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La Paix, éternelle Utopie ?
Pas facile de décrypter le chaos du monde pour les spectateurs, plus ou moins lointains, que nous sommes, face aux faits tragiques qui nous submergent en avalanche via la presse, les réseaux sociaux, vraies ou fausses nouvelles… Et c’est dans ces moments-là que nous avons encore plus envie de croire...

LES SALLES UTOPIA SE METTENT AU VERT
Vous y croyez, vous, au bon sens qui voudrait que partir se bronzer les fesses à l’autre bout du monde  avec des avions Macron volant avec du bio kérozène made in France serait bon pour votre corps et la planète ? Cela ne ressemblerait-il pas étrangement au discours tenu il y a quelqu...

Justine Triet parle d’or
Il aura donc suffi de quelques mots, à peine, pour que la Ministre de la Culture, celui de l’Industrie, quelques maires et députés de la majorité, volent dans les plumes et la palme de Justine Triet, réalisatrice couronnée d’Anatomie d’une chute, sermonnant en substance : « ce n’est pas bi...

Rosmerta continue ! Vous connaissez l’histoire ? 
Depuis les débuts, et même avant, Utopia Avignon suit l’histoire de près ! Ça fait presque cinq ans qu’on vous en parle dans nos gazettes, à chaque rebondissement. Ce qu’il s’est passé depuis 2018 : réquisition citoyenne d’une école vétuste appartenant au diocèse, procès et appel...

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THE QUIET GIRL

(An cailín ciúin) Écrit et réalisé par Colm BAIRÉAD - Irlande 2022 1h36 VOSTF - avec Catherine Clinch, Carrie Crowley, Andrew Bennett, Michael Patric, Kate Nic Chonaonaigh... D’après le court roman Les Trois lumières de Claire Keegan.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

THE QUIET GIRLDiscrète, très discrète – on la croirait muette ou à tout le moins mutique –, Cáit est une fillette tout à fait charmante, au regard irradiant l’intelligence, qui, c’est un euphémisme, peine à s’épanouir dans la ferme familiale. C’est que la rude condition d’agriculteurs de ses parents, dans cette Irlande verdoyante et pourtant aride des années 80, n’est guère joyeuse et ne les incite pas aux démonstrations débridées d’amour familial. Mais la condition ne fait pas tout et, malgré la fratrie qui semble ne jamais cesser de s’agrandir, difficile de percevoir des éclats de bonheur dans cette vie paysanne où tout respire la résignation à la pauvreté, entre les beuveries et les découcheries du mari qui laisse son exploitation partir à vau-l’eau et les grossesses à répétition de la mère enchaînée à sa ribambelle de gamins.
La « vagabonde », comme la surnomme son père, tait soigneusement sa vie intérieure, ses émerveillements simples, comme elle cache à sa famille ses escapades, ses angoisses et ses petits secrets de petite fille. Cultivée sans passion sur une terre trop avare, Cáit est une fleur en bouton, qui ne demanderait qu’à s’ouvrir pour peu qu’on laisse entrer le soleil, qu’on lui prête un peu d’attention… L’occasion pourrait s’en présenter lorsque, à l’approche d’un nouvel accouchement, le couple, ne pouvant s’occuper de la multitude de mômes, décide d’envoyer pour l’été la gamine en « vacances » chez Seán et Eibhlín – de lointains cousins (du côté de sa mère) plus âgés qui exploitent eux aussi une ferme, à quelques heures de route de là. Et, ô surprise : chez ces gens-là, point de criailleries, de reproches, de coups, de mensonges et de ressentiments. Tout au contraire, malgré les blessures de la vie, de la douceur, de l’attention, de la tendresse même… Une découverte pour Cáit qui, d’abord prudente et réservée, abandonne peu à peu ses défenses et, invitée à participer à la vie de la ferme et de la maisonnée, ose enfin s’exprimer, sourire, se laisser aller à vivre.

Simple, délicat, tout en retenue, The Quiet girl suggère plutôt qu’il ne dit les choses. Le cinéaste irlandais trouve la distance idéale pour adapter le roman de Claire Keegan, en se mettant à hauteur de l’enfant, raconter sans mièvrerie aucune cette parenthèse enchantée qui révèle Cáit à elle-même et insinue un rayon de soleil dans la vie du couple vieillissant qui l’accueille.
« Au plus proche de sa jeune protagoniste principale, incarnée avec grâce par Catherine Clinch, la caméra de Bairéad intègre ça-et-là ce qu’il faut de détails pour exprimer comment la vie de cette enfant se transforme loin de ses parents négligents, chez ces cousins éloignés qui lui témoignent cette gentillesse et cette affection dont elle a jusqu’alors manqué.

La simplicité (apparente) du film lui confère finalement une belle puissance émotionnelle. Soigneusement mis en scène et magnifiquement photographié, il envoûte par sa délicatesse et sa fragilité, pour simplement raconter qu’un enfant a besoin d’amour et d’attention pour grandir et s’épanouir. Lorsqu’elle jaillit de leur réserve de parents d’occasion, la bonté de ces deux adultes cabossés touche en plein cœur et pulvérise toute once de cynisme. Un joyau discret, engageant et bouleversant ». (entre guillemets, extrait du texte de T. Perillon dans lebleudumiroir.fr)