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EN ATTENDANT LA VERSION PAPIER LE PROGRAMME DE RÉOUVERTURE - DU 1ER JUILLET AU 4 AOÛT 2020
UTOPIA-297 ... Lire EN ATTENDANT LA VERSION PAPIER LE PROGRAMME DE RÉOUVERTURE - DU 1ER JUILLET AU 4 AOÛT 2020...

« Seul(e) sur une île déserte, confiné(e) avec un film » : Guillaume Brac
Guillaume Brac, réalisateur : nous avons programmé tous ses films depuis Le naufragé / Un monde sans femme (2012), Tonnerre (2014), Contes de Juillet (2018) et L’île au trésor (2018). Guillaume Brac est venu présenter ce dernier documentaire autour de la Base De Loisirs Cergy et son film Tonnerr...

Message du Théâtre de l'Usine : « En attendant de vous retrouver ! »
Chères spectatrices, chers spectateurs,Suite aux décisions prises par le gouvernement pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, le Théâtre de l’Usine reste fermé jusqu’à nouvel ordre afin de protéger la santé de chacun d’entre nous. L’ensemble des représentations programmées sont à ce jour annu...

« Seul(e) sur une île déserte, confiné(e) avec un film »
Jérôme Soubeyrand, comédien, scénariste et réalisateur que nous avons reçu en décembre 2014 pour la présentation de son film Ceci est mon corps en compagnie de son actrice Laetitia Lopez. Ceci est mon corps est mis en visionnage libre toute cette semaine (dans les films confinés, liens dans la c...

UTOPIA ROUVRE SES PORTES ET RALLUME SES PROJECTEURS :)

Nous sommes heureux de vous annoncer que les séances reprendront le mercredi 1er juillet avec les conditions sanitaires de rigueur (plus de précisions à venir). Nous vous tiendrons informés d’ici là et une gazette d’été est actuellement en cours de fabrication (elle sera dans les bacs autour du 29 juin et en ligne dès le 20 juin). En attendant, nous vous donnons rendez-vous le mercredi 24 juin à Utopia Saint-Ouen au Café Stella pour une petite permanence de 14h à 17h, histoire de renouer le contact. On vous offrira un verre de jus de pommes et vous pourrez acheter des abonnements et des films via Vidéo en Poche. À très vite !
(L’équipe d’Utopia Saint-Ouen)

Vous pouvez télécharger l’affiche de réouverture du cinéma (pdf) pour la diffuser.

@franceculture : « Pourquoi renouer avec le grand écran est-il si important ? À l'heure où les salles obscures rouvrent leurs portes, éclairage avec Carole Desbarats, ancienne directrice de la Fémis. »


Soutenir Utopia… Vous êtes nombreux à nous poser la question : comment vous soutenir, peut-on acheter des abonnements… On en a longuement parlé entre nous… les informations qui nous viennent du côté de la profession évoluent chaque jour : nous ne savons ni quand, ni comment nous allons pouvoir ouvrir à nouveau les salles. Pour le moment, les diverses mesures mises en place, l’annonce du versement anticipé de la subvention Art et Essai, le chômage partiel, les différés d’emprunt (merci le Crédit Coop qui nous a immédiatement soutenu)… font que nous pouvons « voir venir », prendre le temps d’analyser la situation . Les six Utopia se concertent, chacun compte ses sous et nous agissons en priorité sur l’entraide de notre petite communauté.
Notre premier élan était de répondre à votre proposition de soutien, tant elle nous faisait chaud au coeur… merci ! Mais il nous semble sage d’attendre et de faire appel à vous quand nous aurons un minimum de visibilité, quand nous pourrons vous donner des annonces claires… Nous avons déjà de votre part un bon nombre d’abonnements qui sont en trésorerie et que vous n’avez pas utilisé : grâce à vous déjà, on peut tenir le coup… vous demander de faire un effort plus grand est prématuré.
Pour le moment, suivez le site des Utopia on vous racontera tout à mesure. Soyez nombreux à voir les films qu’on vous propose, soyez nombreux à jouer avec nous… pour le moment c’est comme chanter à vos fenêtres : ça nous soutient le moral… Nous restons en contact via le site, les réseaux sociaux et par courriel. On vous proposera aussi quelques films en streaming, voir les liens de la liste des films «confinés» dans la colonne de gauche. Courage, confiance et fraternité ! (vos réponses et commentaires par courriel nous écrire ou sur [Facebook]) On vous invite à aller voir sur les sites de nos camarades du réseau qui proposent aussi quiz, articles, films… : Avignon, Bordeaux, Montpellier, Toulouse.



