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Le blog des profondeurs...
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Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

CINÉMASQUÉ ! Gazette post-covid n°2
Madame, votre masque s’il vous plaît ! « Pourquoi voulez-vous que je porte un masque, ça ne sert à rien et en plus c’est une atteinte à la liberté individuelle ! » Début juillet à notre réouverture, que répondre à cette dame ? Dans tous les débats complotistes, conspirationn...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y aura un décalage important entre chaque séance et chacune des salles pour que vous vous croisiez le moins possible.• Le port du masque est obligatoire pour le public dans le hall d’accueil du cinéma, les zones de circulation et vivement conseillé pendant la séance. • L’équipe sera masquée (ma...

APPEL A MUSIQUE !
APPEL A CHANSONS !   Appel aux groupes professionnels ou amateurs d’Avignon et alentours, pour égayer l’attente de nos spectateurs dans nos salles ! En cette période trouble où les concerts sont dentées rares, et que les programmations de nos amis de l’...

L’avenir se prépare à Rosmerta
L’avenir se prépare à Rosmerta, avec une réflexion sur la gouvernance de l’association. Rosmerta se dote de nouveaux organes de décisions, afin de continuer l’action qui se tient depuis maintenant presque deux ans au 7 bis rue Pasteur. Ainsi, des nouveaux statuts et un nouveau mode de...

Jeudi 19 décembre à 18h15, la séance sera suivie d’une discussion avec Laurence Bay Fouilleul, déléguée départementale du Vaucluse de l’association Le Refuge, Régis Girard délégué adjoint et des personnes hébergées.

LOLA VERS LA MER

Écrit et réalisé par Laurent MICHELI - Belgique 2019 1h30 - avec Mya Bollaers, Benoît Magimel, Els Deceukelier, Sami Outalbali...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LOLA VERS LA MERLola (excellente Mya Bollaers, dont c’est le premier rôle !) semble flotter, s’envoler vers le ciel, dès le tout premier plan du film. Prémices d’une évasion, celle d’une adolescente prête à abandonner sa chrysalide. La légèreté des gestes de Lola tranche avec son air grave, déterminé. Cette fille aux cheveux longs, trop roses pour que ce ne soit pas une aimable provocation, nous allons la suivre dans ses déshérences, ses refuges, ses espoirs inavoués et ceux complètement assumés. Quand on a 17 ans, on se sent assez fortiche pour refaire le monde, refuser de ne pas vieillir aussi bête que ses ancêtres. Du moins le croit-on.



Lola qui s’apprête à changer de vie, de sexe, de peau, tant elle se sent plombée par ce corps qu’elle n’a pas voulu, est encore, malgré ses affirmations, ses grandes certitudes, à l’âge fragile où, tout en les fuyant, on a encore un peu besoin de ses parents. Plus qu’on ne l’imagine parfois. Le foyer où elle s’est réfugiée depuis deux ans est devenu son nouveau nid sécurisant, chapeauté par des adultes qui écoutent au lieu de juger, peuplé de jeunes gens en rupture avec une famille plus ou moins existante. Tous déjà au ban d’une société qui n’a pas su les accepter, les protéger des autres, ou d’eux-mêmes. En peu de plans, la vie qui reprend le dessus, la solidarité transpirent de l’endroit, en définitive pas si impersonnel que ça, moins formaté qu’on ne l'imagine.
L’histoire de Lola débute le jour où elle doit se rendre à une cérémonie d’adieu à laquelle nul ne l’a conviée. Lèvres pincées, gorge serrée, sans une larme, elle prend le train qui la ramène vers le pays perdu de son enfance. Les champs verdoyants, le village au silence assourdissant, l’église proprette aux briques roses… qu’elle trouve bien vide. Décidément, rien ne lui facilitera les choses. À travers les rues presque désertes, la voilà qui fonce et pénètre dans la maison où tous sont réunis autour du père, de son père… Les retrouvailles sont amères, aussi violentes qu’un pavé dans la mare, celui-là même qui brisera la glace, le pavé de la révolte. Car Lola, comme tant d’adolescentes à la langue trop bien pendue, saura cogner là où ça fait mal, dans les parties basses d’une société archaïque, asphyxiante, qui ne peut plus la contraindre à être ce qu’elle n’a jamais été.

En dire plus, serait-ce raisonnable ? On vous laissera découvrir celui que Lola appelle « Philippe », celle qui s’appelait Catherine, leurs liens à tous les trois. Car toute cette introduction presque classique n’est que le préambule d’un fort joli road movie, essentiel, tout aussi réel qu’allégorique, un voyage initiatique, non seulement pour l’adolescente mais aussi pour celui qui n’a pas su l’accepter telle qu’elle était. Au fur et à mesure des échanges, parfois exaltés, tristes ou drôles, l’un va prendre la mesure de l’autre, comprendre ses vérités cachées, découvrir ce qu’il ignorait ou feignait d’ignorer. Il y a dans ces moments simples une forme de magie qui opère, une part de mystère faite pour rester inexpliquée.


C’est rudement réjouissant, rudement bien interprété. Benoît Magimel excelle dans le rôle du mec obtus, plus paumé qu’un minot, qui progressivement s’ouvre à sa fille. Il aura fallu une énorme faille, une terrible absence pour qu’enfin il aille creuser là où ça fait mal. Dans le fond, peut-être se débarrasse-t-il lui aussi d’une sorte de chrysalide, une chape de plomb terrible forgée par les idées préconçues, l’ordre sociétal établi, les lois du paraître. En se libérant elle-même, peut-être Lola libère-elle également son père… Tandis qu’au dessus d’eux une âme invisible semble planer et veiller sur le sort de ces deux-là qu’elle a aimés.

L’association le Refuge accueille, héberge et accompagne socialement et psychologiquement des jeunes LGBT de 18 à 25 ans en rupture sociale et ou familiale à cause de leur orientation sexuelle. Il existe désormais 20 délégations sur le territoire.