche 28 février


Hier, fin N° 53. La force conjuguée des images et du commentaire ironique en voix off fait que ces trente dernières secondes vous marquent durablement. Ce sont celles de LE FOND DE L'AIR EST ROUGE (1977), très remarquable film documentaire réalisé et monté par Chris Marker, qui retrace en deux parties, « Les Mains fragiles » et « Les Mains coupées »  l’émergence de la nouvelle gauche dans les années soixante et soixante-dix à travers une série d’événements historiques. De la guerre du Vietnam à la mort du Che, de Mai 68 au Printemps de Prague, du Watergate au coup d’Etat du Chili, le cinéaste dépeint les luttes idéologiques, les mouvements de protestation et de répression, les espoirs et les échecs d’une génération politique. Surtout, il critique de manière acide les Pouvoirs et écrit la synthèse désenchantée de nombreuses années de militantisme, sans prétendre aucunement à l’exhaustivité et revendiquant à chaque minute la subjectivité de son essai.
Contrairement au JOLI MAI (fin N° 36 de ce quiz), dont les prises de vue avaient été réalisées spécialement pour l'occasion, LE FOND DE L'AIR EST ROUGE est entièrement composé d'images d'archives (« Du bon usage des épluchures » disait avec humour Marker). Le déroulant avant le générique de fin le souligne d'ailleurs clairement : « Les véritables auteurs de ce film, bien que pour la plupart ils n'aient pas été consultés sur l'usage fait ici de leurs documents, sont les innombrables cameramen, preneurs de son, témoins et militants dont le travail s'oppose sans cesse à celui des Pouvoirs, qui nous voudraient sans mémoire. »
L'art de Chris Marker, maître inégalé du montage, est de faire naître les correspondances et les contrepoints, les transitions logiques et les virages à angle droit, d'utiliser des motifs qui font lien. La scène de générique de début, extraordinaire, met ainsi en parallèle, en une symphonie de la résistance, des images de luttes, de violence, de poings qui se lèvent, et des extraits du CUIRASSÉ POTEMKINE (1926) d'Eisenstein. Plus tard, plusieurs minutes terribles sur la guerre au Vietnam seront immédiatement suivies par les paroles d'un syndicaliste de Besançon évoquant la naissance de sa conscience politique lors de la guerre d'Indochine. Et voilà que les combats de libération dans la jungle asiatique trouvent leur lien avec ceux des usines franc-comtoises qui développeront des initiatives autogestionnaires...


Aujourd'hui, tout autre chose : un conte de fée, cruel et sordide.






Samedi 27 février


Hier, fin N° 52. Recueillement et émotion n'empêchent nullement le poing levé. Nous sommes devant l'un des films les plus emblématiques du cinéma de Ken Loach : LAND AND FREEDOM (1995). Pour la première fois, Loach quitte la Grande Bretagne – il venait de tourner trois de ses plus beaux films sur les Anglais d'en bas : RIFF-RAFF (1991), RAINING STONES (1993) et LADYBIRD (1994) – pour planter sa caméra dans l'Espagne de la Guerre civile. Il n'abandonne par pour autant les prolos qu'il a toujours filmés avec une tendresse et une attention uniques puisqu'il nous entraîne sur les pas de David, jeune, chômeur, idéaliste et généreux, qui décide de quitter Liverpool pour se joindre aux brigades internationales qui luttent en Espagne contre Franco et ses sbires. Sur le front, en Aragon, il va se battre aux côtés de Bernard (c'est Frédéric Pierrot, qui à l'époque ne devait même pas imaginer qu'il pourrait devenir célèbre grâce à un rôle de psy dans une série d'Arte...), Lawrence, Coogan et Bianca. Ils sont allemands, américains, français... venus des quatre coins du monde. Portés par l'Espoir, comme aurait dit Malraux, mais bientôt confrontés aux inévitables désillusions que charrient tous les combats, aussi beaux et grands soient-ils...
Certains ont reproché à LAND AND FREEDOM de ne pas assez montrer les enjeux de lutte anti-franquiste et la complexité des stratégies politiques qui s'y côtoyaient, voire s'y affrontaient. Mais Loach ne cherche pas à faire œuvre d'historien ; comme dans tous ses films, il s'intéresse à des femmes et des hommes ordinaires qui font face, il filme un groupe humain dans toute sa richesse, dans ce qui le construit comme dans ce qui le détruit, il fait exister avec une vérité sidérante des caractères formidablement attachants. Le public français en tout cas (en particulier celui des salles Utopia – c'était avant Bordeaux) n'a pas fait la fine bouche et a fait un triomphe à ce film exaltant.
LAND AND FREEDOM était en compétition au Festival de Cannes 1995 mais est reparti bredouille. Ce n'est qu'un nuage dans le ciel radieusement bleu des relations entre Ken Loach et Cannes puisque le cinéaste anglais fait partie du club très fermé des réalisateurs qui ont remporté deux Palmes d'Or : en 2006 pour LE VENT SE LÈVE et en 2016 pour MOI, DANIEL BLAKE. Il a par ailleurs glané trois Prix du Jury : en 1990 pour HIDDEN AGENDA, en 1993 pour RAINING STONES et en 2012 pour LA PART DES ANGES. Je ne sais pas si un autre réalisateur a fait mieux, on aura peut-être l'occasion d'y revenir...