Journal de bord au temps du Coronavirus

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

« Seul(e) sur une île déserte, confiné(e) avec un film » : Guillaume Brac


Guillaume Brac, réalisateur : nous avons programmé tous ses films depuis Le naufragé / Un monde sans femme (2012), Tonnerre (2014), Contes de Juillet (2018) et L’île au trésor (2018). Guillaume Brac est venu présenter ce dernier documentaire autour de la Base De Loisirs Cergy et son film Tonnerre en 2014 en présence de Bernard Menez. Nous attendons son prochain film À l’abordage dont la date de sortie n’est pas encore fixée.

« Guillaume Brac, vous devez partir seul sur une île déserte pour une durée indéterminée, quel film indispensable à votre survie (mentale et physique) emportez-vous ? — La Maison des Bois, de Maurice Pialat ». Découvrez la réponse complète de Guillaume Brac dans la vidéo. Portez-vous bien !




« Seul(e) sur une île déserte, confiné(e) avec un film »


Jérôme Soubeyrand, comédien, scénariste et réalisateur que nous avons reçu en décembre 2014 pour la présentation de son film Ceci est mon corps en compagnie de son actrice Laetitia Lopez. Ceci est mon corps est mis en visionnage libre toute cette semaine (dans les films confinés, liens dans la colonne de gauche) suivi d'une rencontre « Webinard » avec Jérôme Soubeyrand samedi 25 avril à 21h30.

Jérôme Soubeyrand, vous devez partir seul sur une île déserte pour une durée indéterminée, quel film indispensable à votre survie (mentale et physique) emportez-vous ? : « Seul sur une ile déserte, je pars avec Le Cirque de Charlie Chaplin. Pour rire tout seul, tant pis, même si j'aime définitivement mieux rire avec des amis et du monde, dans une salle de cinéma ! Et le cirque m'a fait tellement voyager. M'a fait tellement rire, réfléchir, et m'a tellement ému, en m'interrogeant sur ce que c'est que de rire, justement :) ! De quoi je ris, de qui je ris et pourquoi ? Il a tout ça dans Le Cirque ! Et en plus… c'est drôle ! »

NB : nous avons proposé aux artistes (réalisateurs, comédiennes, comédiens, auteurs) accueillis lors de rencontres à Utopia Saint-Ouen de répondre à cette question : « Vous devez partir seul(e) sur une île déserte pour une durée indéterminée, quel film indispensable à votre survie (mentale et physique) emportez-vous ? ». Merci pour votre retour: un texte, une vidéo, un dessin, un poème ou tout ce que vous voudrez !



« Seul(e) sur une île déserte, confiné(e) avec un film »



Nous avons proposé aux artistes (réalisateurs, comédiennes, comédiens, auteurs) accueillis lors de rencontres à Utopia Saint-Ouen de répondre à cette question:
« Vous devez partir seul(e) sur une île déserte pour une durée indéterminée, quel film indispensable à votre survie (mentale et physique) emportez-vous ? ».
Merci pour votre retour: un texte, une vidéo, un dessin, un poème ou tout ce que vous voudrez !

Florence Thomassin


Comédienne, mais aussi sculptrice et fidèle spectatrice d'Utopia, nous avions reçu Florence pour La fille du patron (2015).
Vous avez pu la voir récemment dans L'incroyable histoire du facteur Cheval de Nils Tavernier.

« David Lynch: Twin Peaks et Qui a tué Laura Palmer ?



Mercredi 1er avril 2020, ou comment apprendre à vivre avec le Covid 19

(on a raté les 18 épisodes précédents, c'est pour ça qu'on n'y comprend rien)

Chers amis utopiens confinés,

A l'heure où quelques écrivain(e)s se confi(n)ent dans des journaux plus ou moins intimes (on vous invite à découvrir une autre vision du concept de « journal du confiné » dans l'hilarante chronique signée Pépette Andrieu sur le site de la Radio-Télévision Belge de la communauté Française), il nous a semblé important de vous faire partager la parole d'une grande et belle plume que l'on admire depuis longtemps à Utopia, et pas seulement parce qu'elle est l'une de nos plus fidèles spectatrices.
Dans le cadre de la nouvelle émission matinale « Lettres d'intérieur » d'Augustin Trapenard sur France Inter, l'auteure Annie Ernaux a écrit une lettre au Président Macron et et elle est bouleversante et d'une magnifique justesse. Incisive sans être agressive, percutante tout en restant douce, simple sans pourtant jamais être réductrice. Merci Madame.

