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Dimanche 9 JANVIER 2022 à 20h15

LUNE NOIRE


Cinéma de genre, Exploitation, OFNI, auteurs borderline... Séance mensuelle du troisième type proposée par l’association Monoquini.
LUNE NOIRE

PERDITA DURANGO

Alex de la IGLESIA - Mexique / Espagne 1997 2h10mn VOSTF - avec Rosie Perez, Javier Bardem, Harley Cross, Aimee Graham, James Gandolfini, Screamin’Jay Hawkins... D’après le roman de Barry Gifford. Interdit aux moins de 16 ans.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

PERDITA DURANGOPour son premier film américain, Alex de la Iglesia vise bien, quitte la comédie horrifique mais garde un pied en territoire latino : entre Mexique et États-Unis, il adapte Barry Gifford, dont l’univers brûlant avait connu un sacré ravalement de façade dans Sailor & Lula de David Lynch. Mais si, dans ses films précédents, tout se jouait dans l’excès et le rire gras, Perdita Durango est peut-être le premier film « humain » d’Iglesia, probablement son meilleur même, pourtant condamné à une sortie vidéo chez nous jusqu’à cette superbe ressortie que nous vous proposons ici avec en prime le montage initialement prévu par le cinéaste.

Dans ce road-movie hors de contrôle entre le Mexique et les USA, Perdita Durango – incarnée par la féline Rosie Perez – fait la rencontre de Romeo Dolorosa – et incroyable Javier Bardem –, braqueur de banques et sorcier à ses heures perdues. Les belles paroles du desperado lui assurent un succès immédiat auprès de la jeune femme, sans nul doute aussi dangereuse que lui. Tous deux embarquent en direction de Las Vegas et décident sur le chemin de prendre en otages deux gringos, pour tuer le temps. Le film doit beaucoup aux charisme incendiaire des deux acteurs principaux, qui forment le duo le plus terrible jamais filmé par le réalisateur espagnol, qui n’oublie jamais de scruter, l’air de rien, leurs âmes cabossées malgré une soif de sang et de sexe rarement assouvie. La suite est une expérience hors du commun qui dévoile l’envers du rêve américain ; certainement l’un des films les plus excessifs de la décennie.
Le film est initialement sorti au milieu d’une vague inexplicable de films de cavales meurtrières (Kalifornia, Une nuit en enfer, U-Turn, Tueurs nés…), mais Alex de la Iglesia ne s’inquiète pas de la concurrence. Il fracasse humour noir, extrême cruauté et tendresse pour les pourris, et ça paye. Les flashbacks et les scénettes contées ci et là (un braquage, un souvenir d’enfance, le massacre d’une famille entière… et même la crucifixion de Jésus), les téléportations incessantes (un mafieux pédophile en plein anniversaire, une atroce maison de wasps, un flic fantasmant sur une photo de Rita Hayworth) sont autant d’invitations et de sauts dans des univers annexes, brisant définitivement la linéarité de la fuite en avant.

S’il y a bien un voyage, on oublie ici la carte postale : cimetière éventré, mausolée d’avions, bric-à-brac où se croisent santeria et catcheurs mexicains, camion chargé de fœtus… Iglesia sait transposer son goût du grotesque sans jamais sonner faux. On retrouve également sa passion pour l’horreur et son appétence pour la subversion, notamment dans les impressionnantes scènes de transe de Bardem. Perdita Durango est une invitation insolite à faire battre nos cœurs pour d’insaisissables psychopathes. Une proposition qui fonctionne étonnamment bien, peut-être aussi parce que pire qu’eux les attend en face…

(merci à J. Marchetti, chaosreign.fr)