Aujourd'hui : quinze années de luttes à travers le monde.






Vendredi 26 février


Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l'est la séquence d'ouverture du film, qui montre la jungle s'enflammer sous les bombes au napalm, au son de « The End » des Doors. C'est APOCALYPSE NOW (1979) de Francis Ford Coppola. Qui restera comme l'un des deux chefs d'oeuvre inspirés au cinéma de fiction américain par la guerre du Vietnam, l'autre étant bien évidemment VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER (THE DEER HUNTER), réalisé l'année précédente par Michael Cimino.
« En 1976, Coppola, réputation au zénith et compte en banque fourni – il a triomphé avec les deux premiers PARRAIN et obtenu une première Palme d'Or à Cannes avec THE CONVERSATION (1974) –, décide d'adapter le roman de Joseph Conrad Au coeur des ténèbres, en le transposant du Congo de 1901 au Vietnam de 1970...
Dès l'origine, APOCALYPSE NOW s'est placé sous le signe de la démesure. Du scénario au tournage, dont les chiffres donnent le tournis, tout est dans l'emphase. Coppola est impérial au milieu de l'effervescence. Il croit que le monde est à lui alors que tout prouve le contraire.
Le tournage a lieu aux Philippines, dont l'armée utilise le même matériel que celle des Etats Unis. Un jour, les hélicoptères désertent pour s'en aller mitrailler la guérilla anti-gouvernementale réfugiée dans la jungle ! Une autre fois, un typhon détruit les décors... De 12 millions de dollars, le budget passe à 30. La production devient un enfer dont les gazettes se régalent : Brando changé physiquement (il est devenu gros) et qui ne connaît pas son texte, Harvey Keitel renvoyé dans ses foyers et remplacé par Martin Sheen, lequel fête son arrivée par un infarctus au milieu d'une scène. Le tournage traîne, s'embourbe. « Apocalypse when ? », titrent les journaux. Après un an de jungle et des kilomètres de pellicule, le retour à Los Angeles est douloureux. Le prince est devenu mendiant. Le montage coûtera une fortune : la première version durait 6 heures !
« Apocalypse now n'était pas un film sur le Vietnam, c'était le Vietnam », déclarera Coppola. « Comme l'armée américaine, nous étions arrogants, nous avions trop de monde, trop de matériel, trop d'argent et, peu à peu, nous sommes devenus fous ». (Thierry Frémeaux, L'Express)
APOCALYPSE NOW a remporté un énorme succès dans sa version initiale qui durait 2h33. Coppola était néanmoins frustré de ce premier montage qui avait sacrifié trop de matériel et proposa donc une version intégrale en 2001 sous le titre APOCALYPSE NOW REDUX, d'une durée de 3h23. Mais considérant que la version REDUX était trop longue, il mit au point en 2019 APOCALYPSE NOW FINAL CUT, ramené à 3h02, qui constitue pour lui « la version parfaite ». Jusqu'à la prochaine ? Aucun problème, on ne s'en lasse pas.


Aujourd'hui : ¡ No pasaran !