Vous pouvez la lire...

Monsieur le Président,

« Je vous fais une lettre/ Que vous lirez peut-être/ Si vous avez le temps ». À vous qui êtes féru de littérature, cette entrée en matière évoque sans doute quelque chose. C'est le début de la chanson de Boris Vian Le déserteur, écrite en 1954, entre la guerre d'Indochine et celle d'Algérie. Aujourd'hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l'ennemi ici n'est pas humain, pas notre semblable, il n'a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l'aveugle en sautant d'un individu à un autre. Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d'hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c'est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d'alarme du monde de la santé et ce qu'on pouvait lire sur la banderole d'une manif en novembre dernier -L'état compte ses sous, on comptera les morts - résonne tragiquement aujourd'hui. Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l'Etat, préconisant l'optimisation des ressources, la régulation des flux, tout ce jargon technocratique dépourvu de chair qui noie le poisson de la réalité. Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays : les hôpitaux, l'Education nationale et ses milliers de professeurs, d'instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu'ils n'étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de livrer des pizzas, de garantir cette vie aussi indispensable que l'intellectuelle, la vie matérielle.

Choix étrange que le mot « résilience », signifiant reconstruction après un traumatisme. Nous n'en sommes pas là. Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. C'est un temps propice aux remises en cause. Un temps pour désirer un nouveau monde. Pas le vôtre ! Pas celui où les décideurs et financiers reprennent déjà sans pudeur l'antienne du « travailler plus », jusqu'à 60 heures par semaine. Nous sommes nombreux à ne plus vouloir d'un monde dont l'épidémie révèle les inégalités criantes, Nombreux à vouloir au contraire un monde où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s'éduquer, se cultiver, soient garantis à tous, un monde dont les solidarités actuelles montrent, justement, la possibilité. Sachez, Monsieur le Président, que nous ne laisserons plus nous voler notre vie, nous n'avons qu'elle, et « rien ne vaut la vie » - chanson, encore, d'Alain Souchon. Ni bâillonner durablement nos libertés démocratiques, aujourd'hui restreintes, liberté qui permet à ma lettre – contrairement à celle de Boris Vian, interdite de radio – d'être lue ce matin sur les ondes d'une radio nationale.

Annie Ernaux

ou l'écouter : https://www.franceinter.fr/emissions/lettres-d-interieur/lettres-d-interieur-30-mars-2020


Prenez soin de vous et restons proches, de loin !
Vos messages sur saintouen@cinemas-utopia.org



Jour 6


Utopiennes, Utopiens, ami(e)s confiné(e)s

Oups, elle a passé bien vite cette première semaine de confinement et elle semble déjà tellement lointaine, cette dernière séance un peu irréelle du samedi 15 mars où nous vous annoncions la fermeture des salles à minuit tapantes, façon Cendrillon. C'était le temps d'avant, quand on se lavait les mains vingt fois par jour, mais sans vraiment y croire à cette histoire de virus plus balèze que la grippe, quand on annonçait au téléphone que "mais si mais on est ouverts", que "mais oui mais oui on a les films », que « bien entendu on est là, on a du savon pour que tout le monde se lave les mains et puis tiens, même que 75 bambins sont venus ce matin voir le splendide "LA TORTUE ROUGE" (excellent film de confinement à voir en famille au passage)... on l'a pas vu venir celle-là, ni la fermeture de nos salles, ni le confinement général, ni la mise à l'arrêt mondiale des économies, des mouvements, comme si quelqu'un avait appuyé sur le bouton OFF.

On a repensé à Contagion, le film de Steven Soderbergh (sorti en 2011) qui résonne aujourd'hui comme étonnemment prophétique, et puis à l'heure des premières déprogrammations de films (Pinocchio, puis le formidable Adolescentes, puis Petit Pays et puis comme dans un jeu de dominos tout un tas d'autres), on s'est dit que finalement, c'était peut-être mieux d'être totalement fermé: à quoi bon avoir des salles ouvertes si tous les films que nous avons aimés, que nous avons ardemment voulu vous faire découvrir sur cette période de mars/avril ne sont, eux, plus au rendez-vous ?

