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ÉDITO Décembre 2021
Dans le département du Vaucluse disparaissent 400 à 500 hectares de terres agricoles chaque année, consommés par le tissu urbain, les zones artisanales, industrielles et commerciales, les réseaux routiers… Conséquence dramatique, la surface agricole du département diminue 3 fois plus vite qu’au...

ÉDITO : LE JEU DU CALAMAR
Ça vous aura probablement échappé, mais c’est un drôle de petit vent de panique qui a soufflé cet automne sur notre merveilleuse profession. L’espace de quelques jours, le temps s’est arrêté, les respirations se sont suspendues, l’Apocalypse menaçait, la mort des cinémas français, mille fois annoncé...

ENSEIGNANTES, ENSEIGNANTS ! Vous pouvez organiser des séances scolaires en matinée.
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Montpellier. Strasbourg. Gonesse. Avignon. Quel point commun entre ces villes et tant d’autres ?
Le béton. Des projets inutiles. La soif des promoteurs et constructeurs, au nom de la croissance, pour notre confort et notre sécurité bien sûr… surtout ceux de leurs actionnaires !La Ceinture verte d’Avignon, véritable poumon pour les quartiers Sud, est menacée depuis 25 ans par un projet de r...

LINGUI, LES LIENS SACRÉS

Écrit et réalisé par Mahamat-Saleh HAROUN - Tchad / France 2021 1h27 VOSTF - avec Achouackh Abakar Souleymane, Rihane Khalil Alio, Youssouf Djaoro, Briya Gomdigue...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LINGUI, LES LIENS SACRÉSLingui est le nouveau film du grand cinéaste tchadien Mahamat-Saleh Haroun (Daratt, saison sèche, Un homme qui crie, Grigris…), qui saisit à bras le corps et défend ardemment la cause des femmes africaines, très souvent victimes du patriarcat, du qu’en dira-t-on mais aussi de l’exploitation, autant dans le monde du travail que dans le cadre domestique. Mais loin de tout didactisme, il déploie toutes les subtilités du récit et du langage cinématographique, préférant, plutôt que les mots, le pouvoir de suggestion des images, du montage, de l’enchaînement des séquences pour nous faire vivre la situtation et le combat, sur une durée de quelques jours, de personnages formidablement attachants.
On découvre ainsi Amina, une mère courage qui éleve seule sa fille de 15 ans, Maria, dans les faubourgs de N’Djamena. Les liens sacrés auxquels il est fait allusion dans le titre, ces liens naturels et ancestraux qui sont censés consolider le vivre ensemble dans la société tchadienne, au sein des familles et avec les voisins – et dont on verra qu’ils sont brisés sans pitié par la religion ou le pouvoir politique –, on les voit symboliquement représentés dans le travail quotidien d’Amina et de sa mère : elles récupèrent les pneus usagés et en retirent les cordes métalliques qui s’y cachent, dont elles se servent pour fabriquer des paniers tressés qu’elles vont vendre au marché pour quelques francs CFA. Haroun prend le temps de filmer ce travail minutieux qui transforme, comme souvent en Afrique, les matériaux de récupération en objets aussi beaux qu’utiles.
L’enjeu majeur du film va très vite se révéler : Maria est enceinte et elle ne veut rien dire des circonstances de cette grossesse et encore moins de l’identité du père. Pour la jeune fille, ça veut dire l’inévitable exclusion de l’école – pas question de garder une fille-mère qui ruinerait la réputation de l’établissement –, l’exclusion aussi de la communauté des fidèles, dont l’influence est très prégnante dans le quartier, ne serait-ce qu’à travers le pouvoir de l’imam local.
Dès lors que peuvent faire Maria et sa mère, alors que l’avortement est évidemment strictement interdit, même s’il est pratiqué illégalement, contre monnaie sonnante et trébuchante, par des médecins bienveillants mais cupides ou des avorteuses encore moins scrupuleuses ? La malheureuse tresseuse de paniers est bien sûr dans l’incapacité de réunir la somme nécessaire à l’intervention. Commence alors pour Amina une course humiliante à l’argent. Cèdera-t-elle par exemple aux propositions pressantes de ce vieux voisin qui la convoite depuis longtemps et qui se dit que la situation présente pourrait la pousser à accepter un mariage dont elle ne veut pas ? Quant à la jeune Maria, elle passe par tous les états, la colère, le désespoir…
Mais ce qui va sauver nos deux héroïnes, c’est la solidarité irréductible dont savent faire preuve les femmes, et qui va s’exprimer de bien des manières… Solaire et joyeux malgré la gravité du sujet, Lingui démontre les capacités extraordinaires des femmes africaines… et le pouvoir du cinéma pour les raconter.