Jeudi 25 février


Hier, fin N° 50. On associe tout de suite Amanda Langlet, la comédienne à l'écran, aux films d'Eric Rohmer. Elle a débuté au cinéma avec lui en 1983 dans PAULINE À LA PLAGE, elle avait 16 ans. Ici elle en a 13 de plus, nous sommes en 1996 dans CONTE D'ÉTÉ. Elle tournera un troisième film avec Rohmer en 2003 : le peu connu TRIPLE AGENT.
Le Gaspard en vacances à Dinard, on l'aperçoit, en regardant attentivement, parmi les passagers du bateau de Emeraude Lines : c'est Melvil Poupaud.
CONTE D'ÉTÉ est le troisième des « Contes des quatre saisons », réalisés par Rohmer dans les années 90, assez curieusement dans le désordre : CONTE DE PRINTEMPS en 1990, CONTE D'HIVER (pour moi le plus beau) en 1991, CONTE D'ÉTÉ donc en 1996 et CONTE D'AUTOMNE en 1998.
Rohmer est un habitué de ces cycles de films qui peuvent évidemment se voir séparément mais qui sont autant de variations autour des mêmes thèmes et qui finissent par constituer un tout. Il a commencé dès le début de sa carrière, dans les années 60, avec les « Six contes moraux » : deux longs courts métrages d'abord, LA BOULANGÈRE DE MONCEAU (1962) et LA CARRIÈRE DE SUZANNE (1963) puis LA COLLECTIONNEUSE (1966) qui en fait était le quatrième conte, réalisé avant le troisième, le très célèbre MA NUIT CHEZ MAUD (1968), et ensuite LE GENOU DE CLAIRE (1970) pour finir par L'AMOUR L'APRÈS-MIDI (1972).
Quant aux années 80, elles furent celles des « Comédies et Proverbes », six films qui s'amusent à illustrer un proverbe ou une citation empruntée à la littérature classique ou au bon sens populaire : LA FEMME DE L'AVIATEUR (1981), LE BEAU MARIAGE (1982), PAULINE À LA PLAGE déjà cité, LE RAYON VERT (1986), LES NUITS DE LA PLEINE LUNE (1984), inoubliablement lié à la découverte de l'étoile filante Pascale Ogier et enfin L'AMIE DE MON AMIE (1987).


Aujourd'hui : retour au coeur de l’enfer.






Mercredi 24 février


Hier, fin N° 49. Le lien avec le film précédent se fait tout naturellement, par le biais du comique burlesque et de la guimbarde pétaradante. Où l'on a le plaisir et l'honneur de faire la connaissance de Hulot, prénom Monsieur, qui pour l'heure part en vacances. Vous avez ainsi dans le désordre le titre de ce film que Jacques Tati a réalisé en 1953, quatre ans après JOUR DE FÊTE.
Dédaignant la foule affairée qui s'entasse dans les cars et les trains, Hulot a sorti sa vieille décapotable et s'est lancé hardiment sur la route... semant la panique, suscitant injures et quolibets sur son passage. Mais lui, imperturbable, trace son chemin à travers la tempête.
L'hôtel où il prend ses quartiers d'été ressemble à tous les hôtels de la plage du monde. Devant la mer, il y a les baigneurs et les pâtés de sable. Aux mêmes heures, on retrouve autour des mêmes tables les mêmes têtes : la blonde Martine qui fait des ravages parmi les estivants esseulés ; l'homme d'affaire incapable de se séparer de son téléphone pas encore portable ; l'intellectuel aux discours toujours prêts ; le commandant raide comme la justice ; l'Anglaise et son tricot ; le grand garçon et sa maman...
L'arrivée de Monsieur Hulot bouleverse la vie de ce petit monde : il provoque les catastrophes comme il respire, ses meilleures intentions dégénèrent en désastres que seul son optimisme flegmatique lui permet de supporter allègrement...
C'est donc avec ce film que le génial Tati invente et incarne à l'écran le personnage de Monsieur Hulot, que l'on retrouvera dans ses trois longs métrages suivants : MON ONCLE (1958), PLAYTIME (1967) et TRAFIC (1971). La filmographie se résume en effet à cinq titres, à cause de son perfectionnisme bien sûr, mais aussi à cause du désastre financier qu'a constitué PLAYTIME, son grand œuvre, l'apogée de son art visionnaire, dont l'échec le laissa ruiné, épuisé, désabusé.
Après TRAFIC, tourné à l'économie et qui ne pouvait en aucun cas compenser le cataclysme PAYTIME, Tati réalisa en 1974 PARADE, documentaire en forme de spectacle d'adieu dans lequel on le voit jouer plusieurs sketches au sein de la troupe d'une sorte de cirque, dont les spectateurs les plus émerveillés sont des enfants. Puis plus rien jusqu'à sa mort en 1982.
Plus rien, ce n'est pas tout à fait vrai puisque Sylvain Chomet nous a offert en 2010 une merveille de film d'animation, L'ILLUSIONNISTE, d'après un scénario écrit mais jamais tourné par Jacques Tati, conservé dans ses archives sous le titre « Film Tati n° 4 ».