Bref, nous voilà donc le vendredi 27 mars et la perspective de vous retrouver se situe quelque part entre mai et juin, on le voit large, l'horizon... ben oui, nous sommes lucides, le confinement va durer, c'est le seul moyen de clouer le bec à cette saloperie de virus, et l'école ne reprendra visiblement que vers début mai. En attendant, le ciné est en mode hibernation, comme un grand ours des montagnes du Kamtchatka, comme celui qui a voulu embrasser de trop près l'anthropologue Nastassja Martin et que je vous invite chaleureusement à découvrir dans le formidable livre Croire aux fauves (éditions Verticales chez Gallimard de cette même Nastassja, petit récit d'une rare intelligence qui interroge précisément notre relation au temps, à l'ennui, à la nature sauvage). Oui donc Utopia est au repos, tout calme, tout vide et sans doute tout triste de tout ce blanc d'écrans et de tant de silences. Les projecteurs sont aussi en veille, allumés régulièrement par des membres de l'équipe pour assurer la continuité technologique (un peu comme la continuité pédagogique de nos chers enseignants !) et faire en sorte que tout se remette en marche au top départ, comme par un coup de baguette magique quand nous réveillerons la bête.

Quand aux films des jours meilleurs, ceux qui reviendront à l'heure du déconfinement et qu'il nous faudra réinventer un programme, et bien ils sont toujours là, quelque part dans le nuage du petit monde de la distribution, attendant le bon timing pour sortir dans les mois et les semaines à venir. Il est encore trop tôt pour savoir de quoi sera fait cette programmation tant il y a d'incertitudes sur les dates et sur les films, mais nous sommes en lien permanent avec les distributeurs qui nous envoient des liens de visionnement. Au moins, nous avons bien de la chance à Utopia de pouvoir dire que notre télétravail consiste à regarder les films que nous vous ferons bientôt découvrir et que nous pouvons bosser peinards, quand on a assommé un ou deux enfants avec un bescherelle au bout de 3 problèmes de maths et un cours sur le passé simple et que l'on peut enfin se servir un petit Whisky (celui qu'on devait boire ensemble avec Riton lors de la soirée Saint-Patrick annulée, mais ce n'est que partie remise).

Quant à notre belle équipe, elle se porte bien, les uns à la campagnes, les autres en ville, avec plus ou moins d'enfants à gérer: tout le monde est en forme et nous sommes en lien permanent les uns avec les autres, de même qu'en lien avec tous les autres salles Utopia (nous vous invitons d'ailleurs à aller jeter un oeil à leurs sites respectifs façon « je me balade d'un Utopia à un autre »)

Sans vous connaître tous, nous avons une pensée fraternelle pour chacune et chacun d'entre vous. En attendant de vous retrouver, voici un petit lien qui va vous occuper 4 heures et ça, c'est une très bonne nouvelle: le sublime Molière (à voir dans notre petite sélections des films confinés) d'Ariane Mnouchkine qui vient de passer dans le domaine public. Voilà ce que cette grande dame engagée en disait : « Quand j'étais enfant il y avait un petit cinéma avenue de la Grande Armée qui avait deux petites salles, et passait des films américains. J'y allais avec ma petite soeur (...) Je me rends compte maintenant que j'ai vu des chefs-d'œuvre sans le savoir. Ne pas aller au cinéma le jeudi c'était une catastrophe. Je me rends compte qu'à 10 ans, 12 ans, j'avais bon goût.
Je pensais que l'histoire de Molière, si on la racontait bien, nous concernait nous. Et à tel point qu'elle concernerait aussi les autres. C'était une interrogation sur ça : Est ce qu'avoir envie de faire plaisir, dans un spectacle, est un péché ? (...) Moi je m'excuse mais pendant 4 heures j'ai envie - comme on dit dans le midi - que les gens se régalent ! »

Alors régalez vous en solo, en duo, en famille , avec votre chien, votre chat, votre lapin garou et pensez à sauver des vies en restant chez vous.
Si vraiment, mais vraiment vous vous ennuyez, vous pouvez nous envoyer un courriel : nous écrire. Et promis, on vous répondra.

Restons proches, de loin
Caro et toute l'équipe d'Utopia Saint-Ouen


Retrouvez tous les épisodes du Journal de bord au temps du confinement, et bien plus encore, sur le blog à cette adresse : cinemas-utopia.org/U-blog/saintouen/ (vos réponses et commentaires par courriel nous écrire ou sur [Facebook]).