Aujourd'hui : Gaspard en vacances à Dinard.






Mardi 23 février


Hier, fin N° 48. Rien qu'à voir ces trente dernières secondes, on rigole des souvenirs qu'on garde des quatre vingt dix huit minutes qui les précèdent. C'est le génial Peter Sellers dans THE PARTY (1968) de Blake Edwards. Sellers dans le rôle d'un acteur indien répondant au nom de Hrundi V. Bakshi qui, après s'être fait virer pour avoir semé une panique indescriptible sur le tournage d'un film sur la vaillante armée britannique en Inde, se retrouve invité par erreur à un pince-fesses organisé par le producteur du film en question. Il va faire subir à la soirée mondaine le même sort qu'au plateau de tournage : le dynamitage, la destruction par les maladresses et les gaffes en cascade.
THE PARTY, c'est l'apogée de la veine purement burlesque de Blake Edwards (1922-2010), un des maîtres de la comédie américaine post-classique, celle des années 60, 70 et 80. Une veine étroitement liée à la personnalité hors-normes de Peter Sellers, avec qui Blake Edwards a créé la saga de l'inspecteur Clouseau et des PANTHÈRE ROSE : six films entre 1963 et 1978 (même s'il faudrait oublier celui réalisé justement en 1978, LA MALÉDICTION DE LA PANTHÈRE ROSE, l'épisode de trop : on décidera donc unilatéralement que la série s'arrête en 1976 avec le désopilant QUAND LA PANTHÈRE ROSE S'EMMÊLE).
Blake Edwards a réalisé parallèlement des comédies moins centrées sur le gag, plus écrites, développant des personnages plus fouillés et des situations plus complexes. Parmi ses plus grandes réussites, on n'en citera que deux : DIAMANTS SUR CANAPÉ (1961), avec Audrey Hepburn, et bien sûr le merveilleux VICTOR, VICTORIA (1982), avec son épouse et complice artistique Julie Andrews. Pour l'anecdote, on rappellera enfin qu'Edwards a tourné en 1983 un remake du film de François Truffaut L'HOMME QUI AIMAIT LES FEMMES (1977), titré en français L'HOMME À FEMMES. Avec Burt Reynolds, dont on parlait hier, dans le rôle que jouait Charles Denner. Ce n'était pas une bonne idée.


Aujourd'hui : dans une pension de famille en bord de mer.






Lundi 22 février


Hier, fin N° 47. Qu'est ce que c'est que ce film ? Avec un Kirk Douglas en pantin aussi désarticulé que bondissant, une Ann Margret qui se contente d'en sourire d'un air gourmand et un Arnold Schwarzenegger encore débutant en cow-boy benêt et forcément baraqué... Je ne l'ai jamais vu mais ce ne fut pas trop compliqué de trouver le titre : Douglas et Schwarzenegger n'ont tourné qu'une seule fois ensemble, dans cette pochade intitulée en français CACTUS JACK, THE VILLAIN en version originale, réalisée en 1979 par Hal Needham et apparemment sortie sur les écrans français en juillet 1980. Comme le laissent deviner les trente secondes finales, il s'agit d'une parodie de western délirante et résolument cartoonesque, inspirée en particulier des courts métrages animés de Chuck Jones mettant en scène l'oiseau Bip-Bip et Vil Coyote qui lui court après sans jamais pouvoir l'attraper et se ratatine systématiquement à la fin de chaque poursuite.
On se demande bien où Aurore a pu dénicher cette rareté nanardesque, eh bien c'est chez YOYO VIDÉO, le dernier vidéo-club de Bordeaux, situé dans le quartier du Grand Parc, 4 rue des Frères Portmann, centre commercial Counord. YOYO VIDÉO c'est la caverne d'Ali Baba, plus de 20 000 références en DVD ou Blu-ray, et contrairement au plate-formes de streaming, ce n'est pas un algorithme qui vous accueille et vous conseille, c'est un passionné de cinéma en chair, en os et en chaleur humaine. En ces temps de fermeture des salles, YOYO VIDÉO, c'est l'ultime bastion de la cinéphilie bordelaise, qu'on se le dise !
Pour en revenir à CACTUS JACK, son réalisateur Hal Needham (1931-2013) a mené une fructueuse carrière de cascadeur débutée dans les années cinquante avant de passer à la réalisation à la fin des années soixante dix en tant que « yes man » de Burt Reynolds, méga-vedette à l'époque. Ils ont tourné ensemble une bonne demi-douzaine de films purement commerciaux à base de comédie bas de plafond, de baston, de grosses bagnoles et de pin-up, dont les plus connus sont les trois premiers : COURS APRÈS MOI SHÉRIF (1977), LA FUREUR DU DANGER (1978) et TU FAIS PAS LE POIDS SHÉRIF (1980). On ne sait pas pourquoi ni comment CACTUS JACK s'est glissé en douce au deux-tiers de la trilogie...


Aujourd'hui : énorme partie de rires...






Dimanche 21 février


Hier, fin N° 46. Encore une Palme d'or donc. Celle du Festival de Cannes 2001 : LA CHAMBRE DU FILS de Nanni Moretti. On voit en plan d'ensemble Nanni Moretti, Laura Morante et Jasmine Trinca marcher, ensemble mais séparés, chacun comme perdu dans ses pensées, sur une plage de Menton, au son de la très belle mélodie de « By this river », chanson de Brian Eno. Épilogue apaisé mais encore douloureux d'un film bouleversant qui raconte, avec une retenue et une intelligence magnifiques, la perte d'un fils, la manière dont elle dynamite l'équilibre d'une famille unie, la fragilité mais finalement la force des liens qui unissent un père, une mère, une fille qui doivent continuer à vivre.
Entre Nanni Moretti et le Festival de Cannes, c'est une longue histoire qui a démarré dès ECCE BOMBO, le deuxième long métrage du cinéaste italien, en compétition dans l'édition 1978. Après un entr'acte d'une quinzaine d'années – qui verront les films de Moretti sélectionnés dans d'autres festivals internationaux, notamment LA MESSE EST FINIE couronné d'un Ours d'argent à Berlin 1986) –, Moretti fait son retour dans la sélection officielle cannoise en 1994 avec JOURNAL INTIME, avec lequel il décroche le Prix de la mise en scène. Tous ses films suivants seront présentés en compétition : APRILE en 1997, LA CHAMBRE DU FILS donc en 2001, LE CAÏMAN en 2006, HABEMUS PAPAM en 2011 et MIA MADRE en 2015. Et le film qu'il a achevé l'an dernier, TRE PIANI, sera sans aucun doute présent au Festival de Cannes 2021... s'il a lieu.
Par contre, aucune récompense depuis la Palme d'or de LA CHAMBRE DU FILS. Même pas un Prix d'interprétation masculine pour Michel Piccoli dans HABEMUS PAPAM et là, pour le coup, on se demande encore comment le jury a pu lui préférer Jean Dujardin dans THE ARTIST...


Aujourd'hui : grosse parodie de western...






Samedi 20 février


Hier, fin N° 45. À vrai dire, je ne gardais pas le souvenir de cette fin sub-aquatique et il m'aurait fallu pas mal de temps et de fouinage pour trouver le titre du film concerné. Heureusement l'indice d'Aurore a coupé court à toute hésitation : « L'unique palme remportée par une femme », c'est bien sûr LA LEÇON DE PIANO (1993) de Jane Campion, lauréat de la Palme d'Or du Festival de Cannes 1993. Et de fait Jane Campion est bien la seule cinéaste à avoir remporté cette récompense en 72 éditions du Festival. Dans le même ordre d'idée, quatre réalisatrices seulement ont reçu le Grand Prix du jury, deuxième distinction dans la hiérarchie du palmarès : la hongroise Marta Meszaros a fait figure de pionnière en 1984 avec JOURNAL À MES ENFANTS, puis il a fallu attendre le siècle suivant avec trois femmes récompensées : la japonaise Naomi Kawase pour LA FORÊT DE MOGARI en 2007, l'italienne Alice Rohrwacher pour LES MERVEILLES en 2014 et enfin la franco-sénégalaise Mati Diop pour ATLANTIQUE en 2019. Il semblerait qu'il y ait une petite accélération mais question parité, le bilan cannois n'est pas brillant...
Et encore faut-il préciser que Jane Campion n'a pas été la seule lauréate de la Palme 1993, elle l'a partagée avec le chinois Chen Kaige pour son ADIEU MA CONCUBINE. De là à dire que les femmes n'auront glané qu'une demi-palme en 72 festivals de Cannes...
En tout cas, ça nous fait rebondir sur les Palmes d'or ex-aequo. Il n'y en a pas eu des wagons, mais le cas n'a pas été non plus exceptionnel. On compte ainsi 9 festivals qui se sont terminés par un partage de la récompense suprême. Pour ceux que ça amuse, voici la liste :
1952 : OTHELLO d'Orson Welles (USA) et DEUX SOUS D'ESPOIR de Renato Castellani (Italie) ; 1961 : UNE AUSSI LONGUE ABSENCE d'Henri Colpi (France) et VIRIDIANA de Luis Bunuel (Espagne) ; 1966 : UN HOMME ET UNE FEMME de Claude Lelouch (France) et CES MESSIEURS DAMES de Pietro Germi (Italie) ; 1972, coup double italien : LA CLASSE OUVRIÈRE VA AU PARADIS d'Elio Petri et L'AFFAIRE MATTEI de Francesco Rosi ; 1973 : LA MÉPRISE d'Alan Bridges (GB) et L'ÉPOUVANTAIL de Jerry Schatzberg (USA) ; 1979 : APOCALYPSE NOW de Francis Ford Coppola (USA) et LE TAMBOUR de Volker Schlöndorff (RFA) ; rebelote en 1980 : KAGEMUSHA d'Akira Kurosawa (Japon) et QUE LE SPECTACLE COMMENCE de Bob Fosse (USA) ; 1982 : MISSING de Costa Gavras (USA) et YOL de Yilmaz Guney (Turquie) ; 1997 : LE GOÛT DE LA CERISE d'Abbas Kiarostami (Iran) et L'ANGUILLE de Shohei Imamura (Japon).
Les grands Kiarostami et Imamura resteront dans l'histoire comme les derniers co-palmés de Cannes puisqu'au début des années 2000 (j'ai été incapable de retrouver la date précise), le Festival a décidé de spécifier dans son règlement que l'ex-aequo n'est possible que pour un seul prix du palmarès et en aucun cas pour la Palme d'Or.


Aujourd'hui : une autre Palme sur la perte d’un fils.






Vendredi 19 février


Hier, fin N° 44. Ambiance bleutée pour une Adèle Haenel de 18 ans dans NAISSANCE DES PIEUVRES (2007). Naissance d'une cinéaste, Céline Sciamma, auteure complète, qui va prendre une place prépondérante dans le cinéma français avec ce premier film et les suivants : TOMBOY (2011), BANDE DE FILLES (2014) et PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU (2019). Elle vient de terminer PETITE MAMAN, qui sera en compétition au prochain Festival de Berlin. Ne pas oublier son travail de scénariste pour les autres, tout particulièrement pour MA VIE DE COURGETTE (2015), magnifique film d'animation de Claude Barras.
Naissance aussi d'une grande actrice : Adèle Haenel avait débuté à 12 ans dans LES DIABLES (2001) de Christophe Ruggia mais LA NAISSANCE DES PIEUVES peut être considéré comme son vrai premier rôle, son premier choix conscient qui annonce une carrière d'une richesse et d'une constance rares, couronnée très tôt par son César de la meilleure actrice en 2015 pour LES COMBATTANTS de Thomas Cailley et jalonnée par des collaborations avec quelques unes et quelques uns des cinéastes les plus passionnants de l'époque, à commencer par Céline Sciamma bien sûr, mais aussi Bertrand Bonnello (L'APOLLONIDE, 2011), Katel Quillévéré (SUZANNE, 2013), André Téchiné (L'HOMME QU'ON AIMAIT TROP, 2014), les frères Dardenne (LA FILLE INCONNUE, 2016), Pierre Salvadori (EN LIBERTÉ !, 2017) ou Robin Campillo (120 BATTEMENTS PAR MINUTE, 2017)...
NAISSANCE DES PIEUVRES marquait également les débuts de deux autres jeunes actrices : Pauline Hacquart, qui tient en fait le rôle central du film, et Louise Blachère. Mais la suite a été moins heureuse – ou plutôt moins visible, car le succès est loin d'être synonyme de bonheur et d'équilibre – pour elles, qu'on n'a revues par la suite que dans des rôles secondaires ou dans des films qui sont passés un peu inaperçus. Dommage car elles sont toutes deux formidables dans le film de Céline Sciamma.


Aujourd'hui, l'unique Palme remportée par une femme.






Jeudi 18 février


Hier, fin N° 43. On reconnaît parmi ces joyeux agités Valeria Bruni-Tedeschi qui prend le talon de sa chaussure pour un micro, le trop rare (à l'écran, il se rattrape sur les planches) Jacques Bonnafé, Sabrina Seyvecou (découverte chez Jean-Claude Brisseau, cinéaste maudit jusqu'à être privé de l'annonce de sa mort par la triste cérémonie des César 2020), le grand jaune Jean-Marc Barr et Gilbert Melki, à qui le précédent a ouvert dans le film des horizons sexuels insoupçonnés... Et si les acteurs ne suffisent pas à nous faire trouver la réponse, il faut écouter les paroles de la chanson endiablée qui les fait saliver : des bulots = coquillages ; des ormeaux = coquillages ; des crevettes = crustacés ; des palourdes = coquillages ; des tourteaux = crustacés ; des saint-jacques = coquillages ; et enfin des bigorneaux = coquillages aussi. CQFD : c'est CRUSTACÉS ET COQUILLAGES (2004), réalisé par le duo Olivier Ducastel et Jacques Martineau. Une comédie impertinente et euphorique, pleine de grâce et de chansons, qui, le temps d'un séjour estival dans les calanques de Marseille, va battre, rebattre et mélanger les cartes des jeux de l'amour et du hasard, pour ouvrir tous les cœurs à la tolérance, aux joies du partage et au bonheur d'être ensemble. Autant de trucs qui font rêver par les temps qui ne courent plus du tout...
Ducastel et Martineau s'étaient déjà essayés à la comédie musicale dès leur premier film, le très charmant JEANNE ET LE GARÇON FORMIDABLE (1997), avec Virgnie Ledoyen, Mathieu Demy et déjà Jacques Bonnafé. Parmi leurs films suivants, on en notera un qui n'est jamais sorti au cinéma : réalisé en 2008 dans le cadre d'une éphémère collection « La Comédie Française fait son cinéma », et donc joué par les actrices et acteurs du Français (Catherine Ferran, Pierre Louis-Calixte, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre...), il s'agit de la première adaptation filmée de la pièce de Jean-Luc Lagarce JUSTE LA FIN DU MONDE... qui sera de nouveau portée à l'écran en 2016, de manière beaucoup plus tonitruante, par Xavier Dolan.


Aujourd'hui : immersion dans le trouble de l'adolescence.






Mercredi 17 février


Hier, fin N° 42. Je ne me souvenais plus du tout que Charles Denner avait joué (un rôle secondaire certes, mais quand même...) dans ce film. Heureusement la présence de Delphine Seyrig et de la toute jeunette Lio (c'était sa deuxième apparition au cinéma) a fait tilt : c'est GOLDEN EIGHTIES (1986) de Chantal Akerman.
Dans l’univers pimpant et coloré d’une galerie marchande, entre un salon de coiffure, un café, un cinéma et une boutique de confection, employés et clients ne vivent et ne s’occupent que d’amour : ils le rêvent, le disent, le chantent, le dansent. Rencontres, retrouvailles, trahisons, passions, dépits. Déclinant toutes les formes de la séduction et du sentiment amoureux, les histoires se croisent et s’entremêlent, commentées par les chœurs malicieux des shampouineuses et d’une bande de garçons désœuvrés.
L’empreinte de Jacques Demy est évidente : on retrouve Delphine Seyrig, une base de comédie musicale, et ces personnages amoureux de l’amour, qui l’espèrent, le loupent, le recroisent. Peut-être… Mais Golden eighties est bien un film de Chantal Akerman ! A priori moins radical que ses œuvres des années 1970, le film séduit d’abord par son parfum de madeleine de l’époque, mais laisse au final un goût bien amer…
C'est presque étonnant qu'il ait fallu attendre la fin numéro 42 pour que ce quiz propose un film de Chantal Akerman. Aurore est une admiratrice fervente de l'oeuvre de la plus grande réalisatrice qu'ait connu le cinéma belge. Après sa disparition en 2015, c'est Aurore, au prix d'un travail passionné et tenace, qui nous a permis de proposer, de juin 2016 à février 2017, un hommage au long cours à la cinéaste, en 14 films traduisant la richesse d'une œuvre libre, singulière, radicale.


Aujourd'hui : un film de vacances.